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Université de Maurice : la Students Union accusée de dilapidation de fonds
http://www.defimedia.info/articles/3573/1/Universite-de-Maurice--la-Students-Union-accusee-de-dilapidation-de-fonds/Page1.html
By Thierry Laurent
Published on 31st August, 2008
 
La Students Union est accusée de pratiques frauduleuses dans l'organisation d'une Barbecue Party. De son côté, un restaurateur sur le campus vient d'être réprimandé pour menaces et chantage.
 

 
La Students Union est accusée de pratiques frauduleuses dans l'organisation d'une Barbecue Party. De son côté, un restaurateur sur le campus vient d'être réprimandé pour menaces et chantage.

Indigeste. C’est le moins qu’on puisse dire de la Barbecue Party, organisée le 17 décembre 2007, par la Students Union de l’université de Maurice (UoMSU). Quatre mois après, une enquête a été réclamée sur la demande excessive de subvention de l’administration. En juin, le rapport de l’audit interne est sans appel : « C’est un cas de dilapidation de l’UoM Students’ Union Fund, auquel l’université contribue Rs 100 000 tous les ans. »

Le 18 avril 2008, le feu est mis au charbon. Avec comme carburant une lettre de dénonciation, adressée à l’administration de l’UoM, par Shakti Dewoo, le représentant des étudiants au sein de la Students Union. Dans cette correspondance, certains dirigeants de l’UoMSU sont pointés du doigt pour avoir réclamé des subventions pour 500 étudiants alors qu’une cinquantaine seulement ont participé à la Barbecue Party.

Rappelons que l’administration accorde des subventions de Rs 30 par tête. D’ailleurs, cette instance a effectué le paiement de Rs 15 000 le 11 février 2008 au restaurateur de la Barbecue Party. Car, le 15 janvier 2008, un dirigeant de l’UoMSU a certifié sa réclamation, faite le 18 décembre 2008. « Il y a eu maldonne ! La Students Union doit à tout prix rembourser les Rs 13 500 », fulmine Shakti Dewoo.

Avant que la fumée du barbecue ne se répande sur le campus, l’administration de l’UoM prend les devants en demandant à l’auditeur interne d’initier une enquête pour faire la lumière sur ces allégations. Les choses tournent mal pour les dirigeants de l’UoMSU. Deux d’entre eux – parmi la secrétaire de la Students Union – versent de l’huile sur le feu en confirmant, qu’à aucun moment, il n’y avait 500 participants à cette fête. Selon eux, il y avait seulement une cinquantaine.

« Pas 500, mais 480 »
Ce que dément Aartee Beekharee, la présidente de l’UoMSU, que nous avons contactée au téléphone. « Tous les membres de la Students Union étaient présents et il y a 50 étudiants qui siègent au sein de notre comité. Je ne dirai pas que notre fête a accueilli 500 étudiants. Mais, selon mes informations, il y avait près de 480 étudiants », se défend la présidente.

Dans son rapport, en date du 18 juin 2008, l'auditeur interne a fait trois recommandations. Primo, le restaurateur de Barbecue doit être invité à rembourser les subsides pour les 450 étudiants qui n'étaient pas présents, soit Rs 13 500. Secundo, des actions disciplinaires doivent être prises contre un dirigeant de l'UoMSU pour avoir « knowingly and intentionally given a false statement ». Tertio, pour toute fonction subventionnée, un représentant de l'UoM doit être présent pour prendre les présences.

Par ailleurs, un représentant des étudiants fait pression sur l'administration pour que des actions soient prises contre les dirigeants de l'UoMSU qui ont fauté. Au cas contraire, il brandit la menace de démission.

Selon Aartee Beekhary, c'est après qu’elle et ses collègues se sont plaints auprès du traiteur, au sujet de la mauvaise qualité de la nourriture, que des documents compromettants ont commencé à circuler sur le campus. « Nous étions plus d'un à avoir remarqué que la qualité de la nourriture laissait à désirer. C'est dommage de voir que le traiteur a décidé de le prendre sur un ton pareil », dit-elle.

Toute cette affaire a pris une autre tournure lorsque Aartee Beekharee a commencé à recevoir des lettres de menace. « Ces menaces n'étaient pas destinées qu’à moi. Mais aussi contre les membres de ma famille et d'autres membres de la Students Union », s'indigne-t-elle.

Shakti Dewoo trouve consternante cette mauvaise utilisation du student fund, « supposé aider les étudiants dans le besoin ». Il estime aussi que cette affaire « démontre l'inefficacité de l'administration de l'université de Maurice devant une controverse de la sorte ».

Menaces et chantage
Le restaurateur s'est retrouvé dans de beaux draps. Le 28 août 2008, un sévère avertissement lui a été servi pour n'avoir pas respecté toutes les clauses de son contrat. Et surtout pour avoir proféré des menaces et fait du chantage à l'égard des étudiants et des membres du personnel de l'UoM.

Cet avertissement est considéré comme une grosse surprise sur le campus. Plus d'un s’attendait que son contrat soit tout bonnement résilié. D'autant que le comité d'enquête a établi ses graves fautes : « The Committee pointed out in its report examples where it was found that you had used threats and blackmail towards members of the staff and student community of the University, and it has also established that you have not complied with a number of your contractual obligations. » Cette sanction, qualifiée de molle, renforce la perception que ce restaurateur bénéficie de la protection en très haut lieu sur le campus.