En vogue depuis quelque temps, les danses indiennes commencent à prendre une ampleur sans précédent. Et vous êtes dans l’erreur si, lorsqu’on parle de danses indiennes, vous pensez aux numéros des films de Bollywood. Car, en aucune façon, la Bollywood Dance, du très “sexy” Hrithik Roshan et de ses compères, ne peut être comparée aux danses traditionnelles, dont le Bharat Natyam ou le Kathak. Au-delà des chorégraphies, la danse indienne, c’est tout un art.
Comment définir la danse, surtout indienne ? La définition que propose la chorégraphe Lovely Mathuvirin est assez intéressante. « La danse, c’est principalement communiquer ses sentiments et ses émotions au public. Les spectateurs, qui arrivent à capter la beauté du geste et la précision du mime, sont envoûtés », explique-t-elle.
Si le Bharat Natyam est originaire du Sud de l’Inde, le Kathak est, quant à lui, directement inspiré de l'Inde profonde. Beaucoup plus que de simples danses, elles évoquent tout un univers poétique et artistique. Leur originalité provient des chorégraphies qui valorisent les traditions indiennes tout en mettant l'accent sur la grâce, le dynamisme et la sensualité.
La technique du Kathak demande un langage chorégraphique extrêmement développé. C’est le travail des pieds qui frappe le plus dans cet art, ainsi que les pirouettes du Bharat Natyam - qui s’achèvent avec des poses figées, telles de véritables statues indiennes. La précision des « mudra » (gestes des mains) et les positions du corps sont essentielles. La symbiose des percussions, du tabla et du chant, la mélodie de la cithare et l’harmonium constituent presque un dialogue entre les danseurs et les musiciens.
« Hommage aux divinités »«Le Kathak est un peu un hommage rendu aux divinités...», poursuit notre chorégraphe. Quand elle nous parle de sa passion, c’est toute l’être de Lovely qui s’illumine. «La danse, je l’ai dans l’âme », avoue-t-elle. Lorsqu’elle foule la scène du légendaire théâtre du Plazza, à l’âge de cinq ans, Lovely savait d’ores et déjà qu’elle était faite pour le Kathak.
Après plus de 13 années passées au sein de la Art Academy, du tandem Anna Patten/Sandeep Bhimjee, Lovely enseigne aujourd’hui le Khatak et les danses folkloriques aux jeunes. Rien de plus normal, diriez-vous. Cependant cela est plus facile à dire qu’à faire. Car il s’avère tout de même qu’il est extrêmement difficile de vivre de son art à Maurice. Naturellement, elle a eu à faire le tour du monde pour partager sa passion.
Et quand Lovely se lance dans la création d’une chorégraphie, rien ne l’arrête. Tout l'inspire. Elle tisse sa chorégraphie et ponctue avec grâce et sensualité son interprétation. Fascinée par la perfection, cette jeune femme de 26 ans avoue qu'elle est très méticuleuse dans son travail. « Mise à part la synchronisation de la chorégraphie, il faut que tout soit en harmonie. De la tenue de scène (généralement une longue jupe très colorée et un bustier serré, le « kanchuli »), en passant par le maquillage ou encore les accessoires de scène, tels que le ghunghuru (les grelots attachés aux pieds)», précise-t-elle. Une maîtrise parfaite est donc impérative car les grelots doivent suivre le rythme de la musique.
Depuis maintenant deux ans, Lovely Mathuvirin caresse le rêve de lancer sa carrière en solo. Et ce, malgré le fait qu’il y a encore et toujours des préjugés vis-à-vis des danseuses à Maurice. Mais ce n’est pas certains préjugés qui empêcheront ce petit bout de femme au caractère trempé dans de l’acier de poursuivre sa carrière en tant que danseuse de kathak. « Je n’ai jamais baissé les bras. Même lorsque je me perfectionnais dans la danse tout en faisant mes études au collège Patten», précise-t-elle tout en remerciant ses proches pour leur soutien.
« L’important, c’est la base technique »Le principal, dit-elle, c’est d’être en harmonie avec soi-même et de se donner à fond dans ce qu’on fait. Si beaucoup pensent aujourd’hui au strass et paillettes de Bollywood ou de Hollywood, notre petite danseuse a choisi de rester dans un registre beaucoup plus traditionnel. Quoi qu’elle reste ouverte à tout autre type de danse. «J’ai acquis une grande ouverture d’esprit grâce à la danse. Aujourd’hui l’important, c’est d’avoir une base technique et ensuite créer quelque chose de nouveau et non pas copier les autres», souligne cette habitante de Rose-Hill.
D’ailleurs, cette mordue du Kathak projette de lancer très prochainement son école de danse ainsi qu’une association regroupant des danseurs amateurs et professionnels. La jeune femme compte encore se perfectionner. Car, selon ses propres mots, un danseur, qu’il soit pro ou amateur, a toujours quelque chose à apprendre. Et ce, même s’il excelle dans son domaine. Car, comme dit l’adage, on apprend à tout âge !
Où apprendre le Bharat Natyam et le Khatak ?Il y a, à Maurice, plusieurs écoles de danse qui proposent des cours de danses traditionnelles indiennes. Parmi celles qui sont des références, le MGI à Moka. Cet établissement propose des cours, que ce soit pour le Kathak ou le Bharat Natyam, jusqu’à un niveau poussé. Ensuite, comment ne pas citer la Art Academy, pouponnière de pas mal d’artistes de talent? Les cours dispensés par Sandeep Bhimjee et Anna Patten sont aussi reconnus pour être d’un très bon niveau. Enfin, il y a Lovely Mathuvirin, qui lance ses cours à l’Executive Fitness Centre de Rose Hill.