Depuis que vous avez pris du recul avec le séga, on constate que vous êtes constamment sollicitée par les producteurs lors des concerts. Est-ce à dire que le séga est en perte de vitesse ?
C'est hélas une triste réalité. Le séga de 2008 n'a rien à voir avec celui que chantaient les ségatiers tels que Denis Azor. Les producteurs, ainsi que les artistes, auront tout essayé pour faire évoluer cette musique, mais rien à faire. Par ailleurs, si le séga commence à perdre du terrain, c'est également dû au fait que les producteurs mettent beaucoup trop de pressions sur les artistes. Ils n'ont qu'une seule chose en tête : le fric. Par conséquent, ils ne prennent plus en considération l'aspect artistique.
Le séga semble ne plus avoir sa place sur la scène locale. Reggae Donn Sa ou, plus récemment, Sakifo, le confirment. Est-ce que cela veut dire que les ségatiers devront changer de répertoire ?
Je ne pense pas être bien placée pour dire à qui que ce soit de changer son répertoire. Du moment qu'il se sent bien dans ce qu'il fait, c'est tant mieux pour lui.
On constate que les producteurs, quand ils veulent organiser des concerts, font apppel à leurs poulains, ne laissant aucune chance aux autres artistes. Tout le monde préfère promouvoir les artistes de sa boîte. Votre avis ?
Je juge de telles pratiques inacceptables. L'industrie musicale à Maurice regorge de requins. Le pire, ce sont ces même personnes qui viennent toujours au-devant de la scène pour crier sur tous les toits qu'ils sont pour l'avancement de la musique locale. Ce sont des personnes ki éna double la langue. Elles sont en train de prôner un message qu'elles ne respectent même pas. J'espère qu'elles se reconnaîtront.
La semaine dernière, sur l'émission Bouz Ar Nou Bane Zil, votre collègue Nitin Chinien n'a pas mâché ses mots à l'encontre de certains artistes et producteurs. Ce qui lui a même valu une suspension de quelques jours...
Je pense que Nitin a dû être énormément déçu après que son événement eut tourné au vinaigre. Il a beaucoup travaillé pour que ce concert soit une réussite. C'est ce qui explique son énervement. Il ne s'est malheureusement pas rendu compte qu'il était sur une radio et qu'il y avait des limites à respecter. Il a cru bien faire en dénonçant certains artistes. Mais, il a poussé le bouchon beaucoup trop loin. Résultat : il a été rappelé à l'ordre par la direction. J'espère que cela lui servira de leçon. Car, même s'il croyait bien faire, il fallait quand même qu'il réfléchisse un peu.
Politiciens, hommes religieux et même artistes sont de plus en plus liés aux différents groupes socio-culturels. Si le père Grégoire faisait appel à vous pour une présentation, que lui répondriez-vous ?
Il m'avait fait une invitation pour son rassemblement au stade Sir Gaëtan Duval à Rose-Hill le 1er mai. J'ai refusé. Je n'ai rien contre lui, mais je ne veux pas être associée au Père Grégoire, ni à aucun autre groupuscule d'ailleurs. Je suis prête à chanter pour sensibiliser les gens contre les fléaux, mais pas sur un plan communal, encore moins sur un plan politique. En tant que créole mauricienne, je puise ma richesse dans toutes les communautés.
Après le succès remporté lors de votre premier concert le 4 avril au MGI, vous comptez remettre ça le 6 septembre...
Pour cette deuxième édition, d'abord, je bouge au Swami Vivekananda. Ce sera la même équipe que la première, sans pour autant être la même. Ce qui veut dire qu'il y a aura quelques innovations, aussi bien chez les danseurs qu'au niveau des costumes. Pour ce qui est du chant, j'aurai le plaisir d'avoir à mes côtés Gina Jean-Charles, Vincent Brasse de Crossbreed, Annie Clarisse et un invité surprise (lol).