[Blog] Affrontement Rutnah-Melidor : les Mauriciens attendent toujours de Ravi Rutnah l'évidence de l'accusation d'aboyeur contre lui

O commentaire

Quand on insulte quelqu'un d'aboyeur (adjectif), one ne parle certainement pas du métier d'aboyeur (nom) de cette personne. On le compare avec un chien qui aboie. En somme, on le traite de chien. Le métier de Ravi Rutnah n'est pas celui d'un aboyeur. Il est avocat, politicien et législateur.

La signification du terme «aboyeur» (ou «aboyeuse» au féminin) dépend du contexte et du sens. Larousse offre la définition suivante d’ABOYEUR, EUSE :

Nom 

« Personne dont le métier exige qu'elle parle en criant »

Par exemple, un huissier qui annonce les invités aux réceptions; portier de boîte de nuit.

Adjectif 

«Qui aboie»

Pour connaître la signification de « aboie » il faudra recourir à la définition du verbe « aboyer »:

Larousse nous ceci :

ABOYER

«Pousser son cri en parlant du chien»

L’encyclopédie française précise :

 • ABOYEUR, EUSE, subst. et adj.

« Qui aboie ou pousse des cris semblables à l'aboiement. »

Rem. L'Encyclop. t. 1, 1751 définit ainsi « aboyeur »:

«C'est ainsi qu'on nomme des chiens qui annoncent la présence ou le départ du sanglier [..]»

Quand on insulte quelqu'un d'aboyeur (adjectif), one ne parle certainement pas du métier de cette personne. On le compare avec un chien qui aboie. Dans le contexte mauricien et bien d’autres, quand on attaque quelqu’un en le qualifiant d’aboyeur, on le compare à un chien (male lisien en patois mauricien ou Créole) qui aboie.

Allégation non corroborée de Ravi Rutnah

Le Deputy Chief Whip Ravi Rutnah allègue que la journaliste Laëticia Melidor l'avait traité d'«aboyeur de service». Raison pour laquelle il s'est permis de riposter en la qualifiant de «femelle lisien» en s'adressant à ses partisans à Trèfles le 19 septembre 2017. En réalité, Ravi Rutnah s'est demandé si elle valait vraiment la peine d'être appelée une chienne : «Sa femelle lisien, est-ce qui li vaut pou ène femelle lisien li même?»

Malgré qu’on comprend la colère et la frustration de Ravi Rutnah vis-à-vis d'une telle attaque alléguée, il a eu tort de riposter de la même manière, en comparant Laëtitia Melidor elle-même à une chienne (femelle lisien). Ce n'est nullement la façon dont un législateur doit se comporter. Ravi Rutnah aurait pu faire une mise-au-point dans le journal concerné ou avoir recours à la justice.

Dans la vidéo de TéléPlus du 20 septembre 2017, Ravi Rutnah a été mis en contact par téléphone avec la journaliste Laëticia Melidor. Celle-çi dément avoir qualifié Ravi Rutnah d'aboyeur et lui demandé de produire l'article en question et elle a refusé de présenter ses excuses à Ravi Rutnah à moins qu'il produise l'évidence.

Par ailleurs, Ravi Rutnah a présenté ses excuses à toutes les femmes, y compris sa femme, sa mère et non à Laëtitia Melidor. Mais il a bien retiré ses propos de « femelle lisien » envers la journaliste Laëtitia Melidor sans spécifiquement s'excuser auprès d'elle.

Les Mauriciens attendent toujours à ce que Ravi Rutnah produise l'évidence où la journaliste Laëtitia Melidor l'a traité d'«aboyeur de service».

Laëtitia Melidor persiste et signe

Malgré le démenti de Laëtitia Melidor, il est regrettable que, dans son article publié dans l’Express du 20 septembre 2017, elle écrit en grand titre :  « Rutnah 'aboie', la caravane passe». Il est clair qu’elle traite Ravi Rutna de chien, car l’expression est la suivante : «Le chien aboie, la caravane passe»! Tous les politiciens parlent à haute voix quand ils adressent un congrès. Ils ne hurlent pas comme des loups, ni aboient comme des chiens comme le laisse entendre Laëticia Mélidor - «Il [Ravi Rutnah] a hurlé dans le congrés» à Trèfles la veille (19 sept 17), prétend Laëticia Melidor.

[…]

M Rafic Soormally

Londres

22 septembre 2017