Pensez-vous que les mouvements féministes ont toujours leur raison d’être ?
Les mouvements féministes radicaux, qui prônent la haine de l’homme, sont en perte de vitesse dans le monde moderne. À l’époque des premiers mouvements féministes dans le monde, la femme se battait pour ne plus être qu’un objet sexuel dans la vie quotidienne. Elle voulait jouer un rôle plus actif dans la vie économique de la société. Dans la société actuelle, le combat pour l’intégration de la femme dans la vie économique du pays continue. Les associations qui luttent pour améliorer la condition féminine dans le monde du travail ont toujours leur raison d’être. Malgré tous les efforts des femmes pendant quarante ans pour obtenir des droits égaux, les injustices à l’égard des femmes subsistent. La femme se bat toujours pour acquérir la liberté de faire valoir ses idées mais, malheureusement, sa représentation dans la politique est médiocre. À mon avis, ce combat sera gagné le jour où les hommes vont se mettre de la partie pour se battre pour l’intégration de la femme dans la société. L’économie du pays va en profiter, la famille trouvera son équilibre et l’humanité va en sortir grandie.
Vous êtes propriétaire de Malvilla et vous recevez nombre de touristes qui demandent d'être en sécurité. Comment voyez-vous la situation du Law and Order à Maurice ?
La sécurité est un problème parmi tant d’autres auxquels les opérateurs touristiques doivent faire face. Je suis propriétaire d’une résidence touristique et aussi fondatrice de l’association Grand Bay Watch. Je constate qu’en 10 ans la sécurité s’est détériorée dans la région du Nord. Il est indispensable que les établissements touristiques soient dotés des dispositifs de sécurité. Mais cela ne résoudra pas tous les problèmes. L’éclairage des routes, la patrouille régulière de la police, la sécurité dans les transports en commun et le neighbourhood watch sont autant d’éléments à prendre en considération.
Après l'alimentation et l'essence, c'est le coût de l'électricité qui va encore monter. Pensez-vous que ces hausses fréquentes sont justifiables ?
La précarité guette la population mauricienne. C’est déjà le cas dans tous les grands pays. Personne n’avait prévu l'arrivée, si rapide, de cette crise qui est essentiellement liée à la flambée des prix du pétrole. Cette situation est hors de notre contrôle. Par contre, nous pouvons changer nos habitudes au quotidien pour nous adapter à cette situation de crise qui risque de perdurer. Ne pas faire de gaspillage, une conduite sur la route plus responsable et apprendre à consommer différemment sont les mots d’ordre.
On veut faire de l'industrie touristique le pilier de notre économie. On va bâtir encore plus d'hôtels dans un futur proche. Ne pensez-vous pas que notre environnement sera davantage menacé ?
Un développement soutenable de l’industrie touristique qui tient en compte la sauvegarde de l’environnement doit être envisagé. Il est indispensable de préserver l’environnement du pays en général, en mettant l’accent surtout sur la zone côtière, si nous voulons que cette industrie prospère. Le succès du tourisme est étroitement lié à un environnement préservé. Qui dit environnement dit aussi environnement social. Il faut trouver un équilibre entre le développement et la préservation de notre patrimoine environnemental, culturel et social.
Le domaine du BPO a pour objectif de recruter plus de 6 000 employés dans les 18 mois qui vont suivre. Pensez-vous que nos jeunes vont encore se faire exploiter en échange d'une grasse somme mensuellement ?
J’espère que la question d’exploitation des jeunes ne se posera pas dans un avenir proche où les BPO seront forcés à revoir les conditions de travail dans un contexte de manque de main d'oeuvre. La question qui me préoccupe le plus est de savoir s’il y a sur le marché la disponibilité de 6 000 jeunes dotés de la formation adéquate.
Pensez-vous que l'économie de Maurice va connaître un boost avec l'arrivée d'Appollo Bramwell ?
A mon avis, un nouveau concept de médecine sera un plus pour l'île Maurice. Cela va inciter les établissements hospitaliers publics et privés à rehausser leur niveau de prestations. Mais de par ce que j’ai pu constater, il y a une grande nécessité d'améliorer les structures existantes.