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Enseignement secondaire : les enseignants brandissent la menace de grève
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By Annick Daniella Rivet
Published on 15th August, 2008
 
Comme un seul homme, les enseignants de l’état et du privé menacent de faire grève le 26 août. Ils protestent contre les changements dans leur horaire de travail.
 

 
Les enseignants du secondaire doivent s’adapter aux nouveaux règlements. La rentrée du troisième trimestre est marquée par leur grande colère. La raison ? Une circulaire du ministère de l’éducation qui rallonge, à leur insu, leur journée de travail. Depuis lundi, les cours pour les élèves s’arrêtent à 14h20/14h25, alors que les enseignants restent à leur poste jusqu’à 15 heures. Ils sont d’accord pour travailler jusqu’à cette heure à condition que les élèves restent en classe avec eux. Dans un communiqué émis mercredi dernier, il est stipulé que « l’heure de la rentrée dans les institutions secondaires reste inchangée jusqu’à la fin du troisième trimestre ». Les enseignants déplorent que dans certains collèges, ils n’ont plus le droit de sortir pendant les « périodes libres » et ne sont, ainsi, plus libres de leurs mouvements.

A Beau-Bassin, dans un collège privé, cette situation a suscité l’hilarité générale chez les élèves. « Qui arrivé, professeur en pinition... ? » Ridiculisés, les enseignants ont du mal à cacher leur colère.

Cinq organisations syndicales d’ensei­gnants du privé et de l’État sont montées au créneau. Ainsi, l’UPSEE, la GSSTU, la Education Officers Union, la SPSTU et la MGI Employees Union expliquent qu’il n’est pas question de se laisser marcher sur les pieds. L’Union of Private Secondary Employees Education  lance un ultimatum au ministre de l’Éducation. « Si jusqu’au 22 de ce mois, il ne retire pas cette circulaire, nous maintiendrons notre mot d’ordre de grève dans tous les établissements pour le mardi 26 août. Les enseignants sont invités à une assemblée générale le 23 courant à 13 heures au collège Patten, à Rose-Hill, puis ils se dirigeront vers le Plaza. » Ils menacent également de brûler la circulaire devant l’IVTB House ou devant l’Assemblée nationale durant les travaux parlemen­taires.

Si le gouvernement ne revient pas sur sa décision, ajoute Yahya Paraouty, le président de l’UPSEE, il demandera à ses membres d’organiser une désobéissance civile. Il s’élève aussi contre la présence de Bijaye Kumar Appanah à la direction du directeur du PRB. Ce dernier, affirme Yahya Paraouty, ne peut pas gérer les «errors and ommissions» soumises et qu’il faudrait une personne indépendante à la tête du PRB. Suren Dayal, député du Parti Travailliste et porte-parole des enseignants du MGI, s’est lui aussi joint aux protestataires. Mardi prochain, au Parlement, il compte demander au ministre Gokhool si une étude a été commanditée avant la mise en oeuvre d’une telle décision.

Dans une correspondance au ministre de l’Éducation, Lysie Ribot fait ressortir qu’elle ne conteste pas la sortie de l’école à 15 heures. La présidente de la Secondary and Preparatory School Teachers and Other Staff Union met en exergue la flexibilité des Timetables des différents collèges qui permet d’organiser diverses activités. Or, dit-elle, le nouvel emploi du temps ne le permet pas. « Les horaires permettent aux enseignants d’utiliser librement et intelligemment leurs périodes libres sans pour autant déranger le bon déroulement des classes », écrit-elle. Elle soutient aussi que les réalités sont différentes dans le privé et les directives ne peuvent s’appliquer à ce secteur. Les autres syndicats ont obtenu son accord pour envisager toute démarche légale. Cette décision est conforme avec la position du Bureau de l’Éducation Catholique qui rejette catégoriquement la circulaire.

En attendant le PRB
Naraindranath Gopee ne l’entend de cette oreille. Ce syndicaliste demande au ministère de l’Éducation de retirer la circulaire en attendant que le Pay Research Bureau étudie les «errors and ommissions» déjà soumises. Il demande le maintien du Movement Book parce qu’il n’y a jamais eu d’abus. Au contraire, ce registre aide les recteurs à mieux gérer leurs collèges. Il demande à tous ses membres d’être présents à son assemblée générale le samedi 3 août au collège Raman Osman, à Phoenix.

Mercredi dernier, lors d’une assemblée générale spéciale, Harold Chan Lam, vice-président de la Fédération des managers des collèges privés, a condamné le ton employé pour leur dicter comment ils doivent gérer leurs établissements. «Nous sommes des partenaires, et le ministère aurait dû nous inviter pour discuter de l’Éducation et non nous imposer ses décisions ... »

Ces managers rejettent aussi l’imposi­tion de huit matières à partir de la Form IV. En raison des spécificités propres à chaque collège, il n’est pas question d’imposer un Timetable général.  « Nous avons dans nos collèges des élèves de différents niveaux. Il nous faut répondre à chacun de leurs besoins. Le ministère doit nous donner la liberté de faire notre Timetable comme nous en avons l’habitude. Prenons le cas des collèges musulmans, ils finissent à 12h30, les vendredis. C’est autour d’une table qu’il faut trouver des solutions pour l’Éducation. » Les managers expliquent qu’il sera impossible de demander aux élèves d’un niveau moyen de concourir en huit matières pour le School Certificate. Ils feront connaître leurs griefs dans une correspondance au ministère de l’Éducation.