Des squatteurs mauriciens délogés d’une maison près de résidences à £ 1M à Londres ! On peut ou on ne peut pas. Des compatriotes mauriciens figurent au nombre des 200 squatters que la police londonienne a délogés d’un quartier chic au sud de la capitale britannique, la semaine dernière. Avec d’autres immigrants d’Amérique du Sud, de divers pays d’Europe, ainsi que des Anglais, ils squattaient de riches demeures. Ces maisons ultrachics sont évaluées au bas mot à £ 1 million, soit près de Rs 52 millions !
La nouvelle est parue sur des sites d’information anglais le 28 août. La veille, des unités de la police londonienne ont donné l’assaut à quatre blocs d’appartements à Atkins Road, Clapham. Leurs occupants ont été priés de vider les lieux.
Dans le quartier, les notables voyaient d’un très mauvais oeil ce déferlement d’immigrants qui faisaient la fête jusqu’à 8 heures du matin. La nuit, l’alcool coulait à flots, et ces voisins turbulents taguaient les murs et avaient vite fait de transformer les cours d’immeuble en dépotoir. Ce qui, du coup, attirait les chiens errants.
C’est un beau jour de mars que ces squatters ont bouleversé leur vie, troublant la quiétude de ce quartier chic qui dispose de son école primaire et d’un « home » pour vieux. Les nouveaux arrivants ont débarqué avec leurs effets entassés dans des « drums » et des sacs en raphia. « Chocking » pour ces bourgeois bon chic bon genre.
Après son expulsion, Yusef, immigrant polonais, explique qu’il dut se rabattre sur un de ces appartements, car son salaire de maçon, soit £ 500 par semaine - Rs 26 000 - ne lui permettait pas de payer un loyer. Il préfère économiser pour son « futur ».
Moni, 27 ans, Indienne née en Italie, employée de magasin, avoue toucher Rs 36 000 par mois. Toutefois, elle ne veut pas « gaspiller » son argent en achetant un pied à terre. Son but à elle : mener la belle vie, en voyageant et en mangeant de bonnes choses.
Si ces squatters - parmi eux on compte des Irlandais, des Français et des Allemands, ont investi les lieux - c’est parce que le conseil municipal a commis une immense bévue. Il leur a expliqué que ces appartements pouvaient être utilisés comme abris temporaires.
En fait, le bail accordé à une firme privée n’avait pas encore expiré. Avec ce squat, les contribuables britanniques ont casqué Rs 2,6 millions par mois. Sans compter les Rs 26 millions pour payer les agents privés de sécurité et les officiers de police pour les déloger.
Chez les résidents, c’est un ouf de soulagement. « Nous ne fermions plus l’œil de la nuit. C’est un bruit permanent de tambours, de chiens qui aboient, de pétards et de la musique », raconte Barbare Glosby, 70 ans, pensionnaire de la maison de retraite de l’endroit.
La haute commission mauricienne, à Londres, suit l’affaire de près. A ce jour, la police britannique ne lui a pas communiqué les noms des squatters mauriciens. « Ça prendra du temps. Ils transmettront le rapport qu’une fois l’enquête bouclée », dit un officiel.
Les autorités britanniques mettent les bouchées doubles pour stopper les clandestins. Des descentes sont faites dans les centres commerciaux et les supermarchés, dont Tesco, pour les coincer.