« C'est totalement faux de prétendre que Madan Dulloo ambitionnait de devenir le quatrième vice Premier-ministre. C'est de la méchanceté pure et simple ». C'est ce qu'a déclaré Paul Bérenger, samedi. Il avait, à ses côtés, son état-major ainsi que Madan Dulloo. C'est la première apparition de ce dernier dans la conférence hebdomadaire du parti mauve.

« En 1991, on avait proposé à moi-même et à Madan Dulloo, le poste de vice Premier-ministre. Nous avons tous deux refusé. A chaque fois que j'étais au pouvoir, il n'y a eu qu'un seul vice Premier-ministre, comme le prévoit la Constitution », rappelle le leader de l'Opposition. Madan Dulloo y va également de son commentaire. « Nous avons en effet refusé ce poste que certains qualifient ‘d'honorifique’ mais qui n'est que décoratif. Nous avions respecté la Constitution à la lettre. Même en 1982, quand on m'avait proposé un poste constitutionnel de vice Premier-ministre, j'ai dit non pour des raisons évidentes ».

Pour Paul Bérenger, Navin Ramgoolam agit comme un «enfant gâté» en n'appliquant pas le jugement de la Cour suprême. « Enough is enough ! Cela fait plus de quinze jours que Navin Ramgoolam tourne en rond ». Il critique aussi les propos du Chef du gouvernement. « Que le Premier ministre vienne dire qu'il se penchera sur les implications légales du jugement est tout simplement ridicule et inacceptable. Les observations de la Cour suprême sont claires et nettes. Ce jugement a peut-être des implications politiques, mais aucunement légales. Ce n'est qu'un prétexte. Même le Président et le Speaker ont déclaré que le jugement devait être respecté ». Et de souligner : « Je ne suis pas
convaincu qu'un amendement constitutionnel réparera les dégâts causés par un Premier ministre qui n'a pas respecté la Constitution ».

Le leader du MMM s'en prend également à Xavier-Luc Duval. « Dans un premier temps, Xavier-Luc Duval donnait l'impression de respecter le jugement. Aujourd'hui, il recule. C'est vrai, quand il dit que toutes les composantes de la population devraient être représentées au sommet de l'Etat. Cependant, ce n'est pas une raison pour violer la Constitution et faire un outrage à la Cour ». Pour une réelle harmonie, ce n'est pas seulement le «front bench» qui devrait représenter toutes les composantes de la population mais également le Président, le vice-Président, le Speaker et le Deputy Speaker, estime-t-il.

Paul Bérenger commente aussi l'arrestation de Siddick Chady. « Il y a des aspects troublants dans la façon dont les choses évoluent. Selon nos sources, les autorités hollandaises attendent toujours que Maurice fasse les démarches nécessaires en conformité avec la Convention internationale des Nations unies contre la corruption ». Autre point évoqué : « Il est éloquent que Mariann Fischer-Boel ait fait la leçon à Arvin Boolell et Navin Ramgoolam, en déclarant que nous devrions plaider notre état de pays insulaire pour bénéficier du maximum de la Commission européenne. Madan Dulloo n'a pu jouer à fond cette carte par la faute de Navin Ramgoolam qui a bloqué son travail, par fanatisme politique et petitesse d'esprit ». Paul Bérenger condamne enfin la victimisation des syndicalistes de Mauritius Telecom. « C'est loin d'être un cas isolé. Il suffit de voir le langage menaçant du ministre Dharam Gokhool envers les syndicalistes de l’Education ». Le leader de l'Opposition réclame aussi une baisse des prix de l'essence et du diesel, dans une conjoncture où le prix du baril de pétrole a chuté de 25 % depuis juillet dernier.