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Madan Dulloo : « C'est Jeeha qui m'a demandé de retourner au MMM »
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Jean Claude Dedans
 
By Jean Claude Dedans
Published on 27th July, 2008
 
Alors que l'arrivée du leader du MMSM au MMM cause des vagues au No 6, Madan Dulloo confirme que c'est bien Pradeep Jeeha qui lui a demandé d'effectuer un retour dans son ancien parti. Il annonce aussi la dissolution de son parti.
 

 
De ministre à un simple backbencher, la vie ne doit pas être très drôle pour vous...
C'est excitant et challenging. J'y suis habitué, car j'ai démarré en tant que backbencher de l'opposition durant cinq ans. J’ai ensuite été backbencher du gouvernement pendant dix ans, où j'ai eu l'occasion de faire mon apprentissage avant de devenir ministre en 1986. Se retrouver dans l'opposition, après avoir été récemment ministre, ne fait aucune différence. Comme Jean Anouilh disait : « Je viens faire ce que j'ai à faire ».

Dans cette guerre, Paul Bérenger a tranché en votre faveur. Est-ce parce que 'diamond cuts diamond' ?
Je ne saurais dire si Paul Bérenger a tranché en ma faveur. Car je n'ai pas toutes les données. Ce que je sais, c'est que le MMM veut avoir et Dulloo et Jeeha pour travailler au sein d’une belle équipe.

Il semble que votre retour à la case mama pose des problèmes. Surtout à Pradeep Jeeha. Pourquoi ?
J'ai aussi appris cette nouvelle. Une telle réaction est tout à fait normale et inévitable. Je n'y avais pas cru au départ. Je vais régler cela en public. Il faut savoir que c'est Pradeep Jeeha qui m'a, en premier, demandé de revenir au MMM. À cette époque, j'étais encore au gouvernement.

Quand allez-vous intégrer le MMM ? Est-ce à dire que vous allez passer le MMSM à la poubelle ?
Mettons les choses dans leurs justes perspectives. Quand je me suis retrouvé dans l'opposition, j'ai rencontré les dirigeants de tous les partis. Le MMSM veut travailler avec tout le monde, y compris le MSM. Je souhaite toujours un grand rassemblement des bâtisseurs de la nation. Et, pour moi, le MSM se trouve dans cette catégorie. Au niveau du MMSM, on a lancé un appel à nos supporters de se rallier à cette cause. On met actuellement en place les modalités de l'adhésion de notre parti au sein des mauves.

Bye bye, le MMSM donc...
Ce sera ainsi...

Dans une éventuelle alliance MSM-MMM, n'y aurait-il pas un trop-plein de vaish ?
Il y a tellement de conditionnels. J'ai toujours fait de la politique sans aucun calcul communal ou castéiste. Les composantes ethniques ou communales d’une équipe constituent le cadet de mes soucis. Je suis candidat à chaque législative au No 6 depuis 1976. Et je peux vous dire que j’ai des collaborateurs dont je ne connais toujours pas l’appartenance ethnique. C’est vous dire...

Si le MMM se jetait finalement dans les bras du PTr, que feriez-vous ?
C'est hypothétique, ce que vous avancez. Je ne vais pas perdre mon temps à y réfléchir.

Doit-on s'attendre à que vous soyez le candidat au poste de PM dans l'éventualité que le MMM se présente seul aux prochaines législatives ?
On ne peut, à ce stade, rien prévoir. C'est au MMM de décider. Il y a un leader dans ce parti. Nous allons travailler ensemble pour constituer le gouvernement de l'alternance et adopter un manifeste électoral. On verra bien...

Pourriez-vous retravailler avec Navin Ramgoolam ?
Le plus vite que Navin Ramgoolam cédera sa place de Premier ministre, le plus salutaire ce sera pour le pays.

Une partielle au No 8 semble gêner tous les états-majors politiques. Est-ce votre avis ?
Ce n'est pas mon sentiment. Quoi que je veuille qu'Ashock Jugnauth conserve son siège. Selon les indications, il y a de fortes chances que le jugement soit en sa faveur.

Pensez-vous qu'il y a un après-Bérenger au MMM ?
Je le souhaite. Paul Bérenger va laisser un riche héritage, avec la façon dont il a façonné l'histoire du pays et ce qu'il lègue au MMM devrait interpeller les héritiers.

Seriez-vous l'un de ceux-là ?
Je suis un membre du MMM et je souhaite assumer de hautes responsabilités pour consolider cet héritage.

Comment expliquez-vous le silence assourdissant de notre gouvernement face à ce qui se passe au Zimbabwe ?
Comment Navin Ramgoolam peut-il dénoncer son guru qu'est Robert Mugabe ? Il suit la même politique que lui, à l'exemple de ce qui s'est passé au conseil de district du Nord, toutes proportions gardées. Demandez-lui de circuler le discours qu'il a prononcé au récent Sommet Union européenne/Afrique à Lisbonne. Demandez lui pourquoi il n'a pas rendu public ni fait circuler son discours. Vous comprendrez alors son silence sur le Zimbabwe.