Pour le leader du MMM, il est clair que l'enquête, menée par Bert Cunningham et son équipe, dérange. « L'enquête révèle que de hautes personnalités, y compris des ministres, seraient impliquées dans de gros scandales de plusieurs millions de roupies sur l'importation illégale de whisky, de cigarettes... Il y aurait même un dossier solide sur une quarantaine de douaniers », a-t-il déclaré samedi, lors d’une conférence de presse.

C'est la raison pour laquelle, selon lui, le directeur des douanes était menacé et persécuté depuis un certain temps. Il déplore aussi que l'Icac ait été utilisée comme un outil politique dans cette affaire. Il dit aussi comprendre la crainte de Bert Cunningham à révéler quoi que ce soit : « Un consultant international qui dit qu’il ne veut quitter Maurice ‘frozen’. Cela en dit long. Et il n'y a aucune exagération de sa part ».

Paul Bérenger dit aussi avoir évoqué le départ forcé de Bert Cunningham avec Navin Ramgoolam, vendredi : « Il m'a assuré qu'il en parlerait à Rama Sithanen. Malheureusement, cela n'a rien donné ». Pour le leader du MMM, cette affaire, « qui est mauvaise pour l'image et la réputation du pays », n'est que le sommet de l'iceberg.

Commentant la démission de Rama Valayden, qu'il qualifie de « mauvais cirque », il soutient que « le clown n'est autre que Navin Ramgoolam ». En cédant, dit-il, c'est l'autorité de Navin Ramgoolam qui a pris un sale coup. « Il le paiera cher à l'avenir.
D'ailleurs, l'opinion publique le condamne autant que Rama Valayden », ajoute-t-il.

Pour le leader du MMM, il est encore temps pour le chef du gouvernement de revenir sur sa décision. Il annonce qu’il reviendra à la charge, mardi au Parlement, contre Rama Valayden. « Je présenterai un document écrit prouvant que l'Attorney General est intervenu dans un autre cas impliquant un récidiviste notoire », dit-il.

Visage fermé
Pour Paul Bérenger, il ne fait aucun doute que Rama Valayden est coupable. Il estime d’ailleurs que Navin Ramgoolam regrette déjà amèrement son geste. « Son visage fermé et la pseudo-défense de Rama Valayden au Parlement sont si éloquents », précise-t-il.

Le leader du MMM est revenu également sur le scandale Siddick Chady/Boskalis International : « L'Icac perd du temps sur cette enquête. Voilà que Siddick Chady a perdu son passeport ». Il conseille aussi à Richard Duval de répondre « dans son propre intérêt » aux questions qu'il avait posées au Parlement concernant Cindy Legallant.

Paul Bérenger souhaite que les deux projets de loi sur le travail soient débattus et votés après les vacances parlementaires. « Il n'y a rien d'urgent », avance-t-il. Il déplore aussi la « double menace de boycott » qui pèse sur les examens du CPE et du SC et critique « l’habituelle incompétence » de Dharam Gokhool. « Ce que réclament les syndicats n'est pas exagéré. On peut trouver un compromis. Le gouvernement doit trouver l'argent nécessaire pour débloquer sans plus tarder cette situation », dit-il.