« Il est malheureux que Dharam Gokhool ait trouvé un accord avec les syndicalistes, lundi, et que deux jours après, il le remette en question.» Ce commentaire au Défi-Plus, fait vendredi matin, par le député Suren Dayal en dit long. Si le député rouge de Moka/Quartier-Militaire affirme ne pas être en guerre contre le ministre de l’Éducation.  Il concède que rien ne l’empêchera de se faire entendre s’il estime que les affaires du pays ne tournent pas rond.

C’est un secret de polichinelle. Les deux membres du gouvernement sont à couteaux tirés depuis la rentrée du troisième trimestre. À l’origine de ce froid: la circulaire 14 par laquelle le ministère intime aux profs du secondaire d’être à leur poste de 8 à 15 heures et supprime le Movement Book du personnel enseignant. Des mesures qui ont été recommandées dans le rapport du Pay Research Bureau.

Les syndicats du secondaire n’ont pas tardé à réagir. Contestant farouchement ces deux mesures. Suren Dayal, président de la Mahatma Gandhi Institute Employees Union, est vite monté au créneau.

Pourtant, lundi dernier, à l’issue d’une réunion marathon de six heures, le ministère de l’Éducation et les syndicalistes avaient trouvé un accord. Lequel prévoyait que les profs devront rester à l’école jusqu’à 15 heures que les lundis, mardis et mercredis. Les deux derniers jours de la semaine, la cloche retentira comme d’habitude à 14 h 20 ou 14 h 30, selon les établissements.

Le fameux ‘Movement Book’, qui accordait une certaine liberté de mouvement aux enseignants, le ministère (après l’avoir supprimé) accepte de le réintroduire sous le nom de ‘Staff Registry’.

Ces mesures, soulignons-le, ne sont valables que pour ce troisième trimestre. Satisfaits de cette convention, les syndicalistes révoquent leur mot d’ordre
de désobéissance civile. Stupeur cependant, deux jours plus tard, quand ils apprennent que l’Éducation nationale a décidé de tout remettre en question.

« Une telle attitude est déplorable », fulmine Suren Dayal. Le ministre Gokhool, lui, relativise. « Toutes les décisions prises par le ministère le sont dans l’intérêt des enfants. Notre priorité demeure une éducation de qualité à tous les Mauriciens ».

Invité à commenter les démarches de son collègue Suren Dayal, à la fois député et syndicaliste, Dharam Gokhool hausse le ton. « Je lui demande d’assumer ses responsabilités. Je n’ai rien contre lui. Vu qu’il porte deux chapeaux, il ne doit pas faire d’amalgames. ».

Suren Dayal rétorque : « J’assume déjà mes responsabilités ! Je fais mon travail en mon âme et conscience. Je sais distinguer entre mon rôle de député et mes fonctions de président d’un syndicat. Je suis syndicaliste depuis 1983. Je ne reculerai jamais devant les revendications ».

Les profs du secondaire maintiennent la pression
Ils n’ont pas l’intention de se laisser faire. La colère gronde chez les enseignants du secondaire. Jeudi après-midi, les recteurs des collèges d’État ont appris que, au cas où un enseignant libre quitterait le collège avant la fin des cours, il faudra déduire ces absences de ses « casual leaves ». Une mesure qui irrite les profs au plus haut point.Ils entameront une désobéissance civile, mardi et mercredi prochains. Les quelque 3 000 profs du privé sont invités à être solidaires et présents devant l’IVTB House, à Phoenix, dès 9 heures mercredi.  Naraindranath Gopee, président de la GSSTU, soutient que la décision du ministère est « une haute trahison envers le corps enseignant ». Yahya Paraouty, président de l’UPSEE, juge la situation de « très grave et aura des répercutions dramatiques au niveau des collèges ».