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Abdool Satar Hamuth
Il se sent rejeté. Recherché en Angleterre où il est accusé d’avoir falsifié la signature d’un patient anglais pour encaisser quatre chèques d’un montant de Rs 4,3 millions, le Mauricien Abdool Satar Hamuth estime qu’il est traité comme un étranger dans son propre pays. Il déplore qu’on lui ait refusé la liberté conditionnelle en attendant que son appel contestant son extradition en Angleterre soit entendu le mois prochain.

Cela fait un mois qu’Abdool Satar Hamuth, 64 ans, est détenu au centre de détention de Moka. Mardi, ses avocats ont formulé une énième demande de liberté conditionnelle. Laquelle a été rejetée. Ses proches ne comprennent pas cette décision. D’autant que la Commission nationale des droits de l’homme, dans une correspondance en date du 30 juillet, a recommandé que le suspect soit libéré sous caution.

Bibi Afroze Hamuth, l’épouse d’Abdool Satar Hamuth, est irritée. Cette habitante de Pailles estime que son époux est victime d’une politique de deux poids, deux mesures. Elle déplore que la police refuse à son mari, qui souffre de douleurs atroces à la colonne vertébrale depuis trois ans, d’être admis dans une clinique comme cela a été le cas pour Cindy Legallant, accusée d’avoir importé 21 577 comprimés de Subutex.

«Depuis sa détention à Moka, le 10 juillet, il ne cesse de se plaindre de ses problèmes de santé. À chaque fois, il a été conduit à
l’hôpital. Vu que son état ne s’améliore pas, il souhaite obtenir un meilleur traitement dans une clinique. Mais la police refuse. Pourtant, mon mari n’est pas un trafiquant de drogue et encore moins un assassin. Dans le passé, des suspects ont obtenu l’autorisation d’être admis en clinique», indique Bibi Afroze Hamuth. Elle soutient que son époux n’est pas un escroc, mais qu’il a été plutôt victime de sa générosité.

«Il n’y a aucune preuve contre mon mari. On a fait des allégations qui restent à être prouvées. Mon époux est victime de la générosité d’un gentleman anglais, Allen Roberts, qui aimait l’île Maurice pour l’avoir visitée dans le passé », explique-t-elle.

Abdool Satar Hamuth, un ancien enseignant, s’est reconverti en infirmier. De 2000 à 2004, il a travaillé dans un hospice à Londres. C’est là-bas qu’il a fait la connaissance du patient anglais Allen Roberts, un septuagénaire. À la mort de ce dernier, ses proches ont découvert que son argent en banque a été détourné. Ils soupçonnent Abdool Satar Hamuth d’avoir falsifié la signature d’Allen Roberts pour encaisser quatre chèques d’un montant de 78 000 livres, soit Rs 4,3 millions. Dès lors, les autorités britanniques ont réclamé l’extradition du Mauricien pour qu’il soit jugé en Angleterre.

La Cour de Port-Louis a émis un ordre d’extradition contre Abdool Satar Hamuth, mais il a fait appel. Il est défendu par Me Yousuf Mohamed, Senior Coun­sel, Me Raouf Gulbul et Me Sanjeev Teeluckdharry.