Dans le domaine de l’escroquerie, les moyens les plus simples sont souvent les plus efficaces. La Police des Jeux est actuellement sur les traces d’un escroc, dont la méthode est d’une simplicité déroutante. Mais d’une efficacité redoutable. On pourrait presque l’appeler l’escroc au portable.
Car, c’est par textos, et non par des appels téléphoniques qu’il prend soin d’éviter, qu’il réalise ses coups. Disant être un jockey connu, il envoie un message à plusieurs personnes, surtout des turfistes. Il leur promet, contre une somme d’argent, un «tuyau sûr» lors de la prochaine journée hippique. Un rendez-vous est alors pris.
À l’endroit indiqué, c’est son représentant qui se pointe. Il empoche l’argent, donne le «tuyau» et disparaît dans la nature. Évidemment, le turfiste cupide se fait avoir et lorsqu’il appelle le numéro à partir duquel il a obtenu le message, celui-ci n’est plus valide.
Ce procédé sent l’arnaque, direz-vous ? Ben, figurez-vous que notre escroc a roulé des propriétaires de chevaux, des propriétaires d’écuries et même des palefreniers dans la farine. D’ailleurs, vers 20 h 40, le 14 juin dernier, se faisant passer pour un jockey mauricien, il a arnaqué le propriétaire d’un cheval. Il lui a dit de miser sur trois coursiers, qu’il va monter lui-même.
L’escroc, culotté, a même invité le propriétaire, membre très influent au Mauritius Turf Club, à venir prendre un pot en sa compagnie après la journée des courses. Un mois plus tôt, c’est un habitant de Triolet qui était sa victime. Il s’est présenté à lui comme un employé du Casino du Caudan.
Prétendant pouvoir trafiquer une machine à sous, il l’a invité à venir jouer un samedi. Après quoi, ils allaient se partager le butin. Sentant l’arnaque, l’habitant de Triolet ne s’est pas prêté au jeu. Mais, l’escroc a récidivé. Il lui a expédié deux textos, prétendant cette fois-ci être le propriétaire d’une écurie, disant qu’il avait «deux joli mangé» lors de la prochaine journée des courses. La police pense que cet homme est le même qui avait escroqué des fonctionnaires dans le passé. «Nous avons affaire à un coriace. Mais il sera très prochainement mis hors d’état de nuire», souligne un enquêteur.
Nous avons appelé les numéros de portable qu’il utilise, toutefois ceux-ci ne sont plus attribués. Un des jockeys mauriciens, dont l’identité est souvent usurpée, affirme qu’il est embarrassé par cette affaire.