Dans le quartier, il faisait figure d'un saint. Pour les habitants de Cité-Ducray, Ste-Croix, Indarajan Arjanen, 38 ans, est un homme au-dessus de tout soupçon. Pour cause, il se faisait passer pour un religieux et vendait des images des divinités hindoues et du Père Laval dans le quartier et dans le centre-ville.

Depuis mercredi, cette belle image qu’il projetait a volé en éclats. La brigade antidrogue de Port-Louis a débarqué chez notre homme. Elle a découvert 322 doses d'héroïne dissimulées dans une armoire. Au départ, l’homme s’est opposé à ce que les agents fouillent sa maison. « Ou koir mo kapav fer kisksoz mové, mo ène réligieux moi », leur a-t-il lancé en montrant les photos des divinités empilées chez lui.

Lorsque la drogue a été découverte, il a tenté de négocier. « Ma réputation est en jeu. Regardez ce que vous pouvez faire pour moi », a-t-il balbutié aux hommes du sergent Saiboo. Le marchand d’images pieuses nie être impliqué dans un quelconque trafic et dit ignorer comment ces colis, évalués à plus
de Rs 60 000, ainsi qu'une somme de Rs 23 500, se sont retrouvés dans son armoire.

Dans le quartier où il habite, les commentaires vont désormais bon train. « Line trahir bondié », ironise une voisine. Indarajan Arjanen est maintenu en cellule policière sous une accusation provisoire de trafic de drogue. « Il a retenu les services d'un avocat pour consigner sa déposition », explique son épouse, qui dit ne pas comprendre ce qui s'est passé. « En fait, c'est moi qui vends des images des divinités. Il m'aide, car il est malade et souffre de troubles mentaux », confie-t-elle.

Explications qui laissent sceptiques dans le milieu de l'antidrogue. Et de rappeler que de fortes présomptions couraient sur Indarajan Arjanen. En juillet 2007, sa cousine et voisine, Mala Arjanen, avait été arrêtée avec 796 doses d'héroïne, dans une villa située à Chemin Vingt-Pieds, Grand-Baie.

De plus, cette cousine avait été appréhendée, dans le passé, pour avoir livré de la drogue à la prison centrale de Beau-Bassin. Le vendeur d'images pieuses aurait pris le relais de Mala Arjanen, considérée comme le cerveau d'un important réseau de drogue dans les faubourgs nord de Port-Louis.