Le ton qu'a utilisé sir Anerood Jugnauth pour se dédouaner, au sujet de la nomination de trois VPM et du fait qu’un Attorney General non élu peut être aussi ministre des Droits de l’Homme, laisse présager que sir Anerood Jugnauth ne sera plus président à la fin de septembre. La course reste donc ouverte à sa succession.
En effet, quelques phrases dites par SAJ sur les ondes des radios privées, vendredi, pourraient laisser indiquer qu’il règle ses comptes avec l’Alliance sociale pour le traitement qu’il a reçu lors de la prestation de serment. « Vous rappelez-vous la façon dont la cérémonie de prestation de serment s’est faite ? » s’est-il demandé.
Est-ce le signe qu'il a fait une croix sur la présidence ? Au PTr, on dit volontiers que le choix de Navin Ramgoolam est déjà fait. Ce sera Angidi Chettiar ! C’est ce qui explique, disent les rouges, la sortie du président de la République. Car sir Anerood Jugnauth a cloué les dirigeants de l'Alliance sociale, à commencer par le chef du gouvernement, au pilori. En d’autres mots, sir Anerood Jugnauth a laissé entendre – en disant qu’il n’avait pas reçu les papiers et qu’il est même arrivé en retard – que ce n’est pas le Bureau du Président qui s’est occupé de la prestation de serment.
Un épisode anodin – à part la récompense pour services rendus au parti – indique que le choix du PM se portera sur Angidi Chettiar. Lors d'une pause-café avec un membre influent du PTr, alors qu'il assumait l'intérim en l'absence de SAJ du pays (il était aux JO), Angidi Chettiar a dit à son interlocuteur qu'il a longuement discuté de cela avec le leader du PTr. Il a ajouté avoir dit à Navin Ramgoolam qu'il aimerait terminer sa carrière en tant que président. Au dirigeant rouge qui lui demandait s’il n’était pas un peu âgé pour ce poste, Angidi Chettiar a répondu « qu'être président de la République ne requiert pas beaucoup d'efforts ».
Autre signe : la menace de Bérenger d’un boycott du MMM. Le leader de l’opposition a clairement fait comprendre que si le Premier ministre choisit une personne qui « fait honte » à la présidence, les mauves seront absents lorsqu’elle va prêter serment.
Au niveau du Labour, on accueille favorablement le remplacement de SAJ par Chettiar. D’ailleurs, Jean-Claude de l’Estrac, candidat probable à un certain moment, n’a jamais fait l’unanimité. Notamment, à cause de son passé militant, bien qu'il se soit éloigné des mauves depuis la partielle de 1995.
Il se chuchote que Navin Ramgoolam, qui a toujours été contre la vice-présidence, pourrait ne pas nommer un remplaçant à Angidi Chettiar. Mais, il se peut qu’il y nomme un créole pour faire la balance ethnique au sommet de l’État. D’autant que Xavier-Luc Duval ne sera plus considéré comme un vice-Premier ministre. Ainsi, son choix pourrait se porter sur Sylvio Michel, son partenaire qui ne siège pas au Parlement. Les Verts sont connus pour être très proches de la population ouvrière et des pêcheurs d'origine créole et pour avoir milité pour les descendants d'esclaves.
Du coup, Navin Ramgoolam se retrouve avec beaucoup de cartes en main !