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Sunday, 13 May 2012 10:40

L’argent de la politique

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C’est Le Défi Plus qui le révèle dans son édition de samedi : sept groupes ou compagnies ont contribué pour un montant de Rs 30 millions au financement des principaux partis politiques aux dernières législatives.
Bien sûr, on est loin, très loin du compte. Car il ne s’agit là que de chiffres officiels, volontairement rendus publics par une poignée de groupes ou de compagnies listés à la Bourse des valeurs. Sans doute estiment-ils qu’ils doivent un minimum de transparence à leurs actionnaires. Ou alors veulent-ils simplement faire savoir combien ils ont à payer pour pouvoir faire du business. Cela fait tout de même une moyenne de Rs 4,2 M par groupe ou compagnie.

Or, il existe de centaines d’autres compagnies listées ou privées qui ont besoin de graisser la patte aux politiques afin d’être dans leurs bons carnets... de commande. Imaginons un instant que seules les 100 premières compagnies du pays (chacune a un chiffre d’affaires dépassant le milliard de roupies – mais le total fait Rs 283 milliards – et des profits de Rs 18,8 milliards en 2010) contribuent aux caisses des trois ou quatre principaux partis du pays.

Imaginons que, pour ce CSR officieux, ils ont contribué à hauteur de 2 % de leurs profits. Cela ferait Rs 376 M. Et nous ne parlons pas des 400 autres compagnies, qui réalisent au bas mot un chiffre d’affaires de Rs 100 M par an, des commerçants du secteur informel ou encore des trafiquants de tout acabit qui aiment faire des dons afin de se faire bien voir, juste au cas où... Est-il illogique de penser que l’argent qui va aux partis dans le cadre des législatives friserait le demi-milliard de roupies, soit une moyenne proportionnelle de Rs 200 M à Rs 50 M pour les quatre principaux partis, par ordre d’importance déclinant ?

Savez-vous maintenant quel est le plafond qu’un candidat est autorisé à dépenser à des législatives ? Rs 150 000 ! C’est dans la loi, que la très attentive Electoral Supervisory Commission est chargée de faire respecter. Au sein des grands partis, les candidats sont supposés trouver cette somme par eux-mêmes, en sus de contribuer à la caisse du parti pour « les dépenses générales », s’ils veulent décrocher un ticket. Admettons que le parti réalise effectivement des dépenses de Rs 150 000 par candidat, ce qui nous amène à une somme totale de Rs 9 M par parti (Rs 150 000 x 60 candidats). Arrondissons, disons à Rs 10 M. Encore que, s’ils se mettent en alliance, ils ont individuellement moins de candidats à parrainer, donc moins de dépenses. Il reste tout de même un pactole de Rs 40 M à Rs 190 M par parti. Où donc va cet argent ?

Il paraît que c’est avec cet argent que certains se paient des édifices, des campements et des flats à l’étranger.

Imaginez que vous êtes salarié du privé, fonctionnaire ou entrepreneur. Vous n’avez même pas besoin d’un comptable. La Mauritius Revenue Authority se charge de faire vos comptes mieux que vous. Et ne jouez surtout pas avec le fisc, la non-déclaration de revenus est passible de lourdes amendes, voire de prison.

Certes, il existe une organisation qui propose sa « protection », sollicite, intimide et confine ses « donateurs » au silence et, bien entendu, ne déclare pas ses revenus. Elle s’appelle la mafia. Il est étonnant de voir que même les plus petits partis à Maurice ne veulent pas entendre parler de régulation ou de règlementation des formations politiques, notamment au niveau de leurs finances et de leur financement. Et vous, « peuple admirable », pensez-vous qu’il soit normal que des gens/partis, censés légiférer pour tout le monde – mieux, combattre la corruption –, puissent eux-mêmes échapper à une législation resserrée prônant davantage de transparence et d’accountability ?



Last modified on Sunday, 13 May 2012 11:01
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