Mauvaise gestion confirmée au conseil des districts Pamplemousses/Rivière-du-Rempart. Dans son rapport axé sur les finances de cette collectivité locale, le Management Audit Bureau (MAB) recommande des actions urgentes : «  Le nombre de fraudes et d’irrégularités rapportées indique que la situation pourrait être pire que prévue. Des actions urgentes doivent être prises pour assainir les finances». En même temps, le MAB suggère l’institution d’une enquête pour éplucher toutes les transactions financières de ces dernières années.

L’allocation de contrats est le domaine où le soupçon d’irrégularités pèse le plus. Le MAB a l’impression que des contrats sont scindés dans le but d’échapper à  l’exercice de cotation ou d’appel d’offres: « It appears that at times splitting of purchases is resorted to avoid asking for quotation from suppliers and even in certain cases to avoid referring to the Central Tender Board ».

Pour éviter tout trafic d’influence, le MAB recommande que le Tender Committee ne soit plus  composé de conseillers de district: «Presently the Finance Committee comprising of twelve councilors are performing the function of the Tender Committee. Councilors should not be involved in the day-to-day management of the Council. The handling of the bidding process should be removed from the control of Councilors». Ainsi, il recommande que le Tender Committee soit placé sous la présidence du Chief Executive et composé également du Principal Accountant, des chefs des départements concernés et du président du Finance Committee.

Le MAB exprime des réserves sur le contrat pour la construction du marché de Rivière-du-Rempart dont le coût est passé de Rs 22,3 millions à Rs 52 millions. « Although the initial steps taken with respect to the bidding exercise for the Rivière-du-Rempart project were appropriate, yet the process that took place during the process of implementa­tion is questionable.» Le MAB est intrigué par le fait que pour tous travaux additionnels, le conseil n’a sollicité de cotations que de la compagnie qui a décroché le contrat initial. Au MAB, on estime que des appels d’offres auraient dû être lancés en vue d’obtenir « best offers at lower costs and probably better quality of work with timely completion ».


Au fait, la compagnie de construction en question n’a été choisie que pour la phase 1 de ce projet. Par la suite, elle a été appelée à réaliser également les phases 2 et 3. Cette façon de faire du Conseil du Nord est décriée par le MAB qui évoque une « monopolized situation of only one contractor in terms of quoting high prices and abuse on time for completion ». D’ailleurs, le bâtiment a été livré avec du retard. Pis, le conseil de district n’a pas appliqué la clause de pénalité qui aurait contraint le constructeur de terminer les travaux au plus vite.

Après ces deux rapports, il incombe au ministère des Administrations régionales de s’assurer que toutes les recommandations soient appliquées à la lettre. Reste à savoir si le gouvernement aura le courage d’instituer une enquête approfondie qui établira les responsabilités dans tous les cas d’irrégularités.

Déficitaire depuis 2004
Jusqu’en 2003, les finances du Conseil du Nord indiquaient le vert. Notamment en réalisant des surplus, dont Rs 18 millions pour l’année dernière. Cependant, en 2004, sans passer par l’orange, l’indicateur a viré directement au rouge. Les déficits n’ont fait que s’accumuler – Rs 15 millions durant l’année financière 2003/04, Rs 10 millions (2004/05), Rs 3 millions (2005/06) et Rs 18,5 millions (2006/07).

Le MAB constate que ces déficits sont dus à un accroissement plus rapide des dépenses que des recettes : «