Avant même l’arrivée de la dépouille de Bhojraj Lutchmun, une des victimes du séisme à Haïti, la question de l’héritage de l’ancien ASP a surgi.
Après sa première nuit chez ses beaux-parents, à Petit-Camp, Phoenix, avec ses enfants Yadav (9 ans) et Aditya (7 ans), Simla Lutchmun (34 ans) songeait à faire, en toute intimité, le deuil de son mari Bhojraj (46 ans). Vendredi matin, elle s’affairait aux préparatifs pour les funérailles de son époux.
Le corps de l’ancien assistant surintendant de police, employé comme Field Security Coordination Officer pour l’ONU depuis 2007 en Haïti, a été identifié dans les ruines de son appartement à Port-au-Prince. La dépouille prise en charge par les Nations unies est attendue au plus tard mercredi.
Mais, déjà se pose la question de l’héritage. Sunita, l’ancienne épouse du policier, et leur fille Sneha (18 ans) ont évoqué la question, vendredi matin, sur les ondes d’une radio privée. Des propos qui sont restés en travers de la gorge des Lutchmun. À commencer par Saroj, la mère de Bhojraj.
«Depuis des années, elles n’ont jamais frappé à ma porte. Ma petite-fille n’est jamais venue voir son père. Aujourd’hui, sa mère et elle veulent se présenter en victimes et réclament leur dû. Le moment est mal choisi », dit-elle. Simla réagit aussitôt : « La dépouille de mon mari n’est même pas encore arrivée. Pourquoi parle-t-on d’héritage maintenant ? Sa fille aura tout ce que mes enfants auront ».
Simla a du mal à se faire au départ de Bhojraj. « Il sera toujours vivant pour moi. Je n’enlèverai jamais mon alliance », dit-elle d’un ton passionné. Toutefois, elle ne portera jamais le noir ou le blanc en son nom. « Il n’a jamais aimé que je porte ces couleurs-là... » Ses enfants, renchérit-elle, garderont toujours l’image d’un père qui «prenait plaisir à jouer au foot et au ludo avec eux. Ils ont beaucoup de photos ensemble ».
Même si le départ de Boraj est brusque, elle avoue qu’elle est quelque part soulagée que son corps a été retrouvé plutôt que ne jamais savoir ce qu’il est advenu de lui. « À la télé, on voit comme l’on se débarrasse des corps. Cela m’aurait fait terriblement mal qu’il connaisse le même sort », dit-elle.