Il croyait que l’herbe était plus verte ailleurs. Mais il s’est vite ravisé.
Alain I., 39 ans, a été la victime d’une agence de Triolet. Il était censé quitter le pays le 24 juin dernier mais depuis l’agence joue aux abonnés absents. Agacé par ce petit jeu, cet employé du port a consigné une déposition au poste de police d’Abercrombie. Il veut à tout prix récupérer ses Rs 33 000 qui représentent plusieurs années d’économie.
C’est à travers une annonce parue dans un quotidien en 2007 qu’Alain apprend l’existence de d’une agence de recutement. D’après l’annonce, l’agence est à la recherche de Mauriciens qui souhaitent émigrer vers d’autres cieux, tels, l’Angleterre, l’Australie et le Koweït. Appâté, Alain décide de se lancer dans cette aventure. Après quatre jours de réflexion, l’habitant de Baie-du-Tombeau prend contact avec le bureau. Il tombe sur la standardiste qui lui donne rendez-vous. Deux jours plus tard, Alain se pointe au bureau de Triolet et apprend qu’il aura à verser Rs 35 000 s’il souhaite se rendre au Koweït. Mais, avant tout, il doit se soumettre à un test médical. Pour cela, il est contraint de s’acquitter d’une somme de Rs 2 000.
Décembre 2007. Alain effectue un premier versement de Rs 12 000. Puis en février dernier, un montant de Rs 19 000. En tout et pour tout, il versera un montant de Rs 33 000. La date de son départ est fixée au 24 mars 2008. A cette date, Alain est informé que l’échéance a été repoussée au 24 juin. Il a été alors prié de préparer ses affaires pour le grand départ. Mais le 5 juin, il reçoit un appel d’une dame l’informant de ne pas se rendre dans ce pays arabe.«Mo pas conne madame-là. Mais line téléphone moi pou dire moi pas alle labas. Li dire moi la vie ça pays arabe là», se souvient Alain. Inquiet, Alain prend contact avec le responsable de l’agence pour en avoir le cœur net. On lui donne toutes les garanties.
A l’aube du 24 juin, alors qu’Alain s’apprête à sortir de chez lui, il reçoit un appel de l’agence l’avisant qu’il ne pourra se rendre au Koweït. Aucune raison ne lui est fournie. Il est prié de choisir entre partir à ses risques et périls ou rester dans son pays natal. Alain choisit de rester. Mais, il veut qu’on lui rende ses Rs 35 000. Depuis, cet employé du port tente de récupérer ses sous. Les téléphones de l’agence ne fonctionnent plus. Qui plus est, la ligne directe du responsable est hors service. Le Défi-Plus a essayé à plusieurs reprises les deux numéros de cette agence mais à l’heure ou nous mettions sous presse, ceux-ci étaient toujours hors service.