Précipité, ce mariage restera à jamais gravé dans leur mémoire. Caroline Carré (37 ans) et Daniel St-Jacques (50 ans) n'auront jamais aspiré à une telle cérémonie. Le 26 juillet dernier, la franco-canadienne et le Québécois se sont dit oui. Qui plus est, en mer. Eh oui ! C'est sur un bateau qu'ils ont échangé leurs consentements, devant onze invités. Ensuite, place à un cocktail sur la plage de l'hôtel Hilton à Flic-en-Flac. Pour finir, un « somptueux » dîner au Domaine Anna. Un mariage de rêve, n'est-ce pas ?
Pourtant, ce couple de médiums est loin d'être de ces touristes de passage, le temps de s'unir dans le cadre « carte postale » et paradisiaque de Maurice. Deux ans qu'ils se sont mis ensemble et une situation de séjour leur a laissé seulement deux semaines pour les préparatifs du mariage. « Le projet de mariage était fixé pour décembre prochain. Mais, nous avons dû accélérer les choses. Car je risquais l'expulsion, mon permis de séjour arrivant à terme », explique Caroline Carré, tout de go.
C'est bien sa carte de touriste qui permettait à cette investisseuse de rester à Maurice jusque-là. Maintenant, compte tenu de son mariage avec Daniel, détenteur d'un permis de travail, elle obtient le statut de « dépendant » aux yeux de l'État mauricien.
Soulagé. C'est le moins que l'on puisse dire de ce tandem peu commun. Ils se sont rencontrés à leur domicile luxueux à Flic-en-Flac. Elle est médium (branche canal), clairvoyante, magnétiseuse, conférencière et écrivain (rien que ça). Son époux, quant à lui, est maître reiki, médium (sensitif), thérapeute en lumino-énergie, interprète des rêves et symboles.
« Décédée dans l’avion »
Leur histoire, l’avaient-ils devinée ? En tout cas, tout cela n’aurait pas eu lieu si la brune aux binocles, qui cachent des yeux de braise, n'avait pas été « miraculée » en 2002. « J'ai été emmenée là-haut dans une église de cristal aux milles reflets. Il y avait des mortels comme moi et beaucoup d'esprits lumineux qui chantaient la gloire de Dieu. Puis, il y a eu un calme phénoménal. Et IL est arrivé. Une énorme colonne de lumière ! IL est lumière et j'avais l'impression que mon coeur explosait d'amour », raconte Caroline, qui étale publiquement son expérience lors de ses conférences sur les esprits astraux et les médiums en France, au Canada et à la Réunion.
La NDE (Near Death Experience) ou encore la EMI (expérience de mort imminente), Caroline Carré en sait quelque chose. Toujours selon son récit, elle est « décédée » dans l'avion qui la ramenait aux Etats-Unis, après un séjour au Brésil. Souffrant d'une pathologie lourde, qui lui faisait perdre l'usage de son corps, Caroline avait été condamnée par les médecins.
Caroline s'était rendue à Abadiania (près de Brasilia) dans ‘La Casa’ du guérisseur Joao De Deus (Jean de Dieu). « Chez moi, au Canada, j'avais reçu un message me disant de me rendre à cet endroit où je recevrais une guérison miraculeuse. J'avais accepté de partir. Je pensais mourir là-bas, vu la détérioration très avancée de mon corps. Au centre St Ignace de Loyola, j'ai suivi le traitement de Joao De Deus, qui m'a même dit que j'allais tomber gravement malade », dit-elle, en agitant ses mains aux ongles manucurés à la française.
Une vie d’amour et miracle
C'est en regagnant son pays qu'elle « est morte dans l'avion », avant de passer 11 jours en soins intensifs à Los Angeles. « Lorsque j'étais au ciel, un ange m'a remis un parchemin. Il m'a annoncé une prophétie. Il disait que bien des miracles allaient m'arriver, que ma vie n'était pas terminée et que je survivrais. En moins de six mois, j’étais remise grâce aux médecines astrale et allopathique », poursuit celle qui travaille sur son autobiographie, intitulée Une vie d'amour et de miracle, à paraître début 2009.
C’est en 2005, au Québec, qu’elle rencontre Daniel St Jacques. Homme d'affaires et entrepreneur en bâtiment à l'époque, Daniel avait entendu parler de Caroline et de ses expériences spirituelles. En toute amitié, ce père de deux fils (nés d'un précédent mariage) décide de l'accompagner au Brésil. C'est cette passion commune pour la spiritualité qui les unit.
Puis, l’année dernière, ils décident de tout laisser pour venir s'installer à Maurice. Sur les conseils d’un de leurs maîtres spirituels. « J'ai été grâciée, mais je devais aller partout où l'aide est nécessaire. Ma vie est faite de grâces. Ainsi, je la mets au service des autres. Je dois aider et entraider, avec les dons que j'ai depuis ma naissance. Je suis venue ici dans le but d'ouvrir un centre bénévole et offrir nos capacités gratuitement comme nous l'avons fait ailleurs », raconte la maman d'un petit Hugo de 4 ans.
Rencontrés à Flic-en-Flac
Ce dernier est né d’un précédent mariage de Caroline, qui a toutefois obtenu sa garde légale définitive : « Avant cela, je ne pouvais avoir d'enfant. Deux ans après mon expérience de mort imminente, j'ai eu la chance de mettre au monde un fils, le 15 août 2004, soit le jour de la fête de la Vierge, à 15h21 ».
Soulignons que le couple a aussi animé des stages de formation d'éveil à la spiritualité au Brésil, en France et au Canada. Un travail qu'il poursuit ici et à la Réunion, où Caroline exerce. À Radio Plus, les nouveaux mariés apportent leurs contributions bénévolement. « Nous n'avons rien. Nous louons une maison meublée et une voiture. Nous vivons du strict minimum. C’est pour cela que je travaille à la Réunion et Daniel, à Maurice. On ne fait pas fortune comme beaucoup pourraient le penser », dit-elle.
D'ailleurs, leur mariage a été possible grâce aux cadeaux que le couple a reçus : « Nous avons même pu nous offrir de vraies alliances à bon prix. Et nous souhaitons à beaucoup de personnes de faire un mariage d'amour. Quand on aime, ça mérite de se battre ».
Yeux bleus, chemise blanche immaculée, Daniel confie, avec son accent québécois, qu'il sortira l'année prochaine également un bouquin, intitulé L'Absolue. « Le livre parle de ma transformation et du lâcher-prise de l'être humain. Je veux faire comprendre qu'il suffit seulement de croire et qu'il est possible de passer à travers », dit-il de manière énergique.
Daniel St Jacques aide les personnes en difficulté de vie ou avec des pathologies lourdes. Caroline aussi intervient. Au mois de juin, elle a effectué un voyage en Inde où elle a reçu « la bénédiction » de Sai Baba. « Il m'a apporté beaucoup d'amour et de compassion. Il m'a regardée et j'ai senti toute son énergie sur moi », souligne-t-elle.
Destination l’Inde
L’Inde : un périple que les nouveaux mariés entreprendront ensemble l'année prochaine, à la découverte plus profonde de la philosophie hindouiste.