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Il souffre de sinusite : «Les médecins de l’hôpital m’ont pris pour un toxico»
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By Radha Rengasamy
Published on 15th August, 2008
 
Promis, juré ! Ce jeune homme de 29 ans n’ira plus se faire soigner à l’hôpital, guéri de cette envie par sa récente mésaventure. Alors qu’il était torturé par d’insupportables migraines, il s’est vu examiner par trois médecins.
 

 
«Le délit de faciès existerait-il aussi à l’hôpital ? Chaque première question ki doctère pose moi, li demande moi si mo drogué. Or, ce n’est pas le cas. On ne peut me coller une telle étiquette en se basant sur ma seule apparence», s’insurge Huzaifa Beedasee.

Cela fait plus d’un an déjà depuis que ce Portlouisien de 29 ans souffre, régulièrement, d’atroces migraines. Il s’est rendu à l’hôpital Dr A.G. Jeetoo à plusieurs reprises sans que la cause exacte de ses maux de tête ne soit décelée.

Le lundi 4 août, il a connu une si mauvaise expérience de l’hôpital qu’il s’est promis de ne plus jamais y retourner. Humilié par le fait que les médecins lui ont demandé à plusieurs reprises s’il était toxicomane.

“Son” généraliste n’y est plus
Ce lundi-là, vers 20h05, il se rend pour la énième fois à l’hôpital avec ses maux de tête. Sa mère l’accompagne. Il patientera aux urgences quarante-cinq minutes durant avant d’être vu par un médecin. Ce dernier lui demande de quoi il souffre avant de recommander une prise de la tension artérielle. De retour à la salle de consultation, le Salesman constate que ‘son’ généraliste n’y est plus. Il attend encore quinze minutes avant d’être vu, cette fois, par une doctoresse. Nullement au courant du cas, elle lui demandera de quoi il souffre. Il répétera donc ses premières explications.

Puis, comme l’ont fait ses collègues avant elle, la doctoresse lui pose la question qui semble d’usage : «Mr Beedasee est-il toxicomane?» L’homme, interloqué, admet avoir fait un effort ‘surhumain’ pour ne pas s’emporter et l’insulter. Elle lui donne un calmant, sous forme d’injection, pour soigner la migraine. Après la piqûre, le patient confie à sa mère avoir sommeil. Un infirmier lui demande de se coucher sur un brancard se trouvant aux urgences. Durant son sommeil léger, il entend vaguement sa mère demander aux médecins de le soigner. Deux heures plus tard, il se réveille toujours avec des migraines. Au grand dam du patient, c’est un troisième médecin qui vient l’examiner et lui demander, une fois de plus, d’expliquer de quoi il souffre précisément !

Ne pouvant plus supporter qu’on lui repose sans cesse la même question insidieuse, sans que son problème soit étudié, il préfère quitter l’hôpital sans se faire soigner. Le lendemain, il souffrait tant de la tête qu’il n’a pu se lever du lit.

Un jour plus tard, il part consulter un médecin du privé qui lui donnera un premier diagnostic de son cas : ses migraines sont dues à une sinusite prononcée. Pour la consultation et les médi­caments, le patient a déboursé Rs 1 500. Sans compter que le praticien lui a recommandé diverses analyses.

«Se voir coller l’étiquette de toxicomane était déjà pénible, mais avoir à répéter la même explication à trois reprises avec mes accès de migraine, c’était vraiment trop ! », s’indigne le patient. Ce dernier vient d’inviter le ministère de la Santé à enquêter sur le fonctionnement des urgences de l’hôpital Dr A. G. Jeetoo, notamment les urgences de nuit. Il a aussi consigné une déposition au poste de police de l’hôpital, mardi, pour négligence médicale.