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Assemblée nationale : la révocation de Valayden souhaitée
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By Le Défi Plus
Published on 9th August, 2008
 
L’Opposition n’est pas satisfaite des explications fournies par le PM au sujet de l’affaire Sada Curpen. D’où son insistance à réclamer la révocation de Rama Valayden en tant qu’Attorney General et ministre de la Justice.
 

 
La tranche réservée à la Private Notice Question a été chaude. Et le leader de l’Opposition a fait montre d’une agressivité inhabituelle en bombardant le Premier ministre de questions au sujet d’une ingérence alléguée du ministre de la Justice auprès de la Brigade antidrogue. Rama Valayden a passé un coup de fil à un membre de cette unité, le 23 juillet 2008, après l’arrestation de Cindy Legallant avec 21 577 comprimés de Subutex à l’aéroport.

Paul Bérenger a d’abord voulu savoir pour quelles raisons le gouvernement n’a pas pris des mesures pour lutter contre la prolifération du Subutex à Maurice. Réponse cinglante du Premier ministre : «Pourquoi le gouvernement MSM/MMM ne l’a-t-il pas fait en 2000 ? »

Le leader de l’Opposition, nullement désarçonné par la réponse de Navin Ramgoolam, demande si la police a initié une enquête sur les allégations faites à l’encontre de quatre policiers, dont «les noms sont mentionnés dans un document ». Puis, Paul Bérenger a fait une série d’allégations. D’abord, il a souligné que l’un des policiers mentionnés s’était fait agresser en 2007. Les gens ont pensé que c’était parce qu’il appartenait à l’équipe de feu Prem Raddhoa qu’il avait été battu. Or, selon Paul Bérenger, l’agression est liée au trafic du Subutex.

Le leader de l’Opposition a aussi allégué qu’une voiture de la police a même été utilisée pour la distribution de cette drogue. Il a affirmé qu’un autre policier a été filmé en compagnie de Sada Curpen, au cours d’un incident au casino de Caudan. Il est allé jusqu’à affirmer que ces quatre policiers montrent des signes extérieurs de richesse qui ne correspondent pas à leurs revenus mensuels. Enfin, Paul Bérenger a pointé du doigt un « moneychanger qui blanchit chaque semaine de l’argent » et un bookmaker « dont le nom a été cité dans un réseau de paris illégaux».

L’arrestation de Sada Curpen
Mais, Navin Ramgoolam a du répondant : «Avant même que je fasse une demande en ce sens, le Commissaire de Police avait déjà initié une enquête sur toute cette affaire. »  Le PM a ajouté qu’une enquête a aussi été instituée sur un policier qui avait arrêté Sada Curpen dans le passé.

Le leader de l’Opposition est aussi revenu sur l’arrestation de Sada Curpen en 2006 et sa libération sous caution. Il a rappelé qu’à une précédente interpellation de Jayen Cuttaree, Navin Ramgoolam avait déclaré qu’il allait initier une enquête. «Où en est cette enquête ?» s’est-il demandé.Navin Ramgoolam a souligné que le Directeur des Poursuites Publiques avait objecté à la remise en liberté de Sada Curpen. Mais la  Cour en avait décidé autrement. À une autre question de Paul Bérenger, le Premier ministre a indiqué que Sada Curpen a été condamné à 18 mois de prison et avait fait appel. Le tribunal avait décidé de lui accorder la liberté provisoire.

Les députés de la majorité ont protesté quand le leader de l’Opposition a voulu connaître la position de l’Attorney General sur cette affaire. «C’est le State Law Office que cela concerne et non l’Attorney General ! » martèle Navin Ramgoolam. Mais, Paul Bérenger ne s’avoue pas vaincu. «Le Parquet tombe aussi sous la responsabilité de l’Attorney General », réplique le leader du MMM.

Sur le gel des avoirs de Sada Curpen, Navin Ramgoolam a indiqué qu’il n’a pas de renseignements à ce sujet. Une réponse qui a étonné Paul Bérenger, qui a soulevé l’affaire de l’arrestation du steward français à l’aéroport avec une importante quantité de Subutex, ayant une valeur marchande de Rs 40 millions. «Existe-t-il un lien entre cette affaire et celle de Sada Curpen ? D’autant que cette arrestation a débouché sur l’arrestation de 24 personnes en France, dont 6 médecins et 12 pharmaciens », s’est-il demandé. Navin Ramgoolam a expliqué que grâce aux renseignements fournis par la police mauricienne que ces personnes ont été arrêtées en France.

L’appel de Valayden
Paul Bérenger s’est, par la suite, intéressé à l’appel téléphonique de Rama Valayden à l’Adsu au moment même où il y avait une opération de «controlled delivery». «L’Attorney General n’a pas caché ces faits. J’ai, moi-même, recherché des explications de lui. C’est alors qu’il a remis sa lettre de démission car on avait questionné son intégrité », a déclaré Navin Ramgoolam.

Il a ajouté que, selon la version de l’Attorney General, il a été contacté par Bernard Joly qui craignait pour la sécurité de son fils, arrêté par la police. Officiellement pour un vol de motocyclette. «C’est en sa capacité de ministre responsable des Droits de l’homme que Rama Valayden a recherché des détails sur ce suspect auprès de la police. Il a donc eu une conversation avec l’ASP Lablanche, à qui il a laissé son numéro de téléphone. L’ASP Lablanche, qui ne connaissait rien à l’affaire, a alerté l’ACP Padiachy. Ce dernier a appelé Rama Valayden, qui a mis fin à la conversation dès qu’il a appris qu’il y avait une opération en cours. This has been confirmed by ACP Padiachy », a insisté Navin Ramgoolam.

Mais, ces explications étaient loin de suffire à Paul Bérenger. «Comment se fait-il qu’il a téléphoné à l’Adsu directement ?», s’est-il demandé. Le Premier ministre a alors expliqué que Bernanrd Joly savait que son fils avait été arrêté par des membres de l’Adsu, car la motocyclette volée appartenait à cette brigade.  Paul Bérenger a alors attiré l’attention du Premier ministre sur le fait que Bernard Joly est un employé de Sada Curpen. Il a même évoqué un salon de coiffure « qui sert de paravent à d’autres activités, connues de l’Attorney General». Navin Ramgoolam a maintenu qu’il s’agissait d’un père qui «recherchait des informations sur son fils » et que Rama Valayden n’a agi « que sur une base humanitaire ».

Paul Bérenger est loin d’être satisfait. Il insiste que Rama Valayden « aurait dû être révoqué». Mais, Navin Ramgoolam n’en démord pas : «Le leader de l’Opposition a la mémoire courte. Pourquoi n’a-t-il pas démissionné après avoir aidé financièrement Toorab Bissessur à quitter le pays ? »

Visiblement agacé, Paul Bérenger a argué qu’il a pris contact avec le Premier ministre. Mais qu’il n’y a pas eu de suivi par la suite. Ce n’est, dit-il, que sous Anerood Jugnauth que l’Escadron de la mort a été démantelé. Navin Ramgoolam a apporté un démenti aux propos de Paul Bérenger. « Il ne dit pas toute la vérité. Il y a eu un suivi », a-t-il souligné.

Paul Bérenger a demandé au Premier ministre de confirmer si un PPS a été en contact avec Cindy Legallant à Paris. Il veut savoir si la voiture, avec chauffeur, du PPS est même allée prendre Cindy Legallant à l’aéroport. « There is no evidence », a indiqué le Premier ministre.

Enfin, le Premier ministre a dit, à Alan Ganoo, qu’il n’était au courant si Cindy Legallant bénéficie d’un traitement VIP à l’aéroport SSR.

«Inacceptable et dangereux »
La PNQ s’est poursuivie à l’heure du déjeuner. Car le MMM et le MSM ont chacun tenu une conférence de presse pour tirer à boulets rouges sur Rama Valayden. «C’est inacceptable et dangereux ce que l’Attorney General a fait!» a déclaré Paul Bérenger. Ce dernier a même qualifié cet acte de « crime contre l’honneur du pays » et a demandé au Commissaire de Police de faire la lumière sur cette affaire en toute quiétude. «C’est une occasion pour lui de faire ses preuves », a-t-il précisé.

Le leader de l’Opposition a dit être d’avis que le Premier ministre a cédé devant son ministre de la Justice. «Au lieu de donner des explications, il a fait du chantage en soumettant sa lettre de démission », a soutenu Paul Bérenger avant de s’interroger sur « le secret liant Rama Valayden et Navin Ramgoolam». Le MSM, de son côté, a aussi réclamé la révocation de Rama Valayden. Nando Bodha, le chef de file du parti au Parlement, a souligné qu’il n’est pas satisfait des explications fournies par le Premier ministre lors de la PNQ. Selon lui, il reste encore plusieurs zones d’ombre à éclaircir.

Ambiance : duel épique
C’est la Private Notice Question qui a polarisé l’attention lors de la séance parlementaire de mardi. Cette tranche s’est résumée à un duel épique entre le Premier ministre et le leader de l’Opposition, sous les yeux de Rama Valayden, directement concerné et visiblement gêné. Navin Ramgoolam a défendu bec et ongles son ministre de la Justice, qui assistait au réquisitoire de Paul Bérenger.  À la reprise des travaux, à 14 h 30, l’Attorney General s’est plongé dans la lecture d’un magazine. Il en ressortait, de temps à autre, pour faire un brin de causette avec ses collègues. Puis, il poursuivait sa lecture.  Si l’ambiance était électrique lors de la PNQ, elle s’est nettement améliorée dans l’après-midi. Bien que, par moments, des voix se sont élevées depuis les travées de l’Opposition pour contester certaines réponses données par des ministres.

Néanmoins, les débats sur l’institution du Truth and Reconciliation Commission Bill se sont déroulés sur un ton consensuel.

Projet de loi : connaître son passé
Le projet de loi, portant sur la mise sur pied d’une Commission Justice et Vérité, afin de faire la lumière sur l’esclavage et l’engagisme, a été voté à l’unanimité, mardi.

Présentant ce projet de loi, le Premier ministre a  soutenu qu’il est important qu’un pays soit confronté à son passé pour permettre la réconciliation nationale. Il a rappelé que cette Commission est un autre des engagements pris par l’Alliance sociale, dans son manifeste électoral, qui est respecté. Le Premier ministre a donné la garantie que la Commission va travailler en toute indépendance et sera composée de personnes qui ont une vaste connaissance dans le domaine de l’histoire, de l’anthropologie, de la culture et le domaine légal.
Le leader de l’Opposition a accueilli favorablement ce projet de loi. Il a cependant soutenu qu’il ne faut pas occulter le travail des historiens et d’autres personnes qui ont énormément contribué pour faire connaître l’histoire de l’esclavage et de l’engagisme. Il a aussi fait une longue incursion dans l’histoire pour parler de la souffrance endurée par les esclaves et les laboureurs engagés.

Prime Minister’s Question Time
Révision du Cadet Scheme
Le Cadet Scheme, dans la police, sera revu afin de faire provision pour ceux qui ont un BSc (Hons) in Police Studies. C’est ce qu’a indiqué le Premier ministre en réponse à une interpellation de Suren Dayal. Navin Ramgoolam a indiqué que la police compte actuellement 249 officiers qui ont ce degré. À une interpellation de Mahen Jhugroo, Navin Ramgoolam a déclaré que le gouverne-ment n’envisage pas de loger les policiers de Vallée-des-Prêtres dans un autre bâtiment en attendant la construction du nouveau poste de police de ce quartier. Celui-ci sera situé à la rue Ste-Marie, Cité La Cure, sur un terrain d’une superficie de 1120 m2. Le plan du nouveau bâtiment est actuellement en préparation.

Modus operandi
Comment est-ce que la police procède pour enlever les cadavres de l’endroit où a eu lieu un accident fatal ?  C’est la question que Sam Lauthan a posée au Premier ministre. Ce dernier a indiqué que, dès que la police est informée d’un cas d’accident fatal, des dispositions sont prises au niveau de la Transport Guard Room et de la Divisional Command. Ainsi, l’officier en charge de la Transport Guard Room doit s’assurer qu’il y a suffisamment de sacs dans le véhicule  mortuaire qui se rend sur le lieu de l’accident. Quant à l’officier responsable du véhicule mortuaire, il doit veiller à ce que le cadavre soit mis dans un sac avant d’être embarqué dans le véhicule.

Nouveaux salaires des conseillers
Le député Mahen Jhugroo a demandé au  PM si les salaires des conseillers et des attachés de presse ont déjà été révisés, dans le sillage des recommandations du Pay Research Bureau. Navin Ramgoolam a répondu par la positive. Cependant, il n’a donné aucune indication sur ces nouveaux salaires. «The information is being compiled», a-t-il soutenu.

Disparition d’équipements
De juillet 2005 à ce jour, quatre cas de disparition d’appareils audiovisuels ont été enregistrés à la Mauritius Broadcasting Corporation. C’est ce qu’a indiqué le Premier ministre dans sa réponse à une interpellation de Nando Bodha. Navin Ramgoolam a souligné qu’en ce qui concerne la caméra qui avait été égarée à Port-Louis en 2006, trois employés avaient été suspendus. Ils ont cependant été réintégrés à leurs postes après l’institution d’une enquête interne. Le Premier ministre a révélé que le Directeur des Poursuites Publiques (DPP) a classé l’affaire le 18 juillet dernier, mais a recommandé des actions disciplinaires contre les employés concernés. C’est, selon Navin Ramgoolam, ce que va faire la MBC. Il a aussi précisé que la station nationale a renforcé les mesures de contrôle sur les équipements qui sont utilisés pour des reportages à l’extérieur. De plus, la corporation va aussi sanctionner les employés qui font preuve de négligence par des déductions de salaire.

PQ's
Président bénévole
C’est Lim Sit Chen Lam Pak Ng qui est l’actuel président du Conseil d’adminis-tration du Board of Investment. Il occupe ce poste depuis le 23 novembre 2006. C’est ce qu’a indiqué le v.-PM et ministre des Finances à une interpella-tion d’Éric Guimbeau. Rama Sithanen a ajouté que celui qui préside aux destinées du BoI ne touche qu’un salaire de Rs 20 000 mensuellement. Il ne bénéficie d’aucun avantage. Néanmoins, depuis sa nomination, il a refusé que son salaire soit crédité sur son compte.

Missions ministérielles
«The information is still being compiled». Cette réponse du v.0-PM et ministre des Finances, à une interpe-llation de Maurice Allet, a provoqué la colère des députés de l’Opposition. Le leader du PMSD voulait obtenir des renseignements sur les missions ministérielles à l’étranger depuis 2005. Éric Guimbeau est alors monté au créneau pour souligner que c’est la troisième fois que le ministre rend cette réponse. Le Speaker a alors déclaré que, d’après les standing orders, il n’a aucun pouvoir sur les réponses parlementaires.  Il a conseillé au député Guimbeau d’écrire au Select Committee pour un amendement aux Standing Orders. Mahen Jhugroo a alors demandé à Rama Sithanen de donner la date à laquelle il aura la réponse. Il a rappelé que plusieurs questions sont restées sans réponses sous prétexte que les informations demandées sont en train d’être compilées.