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Anneau valvulaire d’un spécialiste étranger : des patients mauriciens utilisés comme cobayes ?
- By Le Défi Plus
- Published 30th August, 2008
- Category: Dessous
- Views: 368
- Unrated
En 2004, un professeur étranger, spécialisé en chirurgie cardiaque, a utilisé un anneau valvulaire, sur pas moins de sept patients. Or, ce n’est qu’en mars 2005 que cet anneau valvulaire a reçu la certification CE. Ce brevet permet donc à la firme européenne qui l’a conçu de le commercialiser en Europe et dans les pays qui reconnaissent la certification européenne.
Cet anneau sert à resserrer la valve dans certains cas de rhumatisme cardiaque. Il faut savoir que cet anneau est différent des autres disponibles. Il est de fabrication biologique. Ainsi, il n’a pas à être remplacé dans le corps des enfants à mesure qu’ils grandissent.
Au moyen de sa nature biologique, il ne provoque pas d’infection chez les patients. Durant l’opération, l’anneau est implanté dans les tissus endomyocardiaques. Après quelques semaines, il se dégrade et le corps crée, par réaction, une cicatrice qui remplacera l’anneau.
À la base de ces informations, une question s’impose. L’utilisation de cet anneau a-t-elle fait partie d’une phase expérimentale, voire d’essais cliniques ? À ce stade, il est difficile d’avoir une réponse claire et nette.
D’abord, selon nos renseignements, en 2004, l’utilisation de cet anneau à Maurice a fait l’objet de discussions animées au sein d’un comité technique à l’Université de Maurice. Pouvait-on utiliser cet anneau sur des patients mauriciens alors qu’il n’avait pas encore reçu la certification européenne ? C’est la question sur laquelle les scientifiques mauriciens devaient se prononcer !
« Comme cobayes »
Plusieurs membres du comité scientifique se sont farouchement opposés à l’utilisation de cet instrument. L’un d’eux avait même lancé : « Va-t-on permettre qu’on utilise nos patients (mauriciens) comme cobayes ? » Cette remarque n’avait pas pesé lourd dans la balance. La majorité des membres avaient opté pour l’utilisation de cet anneau.
Cependant, dans une déclaration au Défi-Plus, ce professeur étranger dément catégoriquement avoir utilisé des patients mauriciens comme cobayes. « Vous insinuez que nous avons considéré les enfants mauriciens comme des cobayes… L’expérimentation se fait sur des animaux, pas sur des humains ! » indique-t-il.
Pour rassurer, le professeur précise que, malgré l’analyse faite par une firme spécialisée, « nous avons également testé le comportement sur la biodégradabilité de l’anneau par une institution française neutre sur un modèle de porc en 2003 ».
Mais, d’autres questions s’imposent. Le ministère de la Santé était-il au courant de toute l’affaire ? Si oui, avait-il donné son aval ? Enfin, était-il prudent de permettre le recours à cet anneau pour ces enfants alors que celui-ci n’était pas encore breveté ? Notre demande d’éclaircissement est restée lettre morte auprès du ministère de la Santé. Selon nos recoupements, une demande officielle a été faite au professeur pour des explications.
Mais, dans sa déclaration au Défi-Plus, le professeur soutient que cet anneau a été utilisé avec non seulement l’autorisation du Centre cardiaque de Maurice, mais aussi le consentement des parents des enfants opérés. « L’utilisation de ce biomatériau en fil converti chez les enfants mauriciens a été faite selon les règles de l’art et sous l’approbation du Centre avec information et consentement des familles. Le Centre cardiaque ainsi que le ministère vous le confirmeront », explique-t-il.
«Réparer
la valve»
Mais, le professeur se trompe. D’abord, le ministère n’a pas confirmé ses dires. Pis, une demande lui a été faite officiellement pour des explications. Ensuite, les parents de deux des sept patients soutiennent qu’ils n’ont jamais été informés de l’utilisation d’un nouvel anneau valvulaire. « Nous n’étions au courant que d’une seule chose. C’était que la valve allait être réparée», disent-ils.
Le Défi-Plus a tenu à informer le professeur des complications dont souffrent deux patients. Dans le cas du premier, il affirme qu’on ne peut pas attribuer la récidive de la maladie valvulaire d’un enfant, 4 ans après, à une mauvaise intervention et en particulier à l’utilisation de ce biomatériau. Il précise toutefois qu’il demandera à un médecin du Centre cardiaque de l’examiner.
Le professeur explique aussi que, chez les enfants qui ont une insuffisance mitrale rhumatismale, malgré un bon résultat de la réparation initiale, la maladie rhumatismale est évolutive dans 25 % des cas à moyen terme. Ce qui constitue un facteur de récidive de leur insuffisance mitrale. «La réparation dans ces cas-là est considérée comme pont à un futur remplacement de la valve mitrale afin de pouvoir gagner du temps et implanter une prothèse de plus grande taille chez les enfants en pleine croissance », poursuit-il.
Les menaces du professeur
Le professeur menace de cesser toute collaboration avec le Centre cardiaque si Le Défi-Plus fait état de cette controverse. « Un article ne reflétant pas la vraie version des faits aboutira à un arrêt définitif de ce que je fais pour l’île Maurice dans l’intérêt des enfants et de leurs familles », prévient-il.
Précision confuse sur le brevet
La date de certification de cet anneau valvulaire reste confuse. Dans sa réponse au Défi-Plus, le professeur étranger ne se limite pas à cet anneau qui a eu le marquage de commercialisation européenne en mars 2005. Il élabore en général sur l’anneau biodégradable.
Il soutient que celui-ci a été breveté en 1999 avec une extension internationale. Il précise que cet anneau est simplement la conversion en semi anneau d’un fil résorbable fabriqué par une firme qui est largement utilisé en chirurgie cardio-vasculaire depuis 1980. Il poursuit en ajoutant que, depuis 1986, plusieurs chirurgiens, dont lui-même, l’ont utilisé pour réparer les valves mitrales chez les enfants. « Dans la littérature médicale, il y a plusieurs articles sur le bénéfice de ce biomatériau comme anneau biodégradable », soutient-il.
Liste erronée
Le professeur remet en question la liste des patients, contenant les noms des sept patients qu’il a opérés en 2004. « Je constate que la liste que vous m’avez envoyée est fausse », dit-il. L’éminent expert s’insurge contre le fait que nous sommes en possession de ce document. « Être en possession des noms de patients, qui font partie du secret médical, constitue une violation de la loi. Comme je vous ai répondu, j’aimerais savoir qui vous a divulgué cette fausse liste pour que l’institution puisse porter plainte auprès du procureur pour violation du secret médical et professionnel », précise-t-il.
Siven Poinoosamy (Centre cardiaque) : « Une enquête initiée »
Le directeur exécutif du Centre cardiaque révèle que l’organisme qu’il dirige va enquêter. « Nous allons initier une enquête. L’intérêt des patients doit primer. Ce n’est pas la politique du gouvernement d’utiliser des patients comme cobayes », souligne Siven Poinoosamy.
Cet anneau sert à resserrer la valve dans certains cas de rhumatisme cardiaque. Il faut savoir que cet anneau est différent des autres disponibles. Il est de fabrication biologique. Ainsi, il n’a pas à être remplacé dans le corps des enfants à mesure qu’ils grandissent.
Au moyen de sa nature biologique, il ne provoque pas d’infection chez les patients. Durant l’opération, l’anneau est implanté dans les tissus endomyocardiaques. Après quelques semaines, il se dégrade et le corps crée, par réaction, une cicatrice qui remplacera l’anneau.
À la base de ces informations, une question s’impose. L’utilisation de cet anneau a-t-elle fait partie d’une phase expérimentale, voire d’essais cliniques ? À ce stade, il est difficile d’avoir une réponse claire et nette.
D’abord, selon nos renseignements, en 2004, l’utilisation de cet anneau à Maurice a fait l’objet de discussions animées au sein d’un comité technique à l’Université de Maurice. Pouvait-on utiliser cet anneau sur des patients mauriciens alors qu’il n’avait pas encore reçu la certification européenne ? C’est la question sur laquelle les scientifiques mauriciens devaient se prononcer !
« Comme cobayes »
Plusieurs membres du comité scientifique se sont farouchement opposés à l’utilisation de cet instrument. L’un d’eux avait même lancé : « Va-t-on permettre qu’on utilise nos patients (mauriciens) comme cobayes ? » Cette remarque n’avait pas pesé lourd dans la balance. La majorité des membres avaient opté pour l’utilisation de cet anneau.
Cependant, dans une déclaration au Défi-Plus, ce professeur étranger dément catégoriquement avoir utilisé des patients mauriciens comme cobayes. « Vous insinuez que nous avons considéré les enfants mauriciens comme des cobayes… L’expérimentation se fait sur des animaux, pas sur des humains ! » indique-t-il.
Pour rassurer, le professeur précise que, malgré l’analyse faite par une firme spécialisée, « nous avons également testé le comportement sur la biodégradabilité de l’anneau par une institution française neutre sur un modèle de porc en 2003 ».
Mais, d’autres questions s’imposent. Le ministère de la Santé était-il au courant de toute l’affaire ? Si oui, avait-il donné son aval ? Enfin, était-il prudent de permettre le recours à cet anneau pour ces enfants alors que celui-ci n’était pas encore breveté ? Notre demande d’éclaircissement est restée lettre morte auprès du ministère de la Santé. Selon nos recoupements, une demande officielle a été faite au professeur pour des explications.
Mais, dans sa déclaration au Défi-Plus, le professeur soutient que cet anneau a été utilisé avec non seulement l’autorisation du Centre cardiaque de Maurice, mais aussi le consentement des parents des enfants opérés. « L’utilisation de ce biomatériau en fil converti chez les enfants mauriciens a été faite selon les règles de l’art et sous l’approbation du Centre avec information et consentement des familles. Le Centre cardiaque ainsi que le ministère vous le confirmeront », explique-t-il.
«Réparer
Mais, le professeur se trompe. D’abord, le ministère n’a pas confirmé ses dires. Pis, une demande lui a été faite officiellement pour des explications. Ensuite, les parents de deux des sept patients soutiennent qu’ils n’ont jamais été informés de l’utilisation d’un nouvel anneau valvulaire. « Nous n’étions au courant que d’une seule chose. C’était que la valve allait être réparée», disent-ils.
Le Défi-Plus a tenu à informer le professeur des complications dont souffrent deux patients. Dans le cas du premier, il affirme qu’on ne peut pas attribuer la récidive de la maladie valvulaire d’un enfant, 4 ans après, à une mauvaise intervention et en particulier à l’utilisation de ce biomatériau. Il précise toutefois qu’il demandera à un médecin du Centre cardiaque de l’examiner.
Le professeur explique aussi que, chez les enfants qui ont une insuffisance mitrale rhumatismale, malgré un bon résultat de la réparation initiale, la maladie rhumatismale est évolutive dans 25 % des cas à moyen terme. Ce qui constitue un facteur de récidive de leur insuffisance mitrale. «La réparation dans ces cas-là est considérée comme pont à un futur remplacement de la valve mitrale afin de pouvoir gagner du temps et implanter une prothèse de plus grande taille chez les enfants en pleine croissance », poursuit-il.
Les menaces du professeur
Le professeur menace de cesser toute collaboration avec le Centre cardiaque si Le Défi-Plus fait état de cette controverse. « Un article ne reflétant pas la vraie version des faits aboutira à un arrêt définitif de ce que je fais pour l’île Maurice dans l’intérêt des enfants et de leurs familles », prévient-il.
Précision confuse sur le brevet
La date de certification de cet anneau valvulaire reste confuse. Dans sa réponse au Défi-Plus, le professeur étranger ne se limite pas à cet anneau qui a eu le marquage de commercialisation européenne en mars 2005. Il élabore en général sur l’anneau biodégradable.
Il soutient que celui-ci a été breveté en 1999 avec une extension internationale. Il précise que cet anneau est simplement la conversion en semi anneau d’un fil résorbable fabriqué par une firme qui est largement utilisé en chirurgie cardio-vasculaire depuis 1980. Il poursuit en ajoutant que, depuis 1986, plusieurs chirurgiens, dont lui-même, l’ont utilisé pour réparer les valves mitrales chez les enfants. « Dans la littérature médicale, il y a plusieurs articles sur le bénéfice de ce biomatériau comme anneau biodégradable », soutient-il.
Liste erronée
Le professeur remet en question la liste des patients, contenant les noms des sept patients qu’il a opérés en 2004. « Je constate que la liste que vous m’avez envoyée est fausse », dit-il. L’éminent expert s’insurge contre le fait que nous sommes en possession de ce document. « Être en possession des noms de patients, qui font partie du secret médical, constitue une violation de la loi. Comme je vous ai répondu, j’aimerais savoir qui vous a divulgué cette fausse liste pour que l’institution puisse porter plainte auprès du procureur pour violation du secret médical et professionnel », précise-t-il.
Siven Poinoosamy (Centre cardiaque) : « Une enquête initiée »
Le directeur exécutif du Centre cardiaque révèle que l’organisme qu’il dirige va enquêter. « Nous allons initier une enquête. L’intérêt des patients doit primer. Ce n’est pas la politique du gouvernement d’utiliser des patients comme cobayes », souligne Siven Poinoosamy.
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