Billet : Une urne à moitié vide ou à moitié pleine

Par Eshan Dinally O commentaire

Dimanche, au moment de la fermeture des centres de vote, les candidats des principaux partis ne pouvaient cacher leur anxiété en obtenant la confirmation d’un taux d’abstention record de 45 %. Seulement 23 112 électeurs (54,96  %) ont accompli leur devoir civique. Du coup, le regard craintif des principaux candidats ne s’est porté que sur la moitié vide de l’urne. Ils font abstraction de la moitié pleine, de ces électeurs qui se sont déplacés vers les centres de vote. Ce sont ceux-là mêmes qui ont voté pour le gagnant, qui seront remerciés, lundi, après la proclamation des résultats. 

La moitié vide de l’urne sera commentée de différentes façons par les partis en lice et par l’alliance gouvernementale qui n’a pas présenté de candidat. Les partis de l’opposition diront que la moitié vide est composée majoritairement de fonctionnaires, de gens qui reçoivent des contrats du gouvernement et de la masse silencieuse qui a opté pour le mutisme. Et le reste, ce sont les partisans de l’alliance gouvernementale. En revanche, l’alliance MSM-ML tentera de faire croire que la moitié vide de l’urne représente son poids électoral dans cette circonscription. En d’autres mots, son poids égal à celui de tous les partis de l’opposition. Ce sera de la bonne guerre de communication.

Avec cette urne à moitié vide, les candidats des principaux partis ont affiché un sentiment nuancé à la fermeture des bureaux de vote. Ils ont affiché l’optimisme quant à une victoire, mais ont tout de même laissé transparaître l’inquiétude. À coup sûr, ils n’ont pas tort, car environ 22 000 voix seront départagées entre eux. Lors des précédentes élections partielles, les outsiders récoltent au total un millier de voix. Et quelque 75 % d’entre eux obtiennent moins de 50 voix chacun. Dans la présente lutte à cinq, avec 22  000 voix en jeu, cela fait une moyenne de 4  400 par adversaire. Vu qu’une joute électorale ne se joue pas sur le même pied d’égalité, il n’est pas à écarter qu’au moins deux d’entre eux puissent récolter moins de 3 000 voix.

Deux tendances de vote peuvent se dessiner, lundi, lors du dépouillement des votes. Premier scénario : il y a un mince écart entre le gagnant et le meilleur perdant.

Et ils se distancent des trois autres prétendants à la victoire. Dans ce cas de figure classique, les deux premiers vont obtenir au total environ 75 % des voix (16 000) et les 25 % restants (6 000) entre les trois autres. Deuxième scénario : le gagnant se détache largement des quatre autres prétendants. C’est peu probable dans la conjoncture actuelle.

Quoi qu’il en soit, cette élection partielle donnera une première indication du poids actuelle du PTr, du MMM, du PMSD et du MP dans une circonscription urbaine. Elle établira si Roshi Bhadain a la carrure d’un grand leader en devenir. Cependant, on ne connaîtra pas le poids du MSM et du ML.