Une fois n'est pas coutume. Paul Bérenger débute sa conférence de presse avec sept minutes de retard. Comme plat principal, l'affaire Sada Curpen. Le ton est tranchant. « Un ministre, proche de Sada Curpen et de son gang, s'est permis de téléphoner à l'Adsu quand Cindy Legallant a été arrêtée le 23 juillet. C'est choquant et extrêmement dangereux », dit-il.

S'il ne cite pas de nom au départ, il le fera un peu plus tard : « Valayden a reconnu qu'il a téléphoné à l'Adsu le 23 juillet et qu'il est proche de Sada Curpen et de son gang ». Il déplore aussi la proximité de Cindy Legallant et d'un député. Les deux, selon lui, étaient récemment «ensemble à Paris».

Il égratigne également au passage Navin Ramgoolam : « Le Premier ministre a pris l'engagement l'an dernier de venir avec des lois plus sévères en ce qu'il s'agit de l'importation et de la vente du Subutex. Il a même recommandé à Rama Valayden d'apporter les amendements qui s'imposent ».

Ce qui pousse Paul Bérenger à s'interroger. Pourquoi, se demande-t-il, Rama Valayden n'est pas venu avec des lois plus sévères ? Pourquoi, ajoute-t-il, le Premier ministre a laissé l'Attorney General get away with murder ? « C'est la réputation et la sécurité du pays qui sont en danger », déplore le leader de l’opposition.

Paul Bérenger dénonce le « traitement royal » dont bénéficie Sada Curpen alors qu'en France 84 personnes, dont six médecins et douze pharmaciens, ont été mis en examen quand le steward d'Air France a été arrêté avec du Subutex. Il tire aussi la sonnette d'alarme sur un « gang organisé autour de Sada Curpen et de ses proches », qui comprend quatre officiers de police, un money changer et un bookmaker.

«
Le CP a toute ma confiance »

Le leader de l'opposition dit compter sur le Commissaire de police pour arrêter Sada Curpen : « Le CP ne doit permettre aucune ingérence politique. Il doit saisir cette occasion pour montrer sa vraie valeur et son indépendance. Nous comptons sur lui et il a toute ma confiance ».

Paul Bérenger revient sur les évènements au parlement, mardi. Il condamne Abu Kasenally pour ses mots « grossiers » et « blessants » surtout vis-à-vis de Shakeel Mohammed, « une personne de son propre camp ». Il critique aussi Asraf Dulull qui avait dit être serein concernant la décision du Directeur des poursuites publiques (DPP). « Cette sérénité n'a rien d'innocent. Le DPP n'a pas d'autre choix que de prendre sa décision à la lumière de l'enquête de l'ICAC. Et si cette enquête a été mal fait ou manipulé d'une façon ou d'une autre ? » s’est-il demandé.

C'est pourquoi, il réitère son appel pour la mise sur pied d'une fully fledged commission of enquiry pour enquêter sur les allégations à l'encontre du ministre des terres : « Si Asraf Dulull et le gouvernement n'ont rien à cacher, qu'ils aillent de l'avant avec cette commission d'enquête. Il y va de l'honneur du pays ».

Le leader du MMM s'en prend également à Navin Ramgoolam pour sa réponse « choquante » au sujet des allégations de corruption à l'encontre de Siddick Chady : « Le Premier ministre va demander à Boskalis International de confirmer si la lettre existe bel et bien. Or, si la firme le fait, elle sera reconnue coupable de corruption ».

Il déplore que Siddick Chady n'ait ni été arrêté, ni été suspendu de ses fonctions. Autre cible : Sylvio Tang, qualifié par Paul Bérenger de ministre « médiocre », « minable » et de « walking joke ». « J'ai honte pour Navin Ramgoolam », a conclu Paul Bérenger.