12,7 millions. C’est le prix que l’État voulait payer pour les 154 hectares de terres appartenant à la succession d’Abdool Razack Goburdhun à Bassin-Blanc. L’Etat veut faire de ce lieu un site touristique. Hélas, les avis ont divergé sur la compensation à payer aux héritiers. En 1995, le gouvernement travailliste se prononce pour 12,7 millions. Aujourd’hui, les héritiers ont fixé leur prix à Rs 42 millions. «L’État doit se rendre compte dans quelle situation nous vivons aujourd’hui. Il ne peut acquérir les terrains de nos grands-parents pour quatre sous», insiste Nazir Gobudhun, gérant de snack à Forest-Side et petit-fils d’Abdool Razack Goburdhun. La succession Goburdhun (le patriarche a eu six enfants) compte aujourd’hui une soixantaine d’héritiers, alors que le clan compte près de 200 personnes.
A l’origine du litige, une lettre expédiée par le ministère du Logement et des Terres qui avise les héritiers qu’ils peuvent recourir à la Cour suprême pour contester cette acquisition. Le ministère du Logement fait également publier dans les journaux un avis (‘Notice’) d’acquisition forcée des 154 hectares de terres forestières de Bassin-Blanc pour en faire un Parc national. Alors que le gouvernement Ptr voulait faire de l’endroit un lieu touristique, les héritiers d’Abdool Razack Goburdhun, eux, voulaient lancer un projet d’élevage de cerfs. La décision de l’État a bouleversé leurs plans.
Après les élections de l’an 2000, c’est l’alliance MMM/MSM qui dirige le pays. Le gouvernement en place ne montra pas le même intérêt pour les terres de Bassin-Blanc et le projet de parc national est mis au frigo. Changement d’attitude à nouveau après juillet 2005. Le gouvernement travailliste remet ça et relance le projet de parc à Bassin-Blanc. La décision sera entérinée par le Conseil des ministres en août 2006.
Mars 2006, M. Veerapen, l’arpenteur de l’État (Government Surveyor), notifie par écrit aux héritiers d’Abdool Razack Goburdhun que ledit terrain sera arpenté le 12 avril 2006 et qu’ils devront être présents et l’assister dans sa tâche. «Nou fine allé. Tou fine passe bien. Et zot dire nou ki zot pou informe nou de la marche à suivre», soutient Nazir Goburdhun. Mais depuis, plus rien !
Le Défi-Plus a essayé en vain d’avoir une déclaration du Government Surveyor.