Que pensez-vous de la réintégration de Madan Dulloo au MMM ?
C’est son choix. C’est sa décision et celle du MMM. Ce n’est pas une révélation non plus. Je pense qu’il est un homme intelligent, qui doit savoir ce qu’il fait. Est-ce que ça pèse lourd sur le paysage politique actuel ? Boff !

Vous ne vous sentez pas concernée ?
Ce qui est plus pertinent pour moi, en tant que citoyenne, ce sont les raisons qui ont poussé Monsieur Dulloo à intégrer le MMM et Monsieur Bérenger à lui ouvrir les portes. Ont-ils une vision commune ? Laquelle ? Un projet commun ? Lequel ? Ou tout simplement des ambitions communes. Pourquoi Monsieur Jeeha s’agite-t-il ? A-t-il une vision différente de celle de Monsieur Dulloo ou des ambitions trop similaires ? Quels sont leurs projets, leurs manifestes ? Il est temps que les doigts se lèvent des touches des calculatrices ethniques pour céder la place à un travail de cerveau dans un contexte mauricien.

Il y a une polémique autour de La Gaulette SSS. Quels sont vos sentiments eu égard à ce problème ?
Je me suis toujours positionnée pour la cohabitation. Je ne suis pas pour un système qui stigmatise une partie de la population estudiantine et la marque au fer rouge. Les enfants peuvent avoir des compétences différentes, des orientations différentes mais ils peuvent porter le même uniforme et contribuer de différentes façons à leur école. Le système des ghettos est inhumain. Une société saine ne peut être basée sur une politique de discrimination.

Pensez-vous que Dharam Gokhool est compétent à son poste ?
Il a, à mon avis, pris de bonnes et de mauvaises décisions. Ceci dit, je ne pense pas qu’on puisse le charger de tous les péchés d’Israël. Je suis d’accord avec lui sur le chapitre de La Gaulette. Il a démontré une aptitude à l’écoute et au dialogue avec les
parents qu’il n’avait pas au début de son mandat.  Il a aussi tenu tête à ceux qui prônaient la discrimination contre les élèves de la filière pré-vocationnelle. Je le salue pour ça. Par contre, le principe de collèges nationaux et régionaux ne  m’a pas encore convaincue. Les A+ non plus.

Même si le mot développement est à toutes les sauces, il existe toujours des Soweto à la mauricienne. N’est-il pas temps d'adopter une discrimination positive en faveur des démunis ?
Il y a des poches de pauvreté inimaginables. C’est vraiment une honte pour nous. Je pense que le ciblage est le seul moyen d’atteindre ceux qui souffrent réellement. Une discrimination positive ? Certainement, au niveau de l’éducation. Un repas chaud pour les enfants des écoles ZEP, comme suggéré par Monsieur Uteem, des professeurs motivés, l’implication des parents, un soutien continu. Il faut un travail de longue haleine. Les quick fixes ne résolvent pas les grands problèmes.
 
Seriez-vous parmi les Mauriciens qui iront assister aux Jeux olympiques de Beijing ?
Le sport ne me branche pas à ce point. Quoi que je garde de très bons souvenirs de mes dernières vacances à Beijing en 1992. J’ai été fascinée par leur culture, épatée par leur cuisine et charmée par leur accueil chaleureux. Néanmoins,  je trouve que la Chine a toujours un très gros travail à faire du côté des droits de l'homme. On ne le répète pas assez !

Portrait d’elle
Une femme pas très bavarde, sauf sur les thèmes qui la passionnent : son travail, la politique sociale et la politique en général. Née au Maroc, elle  décrochera une bourse d’État qui l’enverra faire ses études en Grande-Bretagne où elle rencontrera son mari, Ashok Prayag, qu’elle suivra ici pour s’installer à Maurice. Aujourd'hui responsable de la Faculté des Sciences humaines et de Communication au Charles Telfair Institute, elle est la mère de deux magnifiques filles : Bijou (17 ans) et Mona (15 ans).