Après celui de Sithanen, un autre fils de ministre fait parler de lui. Il était environ 5 h 15, dimanche, à la discothèque Zanzibar, à Grand-Baie, lorsque ce jeune homme s’en est pris à deux frères, moins âgés que lui.
C’est alors qu’un autre jeune homme est intervenu pour calmer les esprits. Il a dit au fils à papa qu’il « est en train de fer dominère » avec deux enfants. Furieux qu’on ait osé s’adresser à lui en ces termes, le fils du ministre s’est rendu au bar et a effectué un appel. Quelques minutes plus tard, une Mitsubishi grise (le numéro de la plaque miné-ralogique est connu du papa de la victime) s’amène, avec à son bord deux hommes.
L’un est descendu. Il est muni d’une matraque. Il a échangé quelques mots avec le fils du ministre et s’est dirigé sur le jeune homme qui voulait ramener le calme. Les coups ont alors plu. La victime s’est écroulée, presque inanimée. Il a fallu l’intervention d’autres personnes, témoins de la scène, pour que le videur délaisse sa jeune victime.
Le jeune homme est alors transporté à l’hôpital pour les premiers soins. Ses parents, contactés, sont venus le récupérer afin de l’emmener dans une clinique privée. Le diagnostic est terrifiant : une intervention chirurgicale pour remettre en place sa mâchoire et plusieurs points de suture au visage. Coût de l’intervention : des dizaines de milliers de roupies.
Le jeune homme a consigné, au courant de cette semaine, une première déposition. Puis une deu-xième, plus détaillée. Des témoins de la scène vont également approcher la police.
Vu son état, le jeune homme ne peut manger normalement. Il ne peut ingurgiter que de la soupe à travers un tube. Il a un appareil dans la bouche visant à remettre sa mâchoire en place. Il ne pourra l’enlever avant deux mois. Le père de la victime est furieux. Il veut que la police interpelle le bouncer pour cette agression. Ensuite, il veut que le fils du ministre vienne présenter des excuses à son fils et aux autres personnes prises à partie : «Ce n’est pas parce qu’on est fils de ministre qu’on peut tout se permettre. »
Il a des clichés de son fils en sang sur son lit et compte alerter l’opinion publique. Le ministre devait se rendre chez le blessé, samedi. Finalement, il ne s’est pas présenté. Il n’était joignable ni sur son portable ni chez lui toute la journée de samedi.