« Aujourd’hui, ma mère a perdu un soutien de tous les instants, un bloc sans fissures. Christelle et moi, nous avons perdu un père protecteur toujours soucieux de notre bien-être ». C’est par ces mots que Fabrice David a débuté son témoignage en l’église adventiste à Beau-Bassin cet après-midi pour rendre hommage à son défunt père. Un témoignage poignant qui a ému toute l’assistance.
Agé de 29 ans, Fabrice et sa sœur Christelle sont rentrés de Lyon ce matin pour dire adieu à leur père, terrassé par une crise cardiaque alors qu’il participait à une fonction organisée par un groupe de retraités à La Tour Koenig le dimanche 13 décembre 2009.
Outre son côté protecteur, James Burty David était un modèle pour son fils. « J’ai perdu mon modèle, celui à qui j’ai toujours voulu ressembler au-delà de la ressemblance physique », a fait ressortir Fabrice. Il raconte que son père prenait le soin de l’appeler pour prendre de ses nouvelles même s’il vivait à 11 hrs de vol de lui. « Lorsque je faisais mes différents déplacements, il me disait : tu m’envoies un texto quand tu rentres peu importe l’heure. Il ajoutait qu’il n’allait pas dormir sans qu’il ne sache si j’étais bien arrivé à ma destination », a précisé Fabrice.
James Burty David avait aussi foi en Dieu, poursuit Fabrice. « L’Eglise perd un membre fidèle. Le Premier ministre perd aujourd’hui son lieutenant le plus fidèle. Ses collègues du Cabinet perdent un véritable ‘team player’. Le Parlement perd une voix qui a su faire trembler ses murs. Ses opposants perdent un adversaire qui a su les bousculer sans pour autant nourrir de la haine envers eux. Le Ptr perd aujourd’hui sa plume historique, son combattant le plus fidèle, celui qui a débuté sa bataille politique très jeune, notamment aux côtés de sir Seewoosagur Ramgoolam. Ses mandants perdent un député qui a donné sa vie pour eux ».
Pour Fabrice, la « littérature a perdu aussi l’un de ses amoureux le plus fou ». Sur ce, il a raconté cette anecdote : « Ma sœur et moi, lorsqu’il s’agissait de faire des cadeaux a mon père, nous n’avions pas à réfléchir longtemps. Nous savions qu’il faut passer chez 3 ou 4 librairies de Lyon et ramener une valise pleine de livres au plus grand désespoir de ma mère qui voyait la bibliothèque de mon père à court d’étagère ».
La voix pleine d’émotions, Fabrice a confié qu’il devait venir à Maurice dans quelques jours pour passer la Noël avec sa famille.
« Mon père avait déjà acheté mes billets d’avion. Il voulait que je vienne me ressourcer auprès de ma famille. Je ne m’attendais pas à me retrouver devant son cercueil aujourd’hui… »
« Si mon père était mes côtés, je sais ce qu’il m’aurait dit du haut de son cercueil. Il m’aurait dit ‘mon grand, (c’est toujours comme ça qu’il m’interpellait) la vie est un combat, un défi. Cela va être dur. Mais tu vas y arriver’. Et il m’aurait renvoyé à la dédicace qu’il m’avait faite il y a 20 ans, le 23 octobre 1989, sur ma première bible qu’il m’avait offerte. Dans cette dédicace, il avait écrit : « a mon fils Fabrice, la vie est un défi constant, il faut le relever et le vaincre. Ce livre saint te relèvera les secrets de la victoire ».