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La petite entreprise de Monroe : redonner vie à vos vieux matelas usés
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By Jenilaine Moonean
Published on 10th August, 2008
 
Elle en avait marre de faire des heures supplémentaires pour pouvoir joindre les deux bouts. Monroe Sivance n'avait guère le temps de se consacrer à sa famille comme elle le souhaitait. Employée d'usine, elle décide un beau jour de tout plaquer pour lancer sa propre entreprise. Presque un an après, le bilan est globalement positif.
 

 
Elle fait un travail hors du commun. La petite entreprise de Monroe, S-Confort, à Baie-du-Tombeau, où habite cette dernière, est engagée dans la réparation de vieux matelas. En un seul jour, votre vieux matelas que vous pensiez n'être bon que pour la poubelle est remis en état par des mains expertes et vous est livré comme s'il était neuf. Ce petit bout de femme, avec toujours un sourire aux lèvres, nous raconte comment de l'usine, elle est passée aux affaires.

« Mon mari Francis a été employé dans une usine de matelas depuis plus de 35 ans. Un beau jour, il s'est dit pourquoi il ne commencerait pas sa propre petite entreprise. Alors il a soumis sa démission. Il s'est alors lancé dans la réparation de matelas et je l'ai suivi. J'ai réalisé qu'entre mon travail à l'usine et les corvées ménagères, je ne passais presque plus de temps avec ma famille. Je n'avais vraiment plus le temps pour mes deux fils et pour moi-même. D'ailleurs, même pour les travaux ménagers c'était limité », soutient-elle.

Le coeur du matelas
C'est sans regret qu'elle soumet aussi sa démission et rejoint son mari dans l'atelier. Les affaires débutent assez bien. Beaucoup de personnes étaient intriguées, ne sachant pas que les matelas pouvaient être remis en état. Elles ont alors fait appel aux services de Monroe et de Francis : « Les gens croient souvent qu'il ne leur reste plus qu'à jeter un matelas quand c'est endommagé. Mais non. Il peut être réparé et c'est encore plus facile quand les ressorts, qui sont le coeur du matelas, sont encore en bon état ».

Après la réparation des matelas, S-Confort passe à la vitesse supérieure et commence à fabriquer ses propres matelas. Avec l'achat de machines appropriées, la petite entreprise est sur les rails et se fait une bonne clientèle. Vous pouvez y trouver toute une variété de matelas. Orthopédique, semi-orthopédique ou ordinaire et c'est pareil pour la réparation de vos vieux matelas. Cette entreprise répare tout type de matelas.

C’est elle l’experte
Un an qu'elle s'est jointe à son mari et on dirait presque que c'est elle l'experte en réparation des matelas. Mais Monroe ne s'est pas contentée de suivre le pas de son mari. Elle a aussi voulu prendre des initiatives bien à elle et a commencé à faire des oreillers.

« Je me suis dit pourquoi ne pas aussi vendre des oreillers. J'ai alors défait un oreiller de bonne qualité pour voir comment il était fait et, à partir de là, j'ai acheté le matériel et j'ai commencé à faire des oreillers, tout en aidant mon mari », lance-t-elle.

Sa journée commence à 8 heures pour se terminer à 17 heures. Mais elle est beaucoup plus libre qu'avant et dans l'atelier qui sent bon l'éponge neuve, elle travaille sans stress et peut faire un saut à la maison quand elle le désire. Elle peut maintenant se consacrer à ses enfants et aux différentes tâches ménagères.

Agée de 48 ans et mère de deux enfants, dont un des fils lui refile un coup de main dans l'atelier, elle a voulu trouver une aide supplémentaire pour cette petite entreprise. Elle précise que le travail ne marche pas toujours aussi bien et que beaucoup de personnes ne sont pas au courant de l'existence de S-Confort. En entendant ses amies parler du Groupe l'Espoir Fam, affilié à la Fédération Créole Mauricien, elle décide de tenter sa chance.

« J'ai entendu dire que ce groupe de femmes a tout récemment organisé une foire et vient aussi en aide aux femmes qui veulent lancer leur petite entreprise. C'est ainsi que je me suis retrouvée à leur dernière réunion. En participant aux différentes foires, je pourrai ainsi faire connaître mes produits, car actuellement, pas grand monde ne nous connaît, seulement les personnes dans le coin. Et nous avons des commandes grâce à ces derniers qui en parlent aux autres. Mais je voudrais atteindre le maximum de gens », déclare-t-elle.

Sous son apparence de femme coquette se cache une travailleuse qui n'a pas peur de se consacrer corps et âme à son métier. Se retrouver couverte de poussière d'éponge, travailler avec ses mains, se piquer un doigt avec une aiguille, c'est le cadet de ses soucis.

Groupe l’Espoir Fam
Comme Monroe, elles sont plus d'une centaine à appartenir au Groupe L'Espoir Fam, dont Nadine Pierre, depuis l'existence du groupe, il y a deux ans, et Ruth Marimootoo, depuis trois mois. Nadine fait de la pâtisserie tandis que Ruth confectionne des vêtements. Grâce à l'aide de cette association bénévole ouverte aux femmes créoles, elles arrivent à faire marcher leur business. Comme Monroe, elles ont débuté moyennement, mais avec le temps ont pu se développer et se faire connaître de beaucoup de clients.

Elles se sont presque toutes lancées dans la petite entreprise pour les mêmes raisons. Epouses et mères, elles n'avaient plus le temps pour autre chose que le travail, qui ne rapporte pas toujours suffisamment. Elles ont souhaité se tenir sur leurs propres jambes tout en ayant plus de temps à se consacrer à elles-mêmes et se faire assez d'argent pour pouvoir subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles.

« Les femmes ont pris conscience qu'elles peuvent se faire de l'argent par elles-mêmes en travaillant pour leur propre compte. Beaucoup d'anciennes employées d'usine veulent mener un rythme de vie qui leur permettra de passer du temps avec leur famille tout en se faisant des sous et les femmes aux foyers aussi veulent pouvoir participer aux dépenses du foyer. Et la solution, c'est d'avoir sa propre petite entreprise. C'est une affaire qui rapporte », affirme Nadine qui en a fait l'expérience.

Avec les différentes aides de la part du ministère de la Femme, de la FCM et d'autres institutions comme le Trust Fund for the Social Integration of Vulnerable Groups, les femmes sont de plus en plus motivées à lancer leur propre entreprise. « L'usine! Plus jamais ça ! » n'hésitent pas à dire certaines.

Pour elles, c'est comme une sorte « d'esclavage » moderne. En plus, avec la fermeture de plusieurs usines, elle ne veulent pas prendre le risque de perdre leur emploi une deuxième fois en intégrant une nouvelle fois le même secteur. L'usine n'est plus la seule solution pour les femmes qui n'ont pas une éducation élevée. Elles peuvent être leur propre « boss » tout en gagnant elles-mêmes leur vie.

2e expo-vente
Après une première expo-vente le samedi 12 juillet, le Groupe l’Espoir Fam tient actuellement sa deuxième manifestation sur le parking de l’église de Ste-Croix. Ce dimanche c’est le dernier jour de cet évènement.