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Sunday, 25 November 2012 10:15

On lui arrache la parole

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L’Independent Broadcasting Authority (IBA) vient de publier une nouvelle directive (guideline) pour les radios privées en rapport avec la couverture des prochaines élections villageoises et municipales.
Une des clauses les plus importantes, sinon la plus importante, de cette nouvelle directive concerne l’intervention en direct des auditeurs sur les ondes en cette période.

Il est un fait que les auditeurs mauriciens se laissent parfois aller sur les ondes, et disent des choses avec laquelle on n’est forcément d’accord. Nos politiciens méritent eux-aussi la censure de leur langage en cette période pré-électorale, où nous sommes témoins, de plus en plus, de dérapages dans les meetings privés.

Les radios privées, qui ont acquis une grande expérience dans ce domaine, appliquent déjà l’autocensure pour empêcher tout dérapage. Décider maintenant d’interdire toute intervention en direct est une façon de museler le peuple. Les radios privées jouent un rôle important pour ce qui est de la proximité avec les gens et essayer de trouver des solutions à leurs différents problèmes. Ces personnes accablées n’ont souvent que la radio pour faire part de leurs doléances, toutes les autres portes leur étant fermées. Il est vrai que les politiciens trouvent volontiers du temps pour descendre sur le terrain et prêter tant bien que mal une oreille attentive en ce moment. Mais après le 9 décembre, on ne les verra plus…

Cette décision de l’IBA arrive à un moment où la liberté d’expression est devenue un sujet brûlant. L’IBA nous dira que cette décision n’a pas pour but de museler les médias, mais d’assurer le bon fonctionnement des opérateurs audiovisuels. N’oublions pas que les auditeurs sont aussi des électeurs…

La présente campagne électorale est déjà dominée par les révélations de scandales en tout genre, alors que cela aurait dû être l’heure de faire le bilan des municipalités et des conseils de village et aborder les projets qui amélioreront le sort des villageois et des citadins. Quels sont les pouvoirs et les rôles attribués aux maires et aux conseillers ? Le problème de drains, de nettoyage des villes et des villages, l’asphaltage des rues, la pose de trottoirs, l’éclairage, l’évacuation des eaux usées qui stagnent sur les rues après les grosses pluies, tout cela les concernent. D’autre part, que font-ils pour promouvoir la culture ?

Que font-ils pour proposer des espaces de loisirs aux villageois et aux citadins ? Quels sont les pouvoirs des maires pour empêcher la construction de tous ces bâtiments qu’on voit sortir de terre à droite et à gauche, sans aucune disposition pour le drainage de l’eau des pluies, sans aucune pensée pour la construction verte ? Peuvent-ils refuser un permis ou doivent-ils céder devant les lobbies du pouvoir central ?

La déclaration du ministre Michael Sik Yuen, ex-maire de Curepipe, demandant aux habitants de la ville-lumière de ne pas compter sur l’aide du gouvernement si l’opposition prend le contrôle, ne nous étonne guère. C’est une menace électorale souvent reprise par ceux au pouvoir et sous différentes formes. Ainsi, cela rejoint l’idée que nous devons tous être prenants du parti gagnant, nous devons être les partisans du pouvoir. Si c’est comme ça, alors pourquoi des élections ? Pourquoi ne pas demander au gouvernement du jour de nommer tout simplement des administrateurs pour les villes ? À travers le monde, les partis coexistent, et les villes ne sont pas toujours administrées par le parti au pouvoir.

Quand l’on examine la liste des candidats à ces élections, l’on se rend compte que le choix des partis n’est pas toujours basé sur la compétence. Les élections municipales ont banalisé cet exercice, et le choix des candidats laisse entrevoir beaucoup d’acrobaties. De nos jours, le motto adopté est : « Les ennemis de mon ennemi sont mes amis et méritent une bonne place. » Les anciens, les « die hard », sont forcés à se sacrifier pour faire de la place aux nouveaux venus. Donc, pour le moment, rien ne dit que les deux blocs principaux sont aussi soudés qu’on le croit. Des fois, il n’y a aucune cohérence dans leurs démarches, dans leur vision, dans ce qu’ils croient être bon pour les citadins.

Comme avec toute élection, le vote du peuple n’est jamais gagné d’avance. Il y aura des trouble-fête. Le Front solidarité mauricien (FSM) de Cehl Meeah, le Mouvement mauricien social démocrate (MMSD) d’Éric Guimbeau ou même les Verts fraternels de Sylvio Michel sont prêts à mettre des bâtons dans les roues des deux gros blocs. Autre chose à ne pas négliger : l’abstention.

Heureusement que le peuple admirable de Maurice possède toujours cette arme redoutable qu’est son droit de vote. Dommage qu’on lui arrache la parole tout en lui demandant son vote. De quoi dire que notre République est vraiment exemplaire !



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