22 December 2014
Petites Annonces Gratuite
FacebookTwitterGoogle PlusLinkedin
Facebook Like
Sunday, 23 September 2012 10:45

Marchands pas toujours ambulants

Rate this item
(0 votes)
Voilà une bonne vingtaine d’années depuis que le phénomène des marchands ambulants existe. Aujourd’hui, on décompte plus de 3 000 à travers le pays.
Petits commerces devenus grands, du big business pour certains. Une économie parallèle qui brasse beaucoup d’argent. Des marchands ambulants qui sédentarisent dans un endroit. Ils sont devenus un groupe de pression important qui fait trembler les politiciens.

Ce phénomène a donc une portée politique non négligeable. Les politiciens de tout bord abordent ce problème avec des gants, surtout quand les élections municipales sont en vue, ce qui sera le cas cette année. On s’y met tous pour trouver des endroits alternatifs pour les loger. Le gouvernement a même nommé un comité ministériel pour trouver une solution qui satisfera tout le monde.

Le problème concernant les marchands ambulants s’amplifie surtout à l’approche des fêtes de fin d’année. Puis, une fois cette période traversée, on les oublie, on les laisse opérer paisiblement dans leur coin. Leur coin, ce sont les places stratégiques des villes. Et le cas de Port-Louis est très différent des autres. On dénombre quelque 2 000 marchands ambulants opérant quotidiennement dans les artères. Ils gagnent plutôt bien leur vie et font vivre leurs familles. Par contre, ce qui n’est pas bien, c’est que leur base d’opération gêne et piétons et usagers de la route. Un véritable casse-tête pour les autorités.

De plus, ils s’installent librement et sans frais aucuns à même le trottoir devant des magasins qui, eux, doivent payer le loyer et toutes sortes de permis. Suite aux protestations des vendeurs, la Cour suprême a interdit aux marchands ambulants d’opérer dans un rayon de 500 mètres autour du Marché central. Hydar Ryman, président de la Street Vendors Association, trouve cette loi archaïque. Elle date de 1835. Mais il concède qu’il leur faut un espace pour opérer dans la dignité et dans la légalité. En 2002, le gouvernement MSM-MMM avait proposé un Hawkers Palace, mais avec le changement de régime, le projet avait été changé en Garden Tower. Comme dernière trouvaille, le ministre du Travail propose maintenant la création d’une Street Night Hawking. Une idée difficile à accepter connaissant l’habitude des Mauriciens.

On ne peut permettre à n’importe qui de vendre n’importe quoi n’importe où. Il doit y avoir une réglementation. Les marchands de street-food, de dholl-puri, de briani, etc. envahissent les rues.
Regardez la rue Sir Seewoosagur Ramgoolam ! Et cela au vu et au su des autorités. Certes, comme on l’a dit, ces marchands ambulants ont des connexions importantes, mais la loi doit être appliquée à tous. Sinon, ce sera l’anarchie. Comment peut-on prétendre devenir un paradis pour le shopping dans de telles conditions ?

Ce problème a trop perduré et est source de tensions dans le pays, dans la capitale. Pour essayer de contrer le problème, les autorités ont procédé à un déploiement massif des forces de l’ordre vendredi. Mauvais spectacle après le semblant d’émeutes de dimanche dernier à Roche-Bois.

Dommage que le gouvernement n’a pas jugé nécessaire bon d’instituer un comité réunissant ministres, députés, forces de l’ordre et forces vives de l’endroit pour essayer d’analyser la source de ce débordement, de cette violence entre habitants de la localité et travailleurs étrangers et qui aurait pu avoir des conséquences graves. On devrait tout faire pour que de telles choses ne se reproduisent pas. N’importe qui ne peut prendre la loi entre ses mains et se comporter en ‘cowboy’ du Far West. Le père Sylvio Lodoïska fait remarquer que Roche-Bois compte trois députés musulmans. Les habitants de cette région vont-ils aller voir leurs députés ? En voilà une situation malgré le Best Loser System !

On devrait avoir des raisons de s’inquiéter quand on entend des travailleurs étrangers dire : « Tous les jeunes de la région se ressemblent. Nous avons cru qu’il était l’un d’eux, surtout qu’il avait un blouson noir. Nous l’avons tabassé ». Tous, nous décrions la violence, surtout quand des esprits chauffés s’en mêlent. Des innocents auraient pu être victimes dans ce tourbillon.

Il a eu des arrestations et il y aura des poursuites. Mais nous, que faisons-nous pour empêcher que de telles scènes ne se répètent ? Les Mauriciens, les travailleurs étrangers et les touristes doivent comprendre que nous sommes un État de droit, que nos forces de l’ordre ont le devoir de faire respecter la loi. Même logique pour les marchands ambulants qui doivent respecter les lois du pays.

Nos dirigeants doivent pouvoir trouver des remèdes de manière dépassionnée et dépolitisée pour des problèmes d’intérêt national.

Zero Tolerance

ZERO Tolérance

Les internautes qui voudraient commenter les articles qui sont publiés sur le site defimedia.info sont avisés qu'ils doivent éviter à tout prix d'utiliser des termes obscènes, racistes, communaux ou diffamatoires. La moindre utilisation d'un terme offensant entraînera le rejet automatique du commentaire soumis.

comments powered by Disqus