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Enterprise Mauritius : des députés du PTr veulent la tête de Darga
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By Eshan Dinally
Published on 2nd August, 2008
 
Levée de boucliers des députés travaillistes contre Amédée Darga. Ils exercent d’intenses pressions sur le ministre Rajesh Jeetah, pour qu’on lui enlève la présidence du Conseil d’administration d’Enterprise Mauritius.
 

 
Faire partir Amédée Darga d’Enterprise Mauritius. Cela semble être la mission assignée par un trio de parlementaires travaillistes composé de Suren Dayal, Lormesh Bundhoo etYatin Varma. Dans la foulée, ils ne se gênent pas pour embarrasser leur collègue de parti Rajesh Jeetah, à travers une salve de questions pertinentes à l’Assemblée nationale.

Selon nos recoupements, la stratégie est bien calculée. A quelques semaines de l’expiration du contrat d’Amédée Darga, les trois parlementaires intensifient leur offensive contre le président d’Enterprise Mauritius. Motif ? Ils ont eu vent d’une éventualité de maintenir Amédée Darga en poste après le 7 septembre 2008. Cette éventualité ne pourrait être possible qu’à travers un amendement à la Constitution d’Enterprise Mauritius, à travers l’assemblée générale. Cet amendement aurait pour objectif d’enlever la restriction du mandat d’un directeur qu’à trois ans seulement.

Au fait de la situation au sein de l’Enterprise Mauritius et muni des documents confidentiels, le trio Dayal- Bundhoo-Varma fait feu de tout bois sur certaines décisions d’Amédée Darga. Et avec une telle intensité que le ministre Rajesh Jeetah a laissé des plumes à l’Assemblée nationale. Cette démarche ne plaît pas au ministre de l’Industrie et du Commerce. Dos au mur, il n’a pu cacher son irritation jusqu’à lancer : « I see a lot of fishy business going on. »Une phrase lâchée au moment où Yatin Varma déposait un document confidentiel sur la table de l’Assemblée nationale. Plus précisément une copie du procès-verbal de la réunion du Conseil d’administration d’Enterprise Mauritius, tenue le vendredi 13 avril 2008. Cette remarque n’a pas plu à Suren Dayal, l’auteur de toutes les questions pièges sur Enterprise Mauritius. D’ailleurs, il l’a fait savoir à Rajesh Jeetah : « Je ne suis pas d’accord avec le ministre quand il parle de démarches louches. Nous ne faisons que notre travail de parlementaires. » Ne cachant pas sa colère concerant le fait que des documents confidentiels sont en circulation, le ministre a annoncé son intention de mener une enquête : «There is one thing I am going to do. I am going to conduct an inquiry to see what is happening here. » . A une question de Rajesh Bhagwan, le ministre Jeetah a concédé avoir travaillé de concert avec Amédée Darga dans le cadre des projets pour la SADC.

Malgré que le Parlement entrera en congé, ces trois parlementaires ne comptent pas entrer en hibernation. Ils suivront de très près les développements du côté d’Enterprise Mauritius. Amédée Darga doit se méfier de Suren Dayal, très redoutable dans le rôle de chasseur de têtes. En 2006, à la suite d’une salve d’attaques du même Dayal, Nirvan Veerasamy avait préféré quitter son poste comme Chief Executive d’Air Mauritius.

Induit en erreur
Tout laisse croire que le courant passe mal entre l’Enterprise Mauritius et le ministère de tutelle. Pour preuve, Rajesh Jeetah a été induit en erreur par un membre du personnel d’Enterprise Mauritius. En conséquent, la semaine dernière, le ministre a induit l’Assemblée nationale en erreur. Mitraillé de questions par le trio Dayal-Bundhoo-Varma, le ministre a affirmé qu’il n’exerce aucun contrôle sur le Conseil d’administration d’Enterprise Mauritius étant donné que les représentants du gouvernement n’y sont pas en majorité. « I do not hold any control on the Board because, as I said, Government does not have a majority on the Board. », répond-il. En vérité, le gouvernement est en majorité au sein du Conseil d’administration. La parité est comme suit : quatre représentants du gouvernement –Amédée Darga, Zeenat Gulbar, Vailamah Pareeatambee et Jean Suzanne – contre trois du secteur privé, Ahmed Parker, François de Grivel et Arif Currimjee. Cette semaine, Suren Dayal a attiré l’attention du ministre sur le fait qu’il a été induit en erreur. Conséquemment, Rajesh Jeetah a annoncé qu’il prendra des actions : « I will not accept being misled and I will not accept that Government is being misled.»

Amédée Darga : «J’ai le soutien des directeurs»
Interrogé par Le Défi-Plus, Amédée Darga, le président du Conseil d’administration, affirme qu’il a le soutien des directeurs. «Ce sont des personnes crédibles qui prennent des décisions en connaissance de cause. Le Conseil d’administration est déterminé à assurer la bonne performance de cette institution», précise-t-il. Au sujet de l’offensive des parlementaires du PTr contre lui, Amédée Darga dit ne pas vouloir « impute motive à des honorables membres. » Tout de même, il a l’impression qu’ils font le jeu « des gens qui ont détruit une institution comme la MIDA. » Il voit dans la présente situation une répétition de ce qui s’est passé à la MIDA : «Après avoir paralysé laMIDA pendant trois ans, ils cherchent d’avoir le même effet par le biais d’autres moyens.»

Sévère avertissement au CEO
Le 25 juillet 2008, le Conseil d'administration d'Enterprise Mauritius a pris la décision de donner un sévère avertissement au Chief Executive Officer, Prakash Beeharry. Le Conseil d'administration lui reproche d'avoir engagé l'institution dans l'achat d'une voiture de Rs 3,1 millions sans avoir eu son approbation. Le ler avril 2008, le Conseil d'administration a refusé d'approuver le paiement de la nouvelle voiture, une Mercedes E 200, acquise en février 2008. Cette haute instance lui a même ordonné de retourner cette grosse cylindrée au concessionnaire. Mais fort de l'aval du gouvernement, le CEO ne l'entend pas de cette oreille. «Government has no objection to an official car being purchased by Enterprise Mauritius in favour of its Chief Executive Officer in accordance with the provisions prevailing in the public sector. », informe le Chef du Cabinet du ministère de l'Industrie et du Commerce. D'autre part, bientôt, le Conseil d'administration pourra se pencher sur les dépenses encourues par les dommages commis à cette voiture lors des accidents dans lesquels elle est impliquée.

En bref
  • Pour l’année financière 2008/09, le gouvernement a fait une provision budgétaire de Rs 40 millions pour Enterprise Mauritius.
  • Sa structure d’actionnariat est comme suit : le gouvernement y détient Rs 79 782 000 d’actions contre Rs 100 000 à la Chambre du Commerce et d’Industrie, Rs 100 000 à la Mauritius Export Association et Rs 100 000 au Joint Economic Council.
  • L’organisme compte 51 employés, dont 36 sur contrats. Dans le cadre de la restructuration, les contrats ne sont pas renouvelés aumoment de l’expiration.