Les bons comptes font les bons amis, mais les mauvais comptes peuvent mener au pire. Jeudi soir, à Mahébourg, une banale histoire de gains aux courses a coûté la vie à Vickram Boojhawon, un maçon de 22 ans. Il a été frappé mortellement avec une paire de ciseaux par Samuel Edgar, un marchand de plage de 24 ans.

Même s’ils habitaient le même village, Samuel et Vickram n’avaient rien en commun. Sauf qu’ils jouaient tous deux aux courses. Selon les éléments de l’enquête policière, ce sont les gains que Vickram a obtenus aux courses récemment qui ont été à l’origine de son agression mortelle.

C’était il y a environ deux mois. Vickram demande à Samuel de toucher un billet auprès d’une compagnie qui organise des paris. Il lui remet le reçu. Mais Samuel s’évanouira dans la nature. Jeudi soir, alors que le maçon est dans la rue, il croise Samuel qui sort d’une tabagie de la localité. Ce dernier vient d’avoir une dispute avec la boutiquière. Il ne voulait en effet pas payer deux paquets de biscuits qu’il venait de prendre, mais a dû finalement mettre la main à la poche.

Sauvage agression
En apercevant Samuel, Vikram, qui tient une bouteille de bière à la main, va lui demander des explications sur leur vieux compte. «To ine passe mo carte dépi lot fois-là», lui reproche-t-il. Le ton monte d’un cran entre les deux jeunes hommes.

Piqué au vif, Samuel sort une paire de ciseaux et frappe violemment Vickram à proximité du cœur. Blessé, il tente de s’enfuir mais se heurte à une porte.
Samuel le rejoint et lui inflige trois autres coups avant de déguerpir.

Entre-temps, alertés par des voisins, Atish, 21 ans et Vinesh, 25 ans, les frères de Vickram accourent sur les lieux. Ils découvrent la victime baignant dans son sang sur l’asphalte. «Sappe moi !», agonise Vickram, avant de perdre connaissance. Il est immédiatement transporté à l’hôpital où les médecins de service cons­tateront son décès. Le même soir, Samuel est arrêté par les hommes de l’inspecteur Kallychurn. Il avouera son meurtre.

Au domicile de la victime vendredi après-midi, on donne une autre version du drame. Vickram, selon ses proches, était parti récupérer un CD chez un ami de la localité. Sur le chemin du retour, il a entendu la dispute entre la commerçante et Samuel. Il serait alors intervenu pour faire entendre raison à Samuel et ce serait ainsi qu’il a été agressé mortellement. Ce que dément la commerçante. «Mo problème fine arrivé avant ek garçon-là pas ti rentre là dans li», confie-t-elle.

Vickram était issu d’une famille de cinq enfants, dont quatre frères. Devenu orphelin de père depuis son jeune âge, il a dû mettre fin à ses études alors qu’il était en Form III pour des raisons pécuniaires. Il était un jeune serviable et passionné du kick-boxing, selon ses proches. «Nous espéré ki pou éna la justice», lâche son frère Vinesh.

Samuel, lui, n’est pas un enfant de chœur. Il a déjà été écroué pour agression, vol avec violence et plusieurs autres délits. Jeudi, il a ajouté un nouvel arc dans sa carrière de criminel.