Heureusement que le ridicule ne tue pas ! Michael Wilson, 26 ans, a été arrêté, le mois dernier, par la police, sous de fortes présomptions d’être un terroriste. Le Mauricien est étudiant à l’Université de Rhodes Island sur la côte Est des Etats-Unis.

Avec un groupe d’amis, le jeune homme filmait un quartier chic de la ville de Providence, dans le cadre d’un projet d’études. Mal lui en a pris, les habitants, paniqués, ont informé la police de la présence de « terroristes en repérage», notamment en raison de leurs va-et-vient incessants à Camp Street, à Mount Hope, caméscope au poing.

Le 29 juin, après avoir écrit un script pour un documentaire acide sur la télé-réalité, Michael Wilson monte à bord d’un véhicule aux vitres teintées. Il filme l’acteur Zachary Ducharme, 24 ans, installé au volant. A l’arrière, Maye Osborne, 24 ans, une amie de classe, agit comme réalisatrice de la vidéo.

Tout au long de leurs déplacements sur Camp Street, Ducharme parle à la caméra. Intrigués par la présence de cet 4x4, et de ces mouvements inhabituels, les habitants réagissent aussitôt. Pas de doute dans leur esprit, il s’agit de terroristes prenant leur quartier en photo avant de perpétrer un attentat.

Bien que les étudiants aient décliné leurs identités aux policiers avertis par les résidents de l’endroit, le trio est embarqué au poste et leurs vidéos saisies. Maye Osborne n’a pas
trop compris pourquoi ni pour quelle raison des terroristes s’en prendraient à des habitations de Camp Street. « They were really yelling at us and threatening to take the video equipment », relate Maye Osborne au Providence Journal. D’autant plus que leur documentaire est axé sur une télé-réalité où les participants pensent s’installer dans un palace mais se retrouvent dans un appartement miteux.

L’objectif de nos étudiants était de participer à des festivals de films régionaux et de proposer leur vidéo aux circuits de télévision. Traduit en Cour, l’acteur est accusé de conduite sans permis et d’avoir été au volant d’un véhicule dont la plaque d’immatri-culation arrière était recouverte par un drapeau américain…

Le juge a rayé ces deux accusations mais les vidéos n’ont pas été rendues à nos réalisateurs amateurs. A jeudi, le lieutenant David Schiavulli, comman-dant de police, expliquait qu’il n’était pas au courant de l’excès de zèle de ses subordonnés. Il compte bien rendre au Mauricien ses vidéos, ce dernier ayant invoqué le premier amendement de la Constitution US qui garantit la liberté d’expression.

Vendredi, Michael Wilson et Maye Osborne devaient récupérer leurs vidéos. A Kingston, où il se trouve, Michael Wilson est injoignable. « La communication est mauvaise », explique au Défi-Plus Greg Smith, le journaliste qui a suivi cette affaire. « Moi-même, je n’arrive pas à le contacter », explique Zachary Ducharme.