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Sunday, 06 January 2013 10:20

Guéguerre des dossiers

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La politique est une de ces vermines dont on voudrait bien se passer en ce début d’année, mais elle a la peau dure et se colle à vous. Et comment ! Au lendemain des fêtes, le pays s’est réveillé avec une drôle de situation. Ce qui a débuté, fin 2012, comme une bête et méchante histoire de sédition alléguée contre l’opposant Pravind Jugnauth, sur fond de règlement de comptes politiques, menace de se transformer en 2013 en un procès en règle contre le gouvernement.
Si l’on s’en tient aux premiers comptes-rendus de presse, cette affaire a pris l’allure non pas d’un acte d’accusation contre le leader du MSM, mais bien d’un dossier à charge contre des membres du gouvernement. Alors que l’on pensait qu’il était injustement retenu 16 heures durant aux Casernes centrales, l’avocat Pravind Jugnauth a mis à profit la situation en prenant soin de rédiger lui-même les 32 pages de sa déposition ; un véritable réquisitoire contre le gouvernement.

La police, dans son empressement de satisfaire le maître du jour, a des difficultés à produire une bande intégrale de la conférence de presse du leader du MSM, tandis que celui-ci a amassé lettres, affidavits, SMS et autres preuves matérielles pour justifier ses dires.

Mieux. Pravind Jugnauth ne se contente pas de se défendre. Il est passé à l’offensive, en accusant deux ministres d’« inaction », voire d’« étouffement », après des allégations de pédophilie qui éclaboussent le MITD. Il n’a pas épargné d’autres personnalités politiques, et non des moindres, dans d’autres affaires dont il dit avoir des soupçons d’irrégularités, ayant été ministre des Finances.

Pravind Jugnauth enfonce le couteau dans la plaie. Il s’en prend directement au Premier ministre en s’attaquant à celle que Navin Ramgoolam a ardemment défendue à l’Assemblée nationale. Selon lui, Madame Nandanee pourrait avoir bénéficié de contrats et de facilités dans des conditions qui demandent à être éclaircies. Une banale affaire de délit d’opinion prend l’ampleur d’une affaire d’État. Navin Ramgoolam a de quoi féliciter certains de ses flagorneurs qui le poussent à la répression.

Situation cocasse : que fera le Directeur des poursuites publiques (DPP) si le dossier lui est référé par la police ? Qui va-t-il poursuivre ? Pravind Jugnauth ou les personnes mises en cause par ce dernier ? Poussé dans ses derniers retranchements, le leader du MSM s’arrêtera-t-il ou communiquera-t-il, comme on semble le suggérer dans son entourage, sa déposition, « un document dynamite », directement au DPP, à l’Icac, voire aux chancelleries étrangères et autres institutions internationales ? L’avenir nous le dira.

L’on assiste entre-temps à une véritable guéguerre des dossiers liés à des scandales allégués entre le gouvernement et l’opposition, notamment entre Navin Ramgoolam et les Jugnauth, père et fils. Les premiers tirs ont débuté avec l’affaire MedPoint, qui a mené à la cassure de l’alliance PTr-MSM. À l’époque, le leader du MSM laissait entendre que les ex-ministres orange – du moins ceux qui l’ont suivi – et lui-même étaient en présence de « dossiers compromettants ».

La démission de SAJ de la Présidence a accéléré les choses. Le campement de Roches-Noires était le thème principal du meeting du 1er-Mai du MSM-MMM à Port-Louis, tandis qu’à Vacoas, furieux que l’on s’attaque à sa vie privée, Navin Ramgoolam promettait de déchaîner tous les démons de l’enfer contre ses adversaires. Depuis, le débat politique n’a fait que voler au niveau des dénonciations.

Même le leader de l’opposition, qui jusque-là faisait des mamours au Premier ministre, a repris son rôle de déterreur en chef de scandales, avec une salve de PNQ à l’Assemblée nationale. Le gouvernement n’a pas été en reste, parlant de « l’affaire bois de rose » et instituant une commission devant faire la lumière sur l’allocation des terres de l’État sous le régime MSM-MMM. En fin d’année, la menace était plus précise, surtout contre les Jugnauth.

Le Défi Quotidien annonçait qu’une enquête allait être ouverte sur une affaire de vente de 130 arpents des terres de l’État à Côte-d’Or à un homme d’affaires, cela sans passer par un exercice d’appel d’offres.

Qui peut se plaindre, dans une démocratie, lorsque les hommes forts se mettent à se dénoncer mutuellement ? Sûrement pas les citoyens impuissants, qui y voient là un moyen pour le système de se faire une cure de santé en opérant sa propre vidange. Sauf que l’on se trouve à Maurice, où les politiciens se tiennent les uns et les autres par la barbichette, sinon par les couilles. Y aura-t-il des suites à toutes ces affaires ou est-ce simplement pour intimider les uns et les autres au silence ?

L’omerta à la mauricienne, la classe politique s’y connaît. N’est-ce pas le prometteur Monsieur-arrête-rêver-camarade, dont même les macaronis seraient infestés de vermines par ce temps cramoisi de la météo politique ?!



Last modified on Sunday, 06 January 2013 10:50
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