Imaginez la Cour suprême comme décor. Et les leaders des différents partis politiques défilant devant les juges et expliquant combien ils ont reçu comme dons politiques. Utopique ? Pas autant, si l’on en juge par la démarche de Deoduth Ramphul.
Sans en être conscient, le nom de cet homme de 70 ans risque d’être associé à toute mesure concernant le financement des partis politiques. Pourquoi ? La sucrerie FUEL, dans son rapport annuel pour l’année 2004/2005, avoir fait des dons politiques de Rs 830 000.

Ce qu’a confirmé Joseph Vaudin, le Chief Executive Officer (CEO). «Il y a un ‘s’ dans le mot donation. Il n’y a pas un seul parti concerné. Cette nuance est importante ! Nous avons fait des dons politiques et nous avons publié cette information dans notre rapport annuel. L'argent a été
déclaré. Tout a été fait de manière officielle», a-t-il déclaré. Mais Joseph Vaudin est allé plus loin. «Les noms des partis seront divulgués en cour», a-t-il ajouté.

Et pour cause ! On voit mal la direction de FUEL venir réfuter une information parue dans son propre rapport annuel. Elle s’exposerait à des poursuites au pénal. En initiant des poursuites contre la sucrerie, car il estime que ces dons l’ont privé de dividendes, Deoduth Ramphul a mis la direction au pied du mur.

Mais il n’y a pas que FUEL qui se retrouve dans une situation embarrassante. Il y a également les partis politiques qui ont bénéficié de cette manne financière. D’autant que Deoduth Ramphul les a cités comme co-défendeurs dans cette affaire. Un embarras palpable, au vu de certaines réactions que nous avons obtenues des dirigeants politiques.