Navin Ramgoolam a tenu bon malgré l’insistance de Paul Bérenger. Ce dernier a réitéré à plusieurs reprises sa demande pour l’institution d’une commission d’enquête, présidée par deux anciens juges de la Cour suprême, sur les allégations de Bert Cunningham concernant l’existence supposée d’une « mafia institutionnalisée » dans le pays.

Le Premier ministre a donné plusieurs raisons pour expliquer qu’une Commission d’enquête n’est pas appropriée. Il a, d’abord, souligné qu’il y a déjà la Commission anticorruption (Icac) pour enquêter sur les allégations de corruption.  D’ailleurs, a-t-il ajouté, cet organisme enquête actuellement sur plusieurs personnes proches de son gouvernement.

Démarrer une nouvelle enquête
Une deuxième raison est que la commission d’enquête serait « un gaspillage des fonds publics ». D’autant que, selon lui, le gouvernement dépense en moyenne Rs 100 millions annuellement pour permettre à l’Icac de mener ses enquêtes. Sans oublier que les enquêteurs de la Commission anti-corruption jouissent d’une immunité « for good faith acts done by them ». Ce qui fait qu’ils n’ont pas à craindre les conséquences résultant de leurs enquêtes.

Le Premier ministre a aussi précisé que les dépositions faites devant une commission d’enquête ne sont pas admissibles en Cour. Tandis que celles faites devant l’Icac le sont. De plus, a-t-il souligné, aucune action disciplinaire ou des poursuites peuvent être entamées contre une personne à la lumière d’une commission d’enquête. «L’Icac ou la police aura à démarrer une nouvelle investigation », a-t-il affirmé en ajoutant que les conclusions d’une commission d’enquête peuvent être contestées devant une Cour de justice. « I myself did that », a-t-il rappelé.

Pour le Premier ministre, l’Icac a davantage de pouvoirs qu’une commission d’enquête. Ses enquêteurs, a-t-il souligné, peuvent
avoir accès à divers documents, faire appel à des témoins et autres suspects. « Ce qu’une commission d’enquête ne peut faire », a-t-il déclaré.

Navin Ramgoolam a aussi rappelé que toute personne peut loger une «private prosecution» si elle n’est pas satisfaite d’une décision du DPP. « He may also do so even where there has not been any decision on the DPP’s part. There is no need for a commission of inquiry before. It might not even be constitutional to have a commission of inquiry on the DPP  himself », a-t-il indiqué.

Le Premier ministre a soutenu que, selon la constitution, le DPP n’est redevable qu’envers la Cour suprême. Il a, à ce moment-là, informé la Chambre que le DPP a logé une plainte pour diffamation au criminel contre Bert Cunningham à la suite des allégations de corruption parmi son personnel. «L’ancien directeur des douanes aura la possibilité de prouver ses dires devant une Cour de justice », a-t-il ajouté. Puis, il a révélé que, dans l’intérêt public, il va référer à l’Icac tous les cas que Bert Cunningham a évoqués lors de leur rencontre.

Pas de preuves
Auparavant, le chef du gouvernement a soutenu que les allégations de Bert Cunningham, concernant l’existence d’une mafia institutionnalisée à Maurice, « sont sans fondement et préjudiciables pour l’image du pays ».

Il a expliqué que le départ de Bert Cunningham est davantage lié au « gross and repeated insubordination and serious misconduct » et à « son incapacité à s’adapter aux structures mises en place au sein de la Mauritius Revenue Authority ».

Navin Ramgoolam a aussi fait état du « manque de respect » de l’ancien directeur des douanes envers les institutions publiques et « sa réticence à se plier aux ordres de la Cour et des provisions de la MRA Act ». Il avance que ce départ n’a «rien à voir avec l’importation d’un téléviseur, ni les allégations de fraude et de corruption ».

Le chef du gouvernement a aussi rappelé que le ministre des Finances et lui ont « soutenu » Bert Cunningham « malgré d’intenses pressions qu’ils ont subies ».