L’air est chaque jour un peu plus irrespirable à Vallée-des-Prêtres. Voilà plus de six mois que des problèmes d’odeur nauséabonde perdure dans cette localité résidentielle. Au banc des accusés : un propriétaire fantôme. Ce dernier est pointé du doigt pour les émanations malodorantes provoquées par son élevage de bovins, rue Paul et Virginie.
Lundi, un membre de l’une des vingt-cinq familles voisines importunées, a décidé de porter l’affaire sur la place publique. Intervenant lors de l’émission «Xplik ou K», Alain Dupré, un vigile d’une cinquantaine d’années et habitant de la localité a invité les autorités à sévir au plus vite contre le propriétaire. Mise au courant de la chose, même l’Opposition s’intéresse de près à cette situation. Joe Lesjongard, député du MSM, soutient avoir été informé du problème. Il soutient que l’étable est construite sur un terrain privé.
La députée Kalianee Jugroo abonde dans le même sens. L’élue de la majorité et représentante de la circonscription, a effectué une descente sur les lieux. Et suite aux nombreuses doléances des habitants, le département sanitaire est intervenu pour désinfecter la région. «L’étable se trouve dans une zone résidentielle. Il faut donc savoir si le propriétaire détient un permis d’élevage en bonne et due forme. Et qui le lui a donné ? L’autorité concernée doit maintenant assumer ses responsabilités. A mon avis, le propriétaire aurait dû installer un système d’aération plus efficace pour ne pas nuire à la santé des voisins», insiste la députée rouge. Lors de sa visite, Kalianee Jugroo était accompagnée des officiers de l’Agricultural Research & Extension Unit (AREU).
«Un rapport est attendu. Nous nous baserons sur les conclusions de ce rapport pour prendre la décision qui s’impose», déclare la députée. Cette semaine, elle rencontrera le propriétaire de l’étable pour décider de la marche à suivre. Elle n’écarte pas la possibilité d’une délocalisation de l’élevage. «J’ai demandé à ce qu’Alain Dupré m’accompagne sur les lieux pour un constat. Le propriétaire sera définitivement sanctionné s’il a transgressé la loi», promet la députée.
Pas la première fois
Ce n’est pas la première fois que des familles de Vallée-des-Prêtres dénoncent la persistance des odeurs nauséabondes dans leur localité. Malgré leurs nombreuses protestations, la situation n’a guère évolué. Le propriétaire poursuit de plus belle ses activités et la pollution de l’endroit persiste.
Début janvier, les voisins ont dénoncé auprès des autorités la présence de la vingtaine de bêtes dans l’étable. Le propriétaire, croient-ils, est engagé dans le commerce de grains secs. Il a ensuite fait construire une étable pour y nourrir une vingtaine de bêtes. Le petit hic, c’est qu’il déverse la bouse des bovins dans un canal situé à l’arrière de l’étable. Depuis, les habitants respirent un air nauséabond. Et ce n’est pas tout ! Les voisins sont aussi contraints de marcher dans les excréments. Sans compter tout le désordre que cela provoque avec la présence d’autres animaux. «Depuis six mois, nou la vie fine vine ène vrai cauchemar. Nou népli capave respire l’air frais», explique Alain Dupré.
Dans un souci de préserver les relations de bon voisinage, les habitants ont voulu exprimer leurs inquiétudes au propriétaire. Peine perdue. Les habitants se sont heurtés au refus catégorique de la part du vigile de l’étable. Le Défi-Plus en a fait l’amère expérience. Le gardien a carrément refusé de décliner l’identité de son patron. «Mo pas capave donne ou renseignement. Mo pas conne propriétaire la moi. Mo zis gardien ici», marmonnait-il.
Depuis l’intervention d’Alain Dupré sur les ondes de Radio Plus, le lord-maire Fritz Thomas a promis son aide. Lors de son intervention, le premier magistrat de la ville a soutenu que des démarches ont été enclenchées pour retracer le propriétaire.
Finalement, Kalianee Jugroo a pu rencontrer le propriétaire de l’étable, mardi. Celui-ci n’aura d’autre choix que de délocaliser son élevage en raison des inconvénients causés au voisinage. Le propriétaire attend donc d’avoir une réponse du ministère des Terres et du Logement pour savoir où il pourra s’installer. Affaire à suivre, donc !