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Sunday, 16 December 2012 09:58

Une économie florissante

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En matière d'environnement sur le plan global, les années se suivent et se ressemblent. Après Copenhague 2009, Cancun 2010, Johannesbourg 2011, Doha 2012 n'a finalement accouché que d'une souris, n'ayant produit qu'un accord à minima, arraché in extremis, 24 heures après la clôture officielle du sommet à Qatar.
L'accord prônant la reconduction du Protocole de Kyoto jusqu'en 2020 a été signé par seulement l'UE et l'Australie, représentant en tout 15 % des émissions des gaz à effet de serre. Il va sans dire que si des pays industrialisés, tels la Russie, le Japon et le Canada, n'ont pas signé l'accord, c'est pour ne pas mettre en péril leurs taux de croissance et leur rythme de développement économique.

Certes, la situation économique mondiale ne se prête guère à l'optimisme. Au cours de cette année qui se termine, de nombreux pays sont entrés en récession et selon les experts, le retour de la croissance génératrice d'emplois n'est pas pour demain. Or, force est de constater que sur le plan mondial de même que chez nous à Maurice, l'économie qui n'a point connu de récession cette année, qui continue à employer un nombre important de personnes et qui, selon toute certitude, continuera sur ce même rythme l'an prochain, est la narco-économie.

Un marché florissant, des profits énormes, des réseaux puissants et protégés : la drogue représente, en effet, un pactole de plus en plus attrayant au nord comme au sud. Car si on le sait, on ne le dit pas toujours : tout le monde – gouvernements des pays producteurs, politiciens de tout bord, services secrets des grandes puissances planétaires, systèmes bancaires peu regardants sur l'origine des dépôts qu'ils reçoivent – utilise et profite d'un commerce qui rapporte des centaines de  milliards de dollars. Confrontés aux ravages d'une consommation de plus en plus importante qui accroît la petite délinquance comme la grande criminalité, les pays développés ferment pourtant les yeux sur bien des trafics quand ceux-ci peuvent servir leurs intérêts politiques et géostratégiques.

Il ne fait aucun doute que la situation de grande précarité qui prévaut aujourd'hui dans de nombreux pays en développement, soumis à l'intolérable charge du service de leurs dettes et l'ouverture de leurs frontières à la concurrence internationale dans le cadre de la politique de la mondialisation, a jeté des millions de paysans appauvris dans les filets d'une narco-économie qui constitue leur seule chance de survie. C'est ainsi que l'on a assisté dans de nombreux pays d'Amérique latine à une chute brutale de production vivrière ces dernières années au profit de la coca. Dans les Andes, par exemple, cette culture occupe actuellement 150 000 hectares et continue d'alimenter un marché estimé à des dizaines de  milliards de dollars, selon les experts.

Face à l'ampleur du phénomène, toute tentative d'éliminer les cultures illicites aboutit souvent à des résultats opposés au but recherché. C'est en réalité à une mise à plat du système économique mondial marqué par de profondes inégalités, à une dénonciation des innombrables intérêts qui gèrent la narco-économie qu'il conviendrait de se livrer pour essayer de combattre le fléau. À Maurice de même, le marché se porte bien et selon toute vraisemblance, ce n'est pas l'arrestation de Gro Derek qualifié de « petit poisson » par le leader de l'opposition qui a affecté le trafic.

Or, pour une île comme la nôtre qui ne produit pas de drogue dure, une place dans le peloton de tête des pays tant au niveau mondial que continental par rapport à la consommation des opiacés aurait dû susciter une profonde réflexion de la part de nos dirigeants quant à la stratégie à mettre en place pour couper en amont l'alimentation des réseaux. Le durcissement des peines pour réprimer la toxicomanie n'ayant pas donné les résultats escomptés, il est temps de sortir des sentiers battus, de faire preuve d'une réelle volonté politique et institutionnelle mettant l'emphase sur le sens de la conscience professionnelle pour un assainissement de notre société et sauver une jeunesse en errance.



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