La mauvaise plaisanterie de Yassine Rajabally lui a valu d’être arrêté et enfermé en cellule policière.
Il voulait prendre un pot avec ses copains. Hélas, ils étaient affairés au Marché central, à Port-Louis, ce lundi après-midi. Pour qu’ils rappliquent aussitôt au bar, Mohamed Yassine Rajabally a eu l’idée saugrenue de composer le 999, numéro d’urgence de la police, pour signaler la présence d’une bombe dans ce lieu hyperfréquenté de la capitale.

«Mo ène zom Al-Qaeda. Mone mette ène bombe dans bazar», lâche le jeune homme de 29 ans dans le combiné. Tout de suite, la police boucle le périmètre du Marché central. La Bomb Squad de la Special Mobile Force (SMF) passe le lieu au peigne fin, sans trouver d’engin explosif.

Dans l’intervalle, le 999 remonte au numéro du correspondant anonyme. La CID de Port-Louis Sud débarque donc au restaurant Café Rico, situé à proximité de l’entrée du bazar. Mohamed Yassine Rajabally y était attablé. Invitée à dénoncer l’auteur de cet appel, la gérante le pointe du doigt.

Manque à gagner de Rs 2 M

L’habitant de Vallée-Pitot est immédiatement arrêté. Cet intermédiaire auprès des marchands de produits artisanaux nie d’abord les faits, avant d’avouer son méfait. «Ce n’était qu’une simple et mauvaise plaisanterie », aura-t-il beau nier; il est placé en détention préventive et expédié à Alcatraz pour cuver son alcool.
Mardi, il comparaît
en Cour de Port-Louis, devant la magistrate Dauhoo, pour fausse information à la police. Il restera derrière les barreaux jusqu’au 3 novembre. Mercredi ses deux compères de beuverie ont positivement identifié le suspect. Entre-temps, au Café Rico, la gérante a débranché son téléphone…

Les maraîchers, bouchers et marchands de produits artisanaux ne retiennent pas leur colère. « Cette fermeture du bazar, un lundi après-midi, nous a causé une perte immense, soit un manque à gagner de Rs 2 millions !» fulmine Issop Soobadar, président de la Market Traders Association.

«Le bazar a été fermé de 16 h 15 au lendemain, en pleine heure de pointe. Les pertes sont élevées. Nous remercions la police de sa prompte intervention et de l’arrestation du suspect. Sinon, le doute aurait persisté : beaucoup croient que c’est l’œuvre de marchands ambulants qui voulaient se venger de nos doléances à la police, qui saisit leurs marchandises », ajoute Issop Soobadar.

Chez les Rajabally, à Vallée-Pitot, c’est la consternation. Ses proches, sa grand-mère de 75 ans surtout, se refusent à croire que Yassine ait menacé de faire sauter le Marché central. Et de soutenir mordicus que son petit-fils ne boit pas d’alcool. «Li pas boire, li ène bon garçon ! Zonne dose-li ça. Il doit se marier en décembre, c’est pour le nuire qu’on a inventé cette histoire…», affirme l’aïeule. Un autre parent affirme que Yassine est une victime : «Bane-là ti dire zot pu installe li et li pas pou réussi marier…
Affaire à suivre...