La Federation of Progressive Unions, la Fédération des travailleurs unis et la General Workers Federation ont décidé de faire bande à part. Elles ont formé leur propre confédération syndicale, la Confédération syndicale de gauche.

Ce qui explique leur absence lors de l’assemblée générale de la NTUC qui a eu lieu, mercredi, au siège de la Federation of Civil Service & Other Unions à Coromandel.

La nouvelle confédération syndicale tiendra sa première assemblée de délégués le 9 août prochain pour élire son  bureau exécutif. En vertu de sa Constitution, l’élection de la présidence se fera par rotation. Les membres de cette confédération ont aussi adopté un code de conduite. Ils veulent limiter au maximum le nombre de voyages à l’étranger.

Le vice-président de la General Workers Federation, Clency Bibi, fait ressortir que  la rupture au sein de la NTUC était consommée depuis que certains de ses membres ont accepté de siéger au sein du National Pay Council. Il avance que la nouvelle confédération syndicale mènera combat contre le NPC.  Cette semaine, elle a envoyé une lettre au ministre du Travail, des Relations industrielles et de l’Emploi, Vasant Bunwaree, pour réclamer une copie des ébauches de  l’Employment Rights Bill et de l’Employment Relations Bill avant qu’elles soient présentées au Parlement.

Pour le syndicaliste, il n’était plus possible de faire équipe avec des personnes qui ont accepté de cautionner le National Pay Council et ses critères défavorables aux  intérêts des salariés.

Clency Bibi impute aussi la responsabilité de la  cassure au sein de la NTUC à Toolsyraj Benydin.  «L’orgueil d’un seul homme a semé les germes de la division au sein du monde syndical», soutient l’ancien président de
la NTUC.

Le syndicaliste avance que Toolsiraj Benydin n’a jamais accepté le fait qu’il ait été élu président de la NTUC. Ce n’est pas la première fois, affirme Clency Bibi, que ce dernier ait refusé le poste de trésorier en évoquant ses engagements au niveau international.

Clency Bibi soutient qu’un comité travaillait sur la question  de rotation pour l’élection du président de la NTUC. Il avance que l’élection de 2009 allait se faire conformément à la nouvelle constitution. Il accuse Toolsyraj Benydin de vouloir changer les règles du jeu  pour satisfaire ses intérêts personnels.

De son côté, la NTUC s’est réunie, mercredi, au siège de la Workers Unity, à Coromandel. Les dirigeants ont pris note de l’absence de la GWF, FPU et FTU et de la démission des deux membres de son exécutif, à savoir Auguste Follet et Mme Taukoordass. Leur remplacement sera effectué durant une autre assemblée qui sera organisée le 9 août prochain.

Selon une source interne, il ressort que techniquement les  membres dissidents, à savoir Clency Bibi, Atma Shanto et Giandeo Peeharry,  sont toujours membres de la NTUC car ils n’ont pas encore fait parvenir leurs lettres de démission.

Devanand Ramjuttun, membre de la NTUC, regrette, ce conflit qui mine la classe syndicale survient à à un moment où des grands défis guettent les travailleurs. A titre d’exemple, il cite l’Employment Rights Bill et l’Employment Relations Bill. Il y a également urgence de revoir les critères du National Pay Council.

Dans cette guerre fratricide, poursuit le secrétaire de la General Trade Unions Federation, ce sont les travailleurs qui sont les plus grands perdants.

Selon Devanand Ramjuttun, outre le fait que la démocratie syndicale n’a pas primé, une majorité des membres ont voté en faveur de l’intégration de sa fédération syndicale au sein de la NTUC. Il fait observer que c’est la minorité qui s’est opposée à cette démarche qui a décidé de partir.