25 points de suture à la tête. C'est ce qu'a dû endurer Nasser Aumeer, 30 ans, après avoir été agressé à l'arme blanche le mardi 14 juillet dernier.

Selon ce marchand de gâteaux piments à la Gare du Nord, il est presque 18 heures, quand il sent une main sur son épaule en descendant à l'arrêt d'autobus de la BAT, route Nicolay. En se retournant, le pauvre reçoit un coup de poing au visage : « Avant même de pouvoir réagir, ils m'ont demandé de leur remettre tout l'argent que j'avais sur moi, soit la recette de la journée. Comme j'ai refusé de me plier à leurs exigences, ils m'ont donné un autre coup à la tête. J'ai saigné abondamment et c'est là qu'ils ont vidé mes poches des Rs 4 000 qui s'y trouvaient ».

S'écroulant au sol, c'est l'arrivée d'une voiture qui a poussé ses agresseurs à prendre la poudre d'escampette en direction du chemin brousailleux de l'hospice d'à côté : « Au même moment, un passant est venu à mon secours et a appelé la police qui ne s'est jamais pointée. C'est ma famille, jointe au téléphone par un autre passant, qui m'a transporté à l'hôpital », raconte à voix basse le trentenaire.

Depuis son agression, tout semble basculer pour son travail. Toujours selon le marchand de gâteaux piments, son employeur, un dénommé A.M, lui réclame les Rs 4 000
volées ce triste mardi : « Je lui ai expliqué que je n'étais pas dans la possibilité de tout lui rembourser d'un trait mais que je le ferais petit à petit. Ce dernier n'a rien voulu entendre et a dit que je ne pourrais plus jamais travailler à la gare du nord ».

Dénonciations au bureau du travail
En congé de maladie depuis son agression, Nasser s'est également rendu au Bureau du travail, où on lui a déclaré qu'il n'avait rien à rembourser à l'employeur : « Au contraire, ils m'ont fait comprendre que c'est l'employeur qui me devait des dédommagements après ce qui est arrivé. Et en prenant connaissance  de cela, je suis allé le dénoncer là-bas. A.M a démenti le fait que je travaillais pour lui ». Chose qu'il peut prouver sans problème car les six marchands qui travaillent dans son équipe ne sont pas employés.

Contacté par L'Hebdo, A.M nous a fait la déclaration suivante : « C'est normal qu'il doit me rembourser cet argent, car c'est impossible qu'à cette heure, il ait pu se faire attaquer dans un tel lieu. Je suis sûr que c'est une bagarre entre drogués qui a mal tourné. D'ailleurs, il ne travaille pas pour moi. Il se drogue devant les clients, sans aucun respect. Je ne le dédommagerai pas... il peut aller où il veut ! »

Au chômage depuis deux semaines, le seul souhait de Nasser est de retrouver sa place à la gare du nord pour continuer à toucher ses Rs 700 à Rs 800/journée.