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Sunday, 02 December 2012 08:30

La volonté populaire

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Dans toute démocratie digne de ce nom, la cohabitation de différentes tendances politiques au sein d'un même pouvoir n'a jamais constitué un handicap quelconque au progrès et au développement.
En France, Jacques Chirac, issu de la droite, avait eu comme Premier ministre, pendant cinq ans, le socialiste Lionel Jospin, alors qu'aux États-Unis, le démocrate Barack Obama a dû composer, sans grande peine, avec un Congrès à majorité républicaine et a même été reconduit à son poste le 6 novembre dernier pour un second mandat avec la même configuration au niveau de la députation. À Maurice, la nécessité de « rester connecté » revient comme un leitmotiv durant la campagne, alors que le seul bilan échelonné sur une période de sept ans aurait dû constituer la rampe de lancement pour établir la confiance avec l'électorat et susciter l'adhésion à un nouveau projet de société.

Les principes de base des « free and fair elections » excluent de facto toute tentative de chantage ou de marchandage de la part des candidats ou d'un parti politique. Il est ainsi malheureux que certains dérapages, auxquels on a assisté ces derniers temps, n’aient pas été rectifiés et sanctionnés comme il se doit. Ce qui a été sanctionné, en revanche, ce sont les conseillers sortants, dont la grande majorité n’a pas obtenu d'investiture.

Notons aussi que tous les maires sortants ne seront pas alignés aux élections du 9 décembre. S'il est vrai que le renouvellement d'une équipe est toujours souhaitable et permet d'apporter une nouvelle dynamique au sein d'une administration, dans l'état actuel des choses, on se demande pourquoi le projet « ville nouvelle, nouvelle vision » n'a pas été mis en pratique bien auparavant, dès octobre 2005.

Par ailleurs, si sur le terrain, la campagne ne soulève guère l'enthousiasme et ne mobilise pas les citadins, sur le plan politique, en revanche, l'enjeu est non moins significatif. Car un scrutin qui survient après une scission gouvernementale sert toujours d'indicateur à la nouvelle donne qui émerge subséquemment sur l'échiquier. Déjà, la porte-parole des rouges déclare, lors d'une interview accordée à un hebdomadaire du 24 novembre dernier, que son parti se présente à ces élections en tant que challenger.

Quelle confession !
Or, après l'éclatement de l'Alliance de l'Avenir en juillet 2011, le gouvernement, affaibli depuis, a impérativement besoin d'une nouvelle légitimité et d’un nouveau souffle pour pouvoir naviguer jusqu'en 2015, date à laquelle, selon le Premier ministre, seront tenues les élections générales. Mais un changement au niveau de l'administration urbaine constituerait un tremplin au remake 2000 et pourrait contraindre le chef du gouvernement à changer d'avis quant à la durée de sa primature. Selon toute certitude, ce dernier réalise, ces jours-ci, les dégâts causés sur le territoire rouge-bleu par les scandales soulevés par le leader du MMM à travers ses différentes PNQ à l'Assemblée nationale.

Certes, il était temps d'apporter des amendements à la précédente LGA et il convient même de reconnaître que certaines mesures introduites – le non cumul des mandats, la participation féminine, l'abolition des partielles municipales, l'augmentation à deux ans du mandat du maire, l'obligation imposée à un conseiller de servir la ville où il habite, etc. – sont hautement salutaires. Mais il est vraisemblable que le chef du gouvernement n'a pu résister à la pression de l'opinion quant au timing de l'organisation du scrutin.

Les citadins ont, paraît-il, déjà arrêté leur choix et ce n'est certainement pas cette tentative malveillante de confisquer la parole des auditeurs – et ce, alors que pour les législatives de mai 2010, l'IBA n'avait demandé aux radios privées que de faire preuve de discernement et d'observer les règles de l'équilibre dans la retransmission des commentaires à caractère politique – qui pourrait aider à renverser la vapeur. Cette démarche pourrait même produire un effet boomerang. Car l'on ne peut ad vitam eternam continuer à faire fi de la volonté populaire.



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