6h10, jeudi. Le courrier d’Air Mauritius Mk 045 atterrit à l’aéroport SSR de Plaisance. A son bord, trois Mauriciens qui étudiaient en Géorgie. Ils sont de retour après avoir fui les affrontements. «Nous sommes contents de rentrer, mais nous pensons avec tristesse à nos amis que nous avons laissés là-bas.»
Yogesh Bundhun, Ritesh Gujadhur et Vanesha Uppeegadoo ont posé pied à Maurice jeudi matin. Fini l’angoisse des balles qui sifflent et des bombes qui tombent. Ils profiteront désormais du réconfort de la famille.
Tous trois sont étudiants en médecine. Ils poursuivaient leurs rêves à la Tbilisi State Medical University, dans la capitale de la Géorgie. Une République du Caucase qui prit son indépendance de l’Union soviétique, dans les années 1991. Depuis, les relations se sont tendues entre les deux anciennes Républiques sœurs. Jusqu’au conflit armé qui a éclaté, vendredi dernier, en Ossétie du Sud, région rebelle de la Géorgie. Les Ossètes ont appelé les Russes à leur secours et depuis Russes et Géorgiens se battent. Les affrontements sont violents, la population civile prise en tenaille.
«De la fenêtre de mon appartement, je voyais les combats. Les avions qui lançaient les bombes, les routes étaient fermées, les boutiques closes», raconte Ritesh. «Il nous fallait fuir, c’était devenu trop dangereux ! Nous avons pris la bonne décision de rentrer. Maintenant, il nous faut analyser la situation à tête reposée.» Yogesh, lui, remercie les autorités mauriciennes pour leur prompt rapatriement. «Je suis fier d’être Mauricien, lorsque je constate la vitesse avec laquelle les choses ont été faites.»
Vanesha, en troisième année, se dit triste pour ses amis qu’elle a laissés là-bas. «Je suis heureuse d’être rentrée à la maison, mais je pense aux amis indiens bloqués sur place. Le gouvernement indien n’a rien fait pour eux. Dommage !» Ils sont aussi très épuisés par le long voyage. Tous racontent avoir eu très peur pour leur sécurité en raison de ce conflit. Certes, un cessez-le-feu est entré en vigueur, mardi, mais les tensions demeurent et il y a des soldats armés partout. La population civile fuit les zones de combat.
Les parents sont évidemment heureux de serrer leurs enfants dans leurs bras, jeudi. Narrotum Bundhun, cependant, est un peu amer. «Certes, les autorités ont vite réagi. Il est triste toutefois que nous ayons à encourir les frais du rapatriement. C’est une dépense additionnelle pour nos familles. Je pense que c’est au gouvernement de payer en raison de la guerre.» Il ajoute que les parents ont signé des documents par lesquels ils s’engagent à rembourser les billets d’avion. «Le gouvernement de Trinité-et-Tobago a payé le rapatriement de ses ressortissants. Nous souhaitons que Maurice fasse de même. Sinon il nous faut casquer Rs 30 000 pour ce retour et pour le billet fin septembre...»
Rajen Gujadhur, père de Ritesh, lui adressera une lettre de remerciements aux départements gouvernementaux qui ont aidé au rapatriement des étudiants.