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Fraude de Rs 11 millions à la Barclays PLC : le fils de l’ACP Dip dénoncé comme étant le ‘cerveau’
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Vel Moonien
 
By Vel Moonien
Published on 2nd August, 2008
 
Employé dans un cabinet de service-conseil, l’ancien auditeur de la banque a été arrêté vendredi, pour trois fraudes au sein de l’institution. Il a bénéficié de l’aide d’anciens collègues pour falsifier les signatures des directeurs de deux firmes pour empocher le jackpot.
 

 
Sale coup pour l’Assistant Commissaire de Police (ACP) Anil Kumar Dip. Son fils, Chandra Prakashsingh, 23 ans, a été appréhendé par ses subalternes du Central CID, vendredi. Il a été inculpé d’entente délictueuse devant le tribunal de Port-Louis et restera en détention préventive durant le week-end dans le cadrede l’enquête sur les Rs 11 millions détournées à la Barclays Bank.

Ex-auditeur au sein de l’institution bancaire, son nom a été balancé par deux anciens collègues. Ce stagiaire et un cadre, interpellés dans le courant de la semaine, l’ont dénoncé comme étant le cerveau de cette fraude à grande échelle.

Toute l’affaire a éclaté, lundi, lorsqu’un directeurde la Barclays, Ziad Joomun, s’est présenté au Central CID. Il a révélé que Rs 3 millions avaient été détournées au détriment d’un client et qu’une fausse requête de transfert de fonds de Rs 8 millions lui a été transmise au nom d’un deuxième.

Durant le mois de juillet, un fax lui a été transmis pour verser deux montants de Rs 500 000 sur le compte d’un particulier dans une autre banque. Un deuxième faisaitune requête similaire pour Rs 3M. Tout laissait croire que celle-ci émanait de la branche mauricienne de Diadeis, une firme française d’externalisation de gestion et de traitement de documents, installée à Victoria House, Port-Louis.

Les fax portant les signatures autorisées, ils ont suffi à leurrer ceux qui ont autorisé les trois opérations. La Barclays n’a flairé l’arnaque qu’après une troisième télécopie qui lui a été adressée au nom de la firme Blue Green. Cette entreprise de Tamarin est spécialisée en développement immobilier et dans l’exportation et l’importation d’équipements pour hôtels.

Les rouages de la fraude Cette fois, le fax réclamait un virement de Rs 8 millions sur les comptes de deux particuliers. Les responsables ont tiqué face à ce montant élevé et ont contacté Blue Green pour vérifier si elle avait bien réclamé ce transfert. Ils se sont ainsi rendu compte que le document transmis n’était en fait qu’un faux.

L’enquête de la Special Cell du Central CID, dirigée par le surintendant Hemant Jangi, a immédiatement mené à Avinash Kona Yerkunowdu, un stagiaire de 22 ans recruté comme Sales Agent et Vishwananday Ramnaya, dit Rony, 23 ans, Customer Adviser.

Le premier, habitant Dagotière, s’est vite mis à table, expliquant les rouages de la fraude. Il a raconté avec moult détails quel était son rôle et celui de son collègue de Rivière-des-Anguilles. Rony et lui, dit-il, ont pris soin de bien copier les signatures des directeurs de Diadeis. S’ils ont fait le coup, affirment les deux jeunes, c’est pour exécuter les ordres de Chandra Prakashsingh Dip.Ce dernier avait été invité à prendre la porte de sortie par la Barclays après la découverte de certaines irrégularités. Pour ce «travail», ce fils de haut gradé de la police leur a promis des juteux bénéfices.

Alors que Chandra Prakashsingh Dip était invité à donner sa version des faits aux Casernes Centrales, vendredi matin, une équipe du surintendant Suchitanund Lollbeeharry, no 2 du Central CID, a interpellé un «ami» de ce dernier, Mahmad Razick Aumeerally, un chauffeur de Grand-Bois. Il lui est reproché d’avoir volé Rs 2 millions,qui ont été versées sur ses deux comptes auprès de la State Bank et de la Mauritius Commercial Bank.

Pour sa défense, le chauffeur explique avoir demandé un prêt de Rs 200 000. Sa requête, dit-il, avait été traitée par Avinash KonaYerkunowdu. Cependant,à sa grande surprise, «Rs 2 millions ont été versées à mon compte».

Affirmant avoir flambé ses Rs 200 000 «dan manzé boire», il affirme avoir remis le surplus de Rs 1,8 million à Avinash Kona Yerkunowdu. Chandra Prakashsingh Dip, lui, nie toute implication dans cette affaire. Il a retenu les services des Collendavelloo Chambers pour l’assister dans sa déposition.

Lundi, son avocat, MeVeda Baloomoody, débattra de sa remise en liberté sous caution. Les hommes du surintendant Jangi devront cueillir ceux à qui les Rs 8 millions de Blue Green étaient destinées.

Sur la place, des questions se posent déjà sur le fait quedes jeunes, sans expérience, soient placés à des postes sensibles au sein de la Barclays. Déjà en novembre, une stagiaire postée à Rose-Belle, Sabrina Potavadoo, avait détourné Rs 140 000 grâce à deux fausses cartes qu’elle avait fabriquées grâce à un appareil qui lui était accessible.