Bilan 2017 – Saisie de drogue - Choolun Bojoo : «La quantité est onze fois plus élevée qu’en 2016»

Par Nasif Joomratty O commentaire
Choolun Bojoo

L’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) a atteint un chiffre record en ce qui concerne la saisie de drogue : héroïne, cannabis, cocaïne et psychotropes, entre autres, cette année. Sa valeur marchande s’élève à Rs 3,07 milliards durant ces douze derniers mois.

La brigade antidrogue a également déclaré la guerre contre les petits trafiquants dans certaines régions de l’île, qualifiées de hot areas. De multiples opérations ont eu lieu contre de gros réseaux de trafic de drogue, notamment ceux menés par le caïd Peroomal Veeren.

Ces opérations ont mené à l’arrestation de Navind Kistnah, celui qui a fait le déballage sur le trafic de drogue par voie maritime entre l’Afrique du Sud et Maurice. La quantité de drogue saisie cette année-ci est onze fois plus élevée qu’en 2016 et le QG de l’ADSU ne cache pas sa satisfaction, même s’il est conscient que le combat continue.

Les points forts sur le rôle de l’ADSU, avec son directeur, l’adjoint au commissaire de police, Choolun Bojoo.

Quel bilan faites-vous de cette année 2017 ?
La quantité de drogue saisie, surtout l’héroïne, a augmenté. Soit de 17 kg à 197 kg. Et c’est le même son de cloche pour les autres types de drogue. Avec les mêmes ressources, nous avons pu accomplir ces saisies, c’est-à-dire de l’héroïne valant plus de Rs 3 milliards et une quantité considérable de drogues synthétiques.

Une dizaine de policiers présumés corrompus ont été arrêtés par l’ADSU cette année pour des délits de drogue. Un message pour les ripoux ?
 L’ADSU est déterminée à combattre le fléau de la drogue sur tous les fronts. Nous avons arrêté pas mal de policiers. Cela montre clairement notre volonté d’aller jusqu’au bout et d’agir même contre nos collègues qui défient les lois du pays, en devenant consommateurs ou des trafiquants de drogue. On applique la politique de zéro tolérance, avec la bénédiction du commissaire de police.

Nous allons sévir et nous sommes très durs à l’égard de ces personnes. Nou pa pou get figir pou aplik la lwa, sertenman pou zot li pou pli sever. Le combat contre la drogue est le combat de tous les policiers de la force. Les flics ripoux seront traités sans aucune concession, même s’il s’agit des policiers de l’ADSU. Le cas du Very Important Person Security Unit arrêté pour trafic de méthamphétamines (Crystal Meth), alors qu’il était affecté auprès de l’ancien Premier ministre, en est un exemple. Un autre cas est l’ancien Sergeant at arms, démi de ses fonctions, pour avoir bâti une proximité avec un trafiquant.

L’ADSU a réalisé pas mal de Crackdown Operations cette année-ci. Des actions réussies et dangereuses. Un commentaire...
Les opérations font partie des activités de l’ADSU. Certes, il y a eu certaines qui ont été très dangereuses. Et, je salue tout bas ces hommes et ces femmes qui ne reculent devant rien, pour mener à bien ces opérations. Nous avons même eu des policiers blessés dans nos rangs, mais cela ne nous a pas démotivés pour continuer le combat. 2017 a été très fructueuse en termes de saisies de drogue et d’arrestations.

Nous faisons appel à la collaboration du public. Aidez-nous à combattre ce fléau. Vous pouvez nous aider en nous donnant des renseignements qui, je vous assure, seront traités dans la plus grande discrétion et en toute confidentialité. Les targeted regions où il y a des dealers et des consommateurs demeurent dans la ligne de mire de la brigade antidrogue. Même dans des situations difficiles et dangereuses, l’ADSU, épaulée par d’autres unités, a pénétré avec force ces quartiers chauds.

Nou donn ene mesaz ban ti zoke dealer ki nou pou sevir. Ces personnes demeurent en surveillance permanente et nous multiplierons ces opérations aussi longtemps qu’il le faudra pour combattre le trafic de stupéfiants. On compte énormément sur la collaboration des habitants de ces quartiers. Nous sommes tous Mauriciens, nous n’aimons pas lorsqu’on pointe du doigt notre quartier ou notre famille.

La quantité de drogue saisie, surtout l’héroïne,a augmenté.Soit de 17 kg à 197 kg."

Un message pour le grand public...
 Mon message serait plutôt adressé aux jeunes. Choisissez vos fréquentations et votre cercle d’amis. Il faut que les jeunes développent le sens de la collaboration avec la force policière. Ayez confiance en nous, venez vers nous, que ce soit à visage découvert ou de manière anonyme pour apporter votre contribution au combat contre le trafic de drogue. Venez à la rencontre des hauts gradés de la force, de l’ADSU. Ce sont tous des gens intègres. Aux jeunes je dirais : la drogue détruira votre avenir, vos familles et votre santé.

Quelle est votre lecture du trafic de drogue synthétique dans le pays ?
C’est inquiétant ! On voit maintenant que les drogues synthétiques sont importées par voie postale. Les saisies depuis 2013 n’ont cessé d’augmenter. Cette drogue rend plus accros les consommateurs. La drogue synthétique s’attaque aux systèmes biologiques plus rapidement. La présence de substances chimiques fait que les organes vitaux, tels que le cœur, les poumons, entre autres, s’endommagent considérablement.

Il y a entre 250 et 500 produits chimiques dans une drogue synthétique. C’est du poison ! Les drogues synthétiques affectent surtout les jeunes, en raison de leur disponibilité et le désir de ces jeunes de satisfaire leur curiosité. Donc, les parents, les éducateurs et la société civile doivent conjuguer leurs efforts pour faire des campagnes de prévention et de sensibilisation auprès des jeunes. L’ADSU le fait déjà à travers sa cellule éducative. Nous allons vers les jeunes dans les écoles, les collèges, les centres de jeunesse pour les sensibiliser sur les méfaits de la drogue.

Une trentaine d’adolescents a été emprisonnée cette année pour des délits liés au trafic de drogue. Un message aux parents...
Soyez vigilants concernant les activités de vos enfants. Les jeunes ont facilement accès aux nouvelles technologies. Ils s’adonnent à des achats illégaux sur Internet. Il faut que les parents aient un droit de regard sur leurs enfants, leurs activités et leurs cercles d’amis. Soyez sûrs de savoir ce que vos enfants font avec l’argent que vous leur donnez.