Cela fait un an depuis que le Dr Neerunjun Gopee a été nommé Chief Medical Officer (Director General Health Services, selon le nouveau rapport du PRB). Proche du Premier ministre, son contrat est en passe d’être renouvelé et ses salaires revus à la hausse, pour atteindre les Rs 200 000.
Ce qui n’est pas au goût de tout le monde. Aussi bien au ministère que dans les hôpitaux. Car ils sont nombreux les médecins qui estiment qu’il n’a pas fait grand-chose pour améliorer le service. Nous apprenons que même le ministre de tutelle, Satish Faugoo, n’est pas satisfait de sa performance.
D’ailleurs, le courant ne passe plus entre eux. La situation s’est aggravée suite à la publication, récemment, d’un article d’opinion dans le Mauritius Times, très critique envers Satish Faugoo. Ce dernier, selon l’auteur de l’article, serait « le pire ministre de la Santé de tous les temps ». Vu que le Dr Gopee collabore à cet hebdomadaire, l’entourage du ministre le soupçonne d’avoir quelque chose à voir avec cet article.
D’ailleurs, le fait qu’il collabore pour ce journal est très mal perçu. D’autant que c’est à cause de ses relations avec la presse que l’ancien CMO, le Dr R. Sungkur, avait été révoqué. On lui reprochait de donner des informations à la presse.
Le courant ne passe pas non plus entre ce nominé politique, dont le nom avait été cité à un moment comme possible candidat du PTr à la partielle au No 7 en 2003, et la Senior Chief Executive, Jaya Veerapen. Comme nous le confirme un médecin de l’hôpital de Flacq. Ce dernier a été témoin d’un incident lors de la Management Meeting, quelques mois de cela. C’est la SCE qui présidait cette réunion. À un certain moment, relate le médecin, elle a voulu savoir pourquoi il y eu une hausse de cas de césarienne dans cet hôpital.
Le Dr Gopee a alors rétorqué que c’est une chose technique que seulement un médecin pourrait comprendre. « Mme Veerapen n’a pas apprécié son attitude et a préféré ne plus présider le Management Meeting dans les hôpitaux. Mais ce n’est pas pour autant que le Dr Gopee a commencé à le faire en tant que technicien. Depuis, plus de Management Meeting ! Ce qui est dommage ! » commente-t-il.
Pas suffisament sur le terrain
Beaucoup de médecins reprochent effectivement au DGHS de ne pas descendre suffisamment sur le terrain pour constater les manquements dans le service hospitalier. Un médecin de l’hôpital SSR nous confie qu’il n’a d’ailleurs jamais vu le Dr Gopee.
Il est d’avis que ce dernier aurait dû au moins rencontrer régulièrement les Regional Health Directors des hôpitaux pour un état des lieux. « Comment ce ministère pourra-t-il fonctionner avec un ministre qui ne s’entend pas avec son DGHS et si le courant ne passe pas non plus entre ce dernier et la SCE ? Ce ministère est à la déroute », fait ressortir ce médecin.
Par ailleurs, le DGHS fait l’objet de vives critiques parce qu’il fait de la pratique privée alors qu’il n’en a pas le droit, sauf dans des cas exceptionnels. Or, nous avons eu la confirmation qu’il consulte les patients le samedi, de neuf à onze heures, dans une clinique privée. « Si jamais il y a une plainte contre cette clinique, comment pourra-t-il trancher en tant que DGHS, vu qu’il y fait de la pratique privée ? Et que se passera-t-il si un patient de cette clinique porte plainte contre lui ? Va-t-il ordonner une enquête sur lui-même ? » ajoute ce médecin.
Cassam Kurrimun: « Que le Dr Gopee fasse son bilan ! »
Cassam
Kurrimun, président de la Nurses Union, précise d’emblée qu’il n’a rien
contre le DGHS. Mais il insiste pour un bilan si les autorités veulent
renouveler son contrat. « Que le Dr Gopee fasse son bilan ! Il doit
démontrer ce qu’il a fait jusqu’ici concrètement pour améliorer le
service. S’il peut le faire, nous n’avons aucun problème avec lui. En
tout cas, nous notons qu’il n’y a eu aucune amélioration dans le
service », soutient-il. Et d’ajouter que l’embauche du Dr Gopee sous
contrat suscite une grande frustration parmi les médecins, vu que cela
a empêché une série de promotions au sein du ministère de la Santé.