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Sakifo : vraiment ce qu’il faut !
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L'Hebdo
L'Hebdo News Service

 
By L'Hebdo
Published on 3rd August, 2008
 
« Nous allons tout mettre en oeuvre pour faire monter la température ». C’est ce qu’ils ont promis, vendredi, à l'hôtel Le Labourdonais, Port-Louis. Crossbreed, Linzy Bacbotte, Eric Triton et Menwar ont tous fait part de leur fierté de pouvoir participer à un événement d'une telle envergure. L'heure était aux réjouissances ; l'alchimie entre les artistes mauriciens et les artistes français flagrante. Rencontres avec Mathias Malzieu, de Dionysos, et Bazbaz.
 

 
Avial : « We hate Bollywood »
Ils disent haïr Bollywood. Cette musique, pour eux purement commerciale, est dénuée de toute émotion, de tout sens. Le groupe Avial n’est pas du tout habitué à faire semblant. Leur musique et les paroles de leurs morceaux viennent du plus profond de ces quatre jeunes hommes. Avial veut faire dans du vrai, quitte à ne pas avoir des fans en quantité, mais en qualité.

Le groupe AvialLa musique dépasse les frontières ;  le groupe Rock indien, Avial en est la preuve. Ces quatre fans de Coldplay, chantent en Malayalam et ce n’est pas pour ça que leur musique n’est pas écoutée hors des barrières de la grande péninsule. Du rock exotique, avec un tapis de musique orientale, c’est ce qui démarque Avial. S’ils disent vouloir chanter dans d’autres langues pour toucher encore plus de personnes, ils confient que c’est dans leur langue qu’ils s’expriment le mieux.

« Quand tu ressens quelque chose au plus profond de toi, ce n’est que dans ta langue maternelle que tu peux l’exprimer le mieux, que tu peux vraiment te faire comprendre et transmettre ce même message aux gens », soutient Rex, le guitariste d’Avial.

Mathias Malzieu, de Dionysos : « Aucun respect pour Carla Bruni »
Le ton persifleur, Mathias Malzieu, chanteur du groupe rock Dionysos, est loin de prôner le politiquement correct sur scène. Pour lui, tout va bien dans le meilleur des mondes, tant qu'il n'est pas question du couple présidentiel. Et Surtout pas de Carla Bruni.

Mathias Malzieu, de DionysosVous vous inspirez beaucoup des oeuvres de Tim Burton ou encore de Ronald Dahl, donnant ainsi une forme très caricaturale à votre musique...
Je considère la musique comme une aventure. Ce qui fait que la musique pratiquée par Dionysos est constamment en train d'explorer des sphères inédites. Nos rapports avec la musique sont très mystérieux. Nous ne dictons rien, c'est la musique qui nous guide.

Au cours de votre conférence de presse, vous avez quelque peu chambré les émissions de télé réalité, alors que votre copine Olivia Ruiz participait à la première saison de la Star-Ac…
Je ne peux vraiment pas parler pour elle. Mais tout ce que je peux dire, c'est que lorsqu'elle y a participé, la Star-Ac venait tout juste de prendre naissance. Elle était loin de se douter de ce qu'allait devenir cette émission qui, à mes yeux, n'est qu'un stand de saucisses. Je n'ai rien contre les artistes qui y participent, mais je suis contre l'esprit de la télé réalité, qui ne fait qu'abuser les artistes. Les jeunes qui se retrouvent au sein de telles émissions ne sont que des victimes du commercial.

La première Dame de France, Carla Bruni, vient tout juste de sortir son tout dernier album, intitulé Comme si de rien n'était. Vous, le spécialiste des duos improbables, seriez-vous partant pour un duo avec elle ?
Alors là, il n'y a pas moyen. Ce serait hypocrite de ma part de venir chanter avec elle, car je ne peux venir chanter avec une personne coupée du monde artistique. Je n'ai aucun respect pour Carla Bruni. Je n'ai pas écouté son dernier album. D'abord, parce que ça ne m'intéresse pas. J'avoue toutefois que son premier album mérite quand même un peu de respect. Elle est là à s'asseoir tranquillement aux Champs Elysées. Son époux, lui, accueille des dictateurs. Ce qui me révolte le plus avec Nicolas Sarkozy, c'est qu'il oblige ses sujets à chasser les SDF, pour venir défiler et faire le beau. C'est dégueulasse.

Votre répertoire colle peu avec la culture musicale mauricienne. Comment comptez-vous vous en sortir avec des gens qui sont plus branchés pop, reggae ou house ?
L'intention première de Dionysos est de choquer. Nous sommes conscients que nous n’allons pas créer sensation, du premier coup. Mais c’est comme un grand défi. Nous allons nous investir à 200% sur scène. Et puis, en tant qu'artiste, nous avons pour devoir de faire l'éducation musicale de tout un chacun, d'inciter le public à découvrir et de surprendre.

Bazbaz : Showman de la french reggae soul
Le look froissé, les cheveux en bataille, Bazbaz est tel qu'il est. Un homme libre, heureux et loin de se prendre la tête. Pour lui, pas question de pseudo ou de nom d'artiste, il s'agit de son vrai nom (qu'il tient d'un père libanais, le Dr Bazbaz).

La seule musique des Mascareignes qu'il a pu écouter jusque-là (vendredi après-midi), c'est le maloya de Danyel Waro. « Un style brut, mais sincère. Même si c’est loin d'être la musique que j'écoute, je peux sans problème prêter l'oreille », explique-t-il.

Il y a eu du changement dans sa carrière depuis Le cri de la mouche, son groupe de rock des années 80. Bazbaz a choisi de raconter ses histoires d'amour et ses peines en souriant. Et c'est la French reggae-soul, empreinte de rythmes bluesy, qui ressort de ses compositions. Comment ne pas parler de Bonheur Fantôme, son dernier opus sorti en mai dernier ? « Je suis en train de défendre cet album enregistré beaucoup à Paris et un peu à la Jamaïque. Et c'est le bonheur », lance-t-il, les mains dans les poches.

BazbazNotons que ce crooner a aussi composé des musiques de films pour le cinéaste Pierre Salvadori. Il a également travaillé avec les mêmes musiciens que Serge Gainsbourg (sur Aux Armes Ecétéra ou encore Mauvaise nouvelle des étoiles). « J'aime faire des rencontres différentes dans la musique. C'est un des plus grands plaisirs de ce métier », dit-il.

En 2005, son album Sur le bout de la langue est disque d'or. Ce qui ouvre les portes au monde à Bazbaz, qui quoique Franco-libanais, n'a jamais mis les pieds au Liban : « C'est mon père qui vient de là-bas. Mais c'est la catastrophe depuis toujours dans ce pays. La situation est pire que le nucléaire. Quelque chose qui pourrait arriver dans n'importe quelle ville, même Paris. Je suis un musicien qui chante des chansons sur les corps des femmes, qui aime bien rigoler et profiter de la vie. Je ne vais pas me prendre la tête ! »

Bazbaz a aussi participé au grand concert pour la libération d'Ingrid Bétancourt, non pas pour la politique qu'il qualifie de « diabolique », mais bien plus pour faire de nouvelles rencontres, comme celle des musiciens colombiens. Bref, Bazbaz, c'est le bonheur fou. Quelqu'un qui ne réfléchit pas et un showman qui sort son plus beau costard sur scène.