Ces deux jeunes de 16 ans sont étudiants en Lower Six du collège St Esprit. Ils ont été choisis par leur collège pour défendre la cause des réfugiés lors de la conférence des Model United Nations, organisée chaque année par le ministère de l’Education. Avant d’y participer, ils n’avaient presque aucune idée des conditions de vie des réfugiés dans le monde. Leurs recherches vont leur permettre de beaucoup apprendre à ce sujet. Des réalités qui vont beaucoup les frapper, voire les bouleverser. Eux qui vivent dans le confort, ils n’avaient aucune idée de la souffrance des réfugiés. Désormais, leur conception de la vie a changé.

Internet a été la source principale de leurs recherches. Leur  constat : les réfugiés sont privés des besoins les plus élémentaires comme la nourriture, l’eau, un toit et les vêtements. De par leurs conditions de vie, ils sont victimes de plusieurs maladies infectieuses, dont la malaria. Aussi, ils n’ont pas accès à l’éducation et sont même souvent victimes d’abus sexuels. « Certaines images de ces réfugiés nous ont beaucoup frappés. Par exemple, celles des enfants affamés qui sont devenus squelettiques. C’est révoltant, surtout quand vous pensez que ce sont des têtes brûlées qui sont responsables du sort de ces enfants. Car ce sont des conflits et la guerre qui ont poussé ces gens-là à chercher refuge ailleurs », commentent nos jeunes pseudo diplomates.

Une chose que nous occultons très souvent : la condition psychologique de ces réfugiés. Le fait d’avoir dû quitter leur pays  et de vivre toutes sortes d’atrocités dans les pays d’asile les rend très vulnérables, soulignent nos interlocuteurs. Ils précisent que la plupart de ces réfugiés
sont très dépressifs. Mais, malheureusement, ils ne bénéficient d’aucun soutien psychologique. Le représentant de l’Afghanistan et celui des Etats-Unis ne se sont bien sûr pas contentés de constater le sort des réfugiés. Comme c’est le cas pour les conférences de l’ONU, nos diplomates ont dû aussi faire voter des résolutions pour améliorer le sort des réfugiés. Parmi, celle de prendre les mesures nécessaires pour améliorer leurs conditions de vie dans leurs pays d’asile.

En tout cas, Salman et Guillaume gardent un très bon souvenir de leur participation à la conférence des Model United Nations. Cela leur a permis de vaincre leur timidité et d’améliorer leur capacité d’élocution. De plus, ils se sont fait beaucoup d’amis, sans aucune barrière entre les élèves des villes et ceux des villages… Aussi, ils affirment avoir beaucoup gagné en maturité. « Nous réfléchissons désormais davantage en tant qu’adultes. Par exemple, nous nous rendons compte que nous avons de la chance de vivre dans le confort absolu, contrairement à beaucoup de jeunes à travers le monde qui sont même privés de nourriture », font-il ressortir. Une chose est certaine pour nos sympathiques diplomates : leur regard sur la vie a complètement changé.

Des participants enthousiastes
Ils sont au nombre de 150, issus de divers collèges, les étudiants à avoir participé aux Model United Nations, cette année, en tant que délégués de plusieurs pays. Ils ont dû défendre des causes spécifiques devant une assistance de plus de 800 personnes. C’est un ancien participant à la MUN, un ex-délégué des Etats-Unis, qui a agi comme Secrétaire général de l’ONU. Douze étudiants ont été récompensés en tant que meilleurs délégués.